ART

Le centenaire de l’avant-garde russe (1915-2015)

28 Mai - 06 Août 2015
Vernissage le 28 Mai 2015

Cette exposition célèbre le centenaire des premières abstractions absolues en peinture et sculpture. C’est en 1915 avec l’exposition «0,10» que les deux maîtres à penser de l’avant-garde, Kasimir Malévitch et Vladimir Taltine, ouvrent la voie à deux courants: l’un mystico-philosophique, le suprématisme, l’autre enraciné dans le concret, le constructivisme.

Communiqué de presse
Nina Kogan, El Lissitsky, Ilya Tchachnik, …
Le centenaire de l’avant-garde russe (1915-2015)

La révolution de la non-figuration que l’on doit à l’avant-garde russe des années 1907 à 1927, bouleverse de fond en comble la vision du monde: elle est la matrice de toute l’esthétique du XXème siècle, qui lui doit son style et ses avancées conceptuelles en matière de peinture, de sculpture, de design, de graphisme, d’architecture, de cinéma, de théâtre, de danse, de musique …

Si, de l’impressionnisme au cubisme, les différents courants picturaux modernes d’Europe ont porté autant de coups aux formes figées depuis la Renaissance, mais aussi ouvert tant de nouvelles portes, c’est à l’avant-garde russe que l’on doit le coup décisif. Les avant-gardes d’Europe n’ont pas osé «le pas au-delà» de la raison, dans l’infini où plus rien ne survit des objets du monde. Le cubisme a éparpillé la réalité en facettes, le suprématisme l’a réduite à l’état de lignes, de cercles, de triangles, de carrés unis, désunis par des relations de tensions. «Picasso, ce n’est pas l’art nouveau. C’est l’achèvement de l’art du passé» dira Mikhaïl Matiouchine, fondateur en 1908 de l’Union de la jeunesse, association qui réunit plus d’une trentaine des artistes russes les plus brillants de St-Pétersbourg, Moscou, Berlin, Paris.

Octavio Paz a vu juste quand il a écrit que l’avant-garde russe est «la grande rupture par quoi se ferme la tradition de la rupture». Elle n’est pas seulement, à l’égal des multiples démarches conceptuelles et formelles qui l’ont nourrie, une réponse à des données du temps, elle en est une conséquence radicale, au point de se trouver elle-même isolée par le caractère résolument inédit de sa rupture.

Le point culminant de ce mouvement est atteint en 1915 avec les expositions «Tramway V» et «0,10» à Pétrograd. C’est au cours de l’exposition «0,10» que les deux maîtres à penser de l’avant-garde, Kasimir Malévitch et Vladimir Taltine, s’affrontent, ouvrant ainsi la voie à deux courants opposés: l’un mystico-philosophique, le suprématisme, l’autre enraciné dans le concret, le constructivisme. «0,10» met au monde le grand siècle d’une modernité qui nous est encore contemporaine.

Les héritiers de ce courant poursuivent une œuvre sans doute indépassable. L’art géométrique est l’invention de l’abstraction absolue, invention fulgurante qui ne doit rien au hasard ou à de simples tâtonnements. L’abstraction a été lucidement pensée, conçue, élaborée dans la perspective des fondements ontologiques de l’art. Ce phénomène sans précédent semble trop souvent aujourd’hui encore hermétique. La galerie Victor Sfez nous offre plusieurs de ces œuvres météores qui appartiennent aux grandes découvertes de l’histoire.

Vernissage
Jeudi 28 mai 2015

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