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L’âme, un subtil moteur à explosion

08 Déc - 24 Fév 2019
Vernissage le 08 Déc 2018

L’exposition « L’âme, un subtil moteur à explosion » dévoile au Centre régional de la photographie Hauts-de-France, à Douchy-les-Mines, deux séries du photographe ukrainien Boris Mikhaïlov qui, depuis presque cinquante ans, fixe par son objectif le monde soviétique, de sa réalité passée à ses traces actuelles.

L’exposition « L’âme, un subtil moteur à explosion » au Centre régional de la photographie Hauts-de-France, à Douchy-les-Mines, présente deux séries photographiques de Boris Mikhaïlov qui font écho à l’histoire industrielle de la région.

« L’âme, un subtil moteur à explosion » : deux séries photo de Boris Mikhaïlov

L’exposition, dont le titre est emprunté au poète et dramaturge soviétique Vladimir Maïakovski, met à l’honneur l’Ukrainien Boris Mikhaïlov, figure internationale de la photographie contemporaine. Dans un dialogue avec la propre histoire industrielle de la région des Hauts-de-France, les séries Salt Lake de 1986 et Promzona de 2011 offrent une plongée dans l’histoire ukrainienne, du passé soviétique au temps présent.

Boris Mikhaïlov, figure internationale de la photographie contemporaine

La série Salt Lake a immortalisé par ses clichés sépia des moments de loisirs au bord de l’eau, à Slaviansk, une station thermale du Donbass réputée. Boris Mikhaïlov capté les baigneurs dans toute la crudité de leur véritable apparence, les corps affichant des rondeurs et autres imperfections bien éloignées de l’idéal esthétique soviétique. La réalité des êtres et leur vulnérabilité apparaissent sous les faux-semblants de la propagande. Ces scènes de plaisir simples se déroulent dans un cadre industriel : une usine qui utilise l’eau du lac s’impose dans le paysage par son tuyau de rejet, ses cheminées, ses rails et pylônes électriques. Ainsi se devine le regard critique de Boris Mikhaïlov sur la société soviétique.

La photographie de Boris Mikhaïlov fixe les traces du monde soviétique

La photographie de Boris Mikhaïlov est marquée par un constant renouvellement, l’artiste cherchant toujours à inventer de nouvelles pratiques formelles ou à aborder des thèmes inhabituels. La série Promzona manifeste également l’intention principale de Boris Mikhaïlov : fixer par la photographie des traces d’un monde disparu, le monde soviétique. Comme avec la série Salt Lake, il revisite des lieux liés à son propre passé : un site où il a travaillé quarante ans plus tôt, dans la ville industrielle de Kharkov. Les compositions circulaires, les angles de cadrage, les points de vue, l’agencement des plans et des lignes génèrent une beauté géométrique qui n’est pas sans rappeler le futurisme et le constructivisme qui exaltaient l’esthétique des usines et des machines.