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Chemins cherchés, chemins perdus, transgressions

01 Avr - 13 Mai 2017
Vernissage le 01 Avr 2017

L’exposition « Chemins cherchés, chemins perdus, transgressions » à la galerie Air de Paris dévoile deux séries photographiques de Bruno Serralongue. Consacrés aux migrants regroupés à Calais et aux opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ces clichés affirment une pratique qui s’oppose à la production médiatique des images.

L’exposition « Chemins cherchés, chemins perdus, transgressions » à la galerie Air de Paris présente des photographies de Bruno Serralongue qui documentent des luttes actuelles pour la terre.

Bruno Serralongue, un photographe à rebours de la pratique médiatique

Le titre de l’exposition, « Chemins cherchés, chemins perdus, transgressions », est emprunté à un des derniers re­cueils de textes et de poèmes d’Henri Michaux, dans lequel l’écrivain continuait d’explorer des territoires et des êtres réels ou fictifs. Sous le regard de Bruno Serralongue, les chemins mènent à des territoires pour lesquels des êtres luttent, qu’il s’agisse de terres lointaines dans le cas des migrants photographiés pour la série Calais, ou toute proche dans le cas des opposants à la construction de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.

Les deux projets photographiques actuels de Bruno Serralongue s’inscrivent dans la recherche qu’il mène depuis les années 1990 sur l’image médiatique : ses conditions de production, de diffusion et de circulation, ses usages et son statut. La pratique photographique de Bruno Serralongue adopte certains procédés du photojournalisme pour mieux les analyser. Ainsi, portant son attention sur le hors-champ de l’image médiatique, il a révélé comment fabrication de l’infor­mation repose sur une scénarisation du réel.

Les luttes pour la terre vues par Bruno Serralongue

Les photographies visent à proposer non pas une réserve d’images qui serait ouverte aux médias pour illustrer leur couverture de l’actualité mais au contraire, une contre-information qui s’oppose aux principes guidant les mass medias, comme l’immédiateté ou les rapports de pouvoir. S’inscrivant dans l’idée de l’art comme acte de résistance, l’œuvre de Bruno Serralongue est celle d’un self-media, à la fois observateur, producteur et diffuseur d’une information alternative.

La démarche de Bruno Serralongue l’a naturellement amené à se consacrer à des sujets eux aussi marqués par un esprit d’opposition et de résistance. Ainsi, la pratique du photographe a-t-elle évolué ces dernières années vers la couverture de situations liées à l’actualité humaine, sociale et politique.

La série Calais, réalisée en 2006-2008 puis reprise depuis 2015 s’intéresse aux camps de migrants de Calais. A travers ses photographies qui adoptent une autre vitesse de production que celles diffusées dans les médias, Bruno Serralongue documente les constructions et destructions successives des différents camps, la vie quotidienne de leurs habitants, la réponse des forces de l’ordre…

La série Notre Dame des Landes, débutée en 2014 et toujours en cours, suit quant à elle le combat des zadistes contre la construction d’un aéroport dans cette zone de terres agricoles de la région nantaise. En développant une relation de complicité avec les résidents, notamment en participant aux sorties organisées par les naturalistes, Bruno Serralongue a pu observer et capturer le modèle inédit de communauté qui s’est développé sur ce territoire.

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