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WIP (Work in Progress)
Maxence Alcalde


Moi & Ulrich 4

inside the third mind


On pourrait dire que the Third Mind est une exposition maladroite. Négation du parti pris architectural du Palais de Tokyo (cloisonnement des salles à la manière white cube), choix des oeuvres peu expliqué, ambitions floues, projection de The Naked Lunch en VF!, etc... Avec pour seul argument la référence au Cut Up pratiqué notamment par Wiiliam Burroughs. Tout ça parait un peu léger, mais malgré tout, j'ai du mal à dire que cette expo est ratée.


The third Mind pose la question de l'artiste-commissaire (et non du commissaire-artiste) de manière assez radicale. L'équipe du Palais a invité Rondinone qui propose une sorte d'excursion conceptuelle dans les proccupations de l'artiste. Ainsi, je pense qu'il ne faut pas voir cette expo comme une succession d'oeuvres (Noland, Warhol, Thek, etc...) mais comme une oeuvre à part entière où chaque oeuvre sert de matériau à Rondinone... Dès ce moment, la compréhension de cette expo est beaucoup plus complexe, car il s'agit vraiment d'une oeuvre all over qui couvre à la fois plusieurs décénies, quantité d'idées et un espace dans lequel le spectateur est lancé quite à s'y perdre, à butter sur des objets orphelin, à s'éparpiller... Dès lors, la seule chose qui est peut-être à regréter est la scénographie assez régide que propose Rondinone avec un enchainement de salles assez classique, voire narratif.

Mort du commissaire !

Dans son dernier édito, André Rouillé pose à juste titre la question du rôle du commissaire d’expo. à travers les argumentations curatoriales déployées par Obrist et Moisdon pour la dernière biennale de Lyon placée sous le signe de l’invitation. Evidemment, quoi de mieux pour justifier le degré zéro de la prise de décision curatoriale des deux compères, visiblement très occupés à passer des coups de fils à leurs potes pour faire la teuf à Lyon et nous faire le coup de chacun invite un pote qui invite un pote ? La biennale de Lyon devient naturellement la biennale des potes de Steph’ & Hans (remarquez l’esperluette qui donne un cachet particulier à ce surnom, alors imaginez maintenant cette même esperluette dessinée par M/M !).

En matière de commissariat d’expo, Obrist nous avait habitués à mieux, mais en revanche Moisdon - sorte de flamboyante « madame pièce jaune » de l’art contemporain (je connais plein de monde, je n’ai pas l’embryon d’une idée et je m’emmerde, alors je fais des expos name dropping) - reste dans la droite ligne d’un égo-n’importequisme auquel elle nous avait habitués. Mais une fois qu’on a dit que le thème de l’expo est vaseux (cf. l'édito d’André Rouillé), qu’a-t-on dit réellement ? Rien des œuvres présentées, rien des artistes… la prise en otage des artistes continue de fonctionner à plein régime et pour le coup, les stars sont vraiment les commissaires d’expo.

Pour ma part, la vraie question face à une telle biennale devrait être : qu’est ce qui pousse les artistes à participer à une telle entreprise ? Plusieurs hypothèses : l’hypothèse chantage affectif : si tu ne viens pas à ma biennale, je me suicide ; l’hypothèse cours de récrée : si tu ne viens pas à ma biennale, je ne te cause plus ; l’hypothèse Godfather : je te fais une proposition que tu ne peux pas refuser ; l’hypothèse pépète dans popoche : Viens, y’a du blé à prendre, etc.

Il ne faut pas perdre de vue qu’en parlant uniquement des commissaires d’expo - et ça marche aussi quand ils font du bon boulot - on ne commente pas les œuvres. Et là, c’est notre rôle de critique d’art qui est mis à mal. Je pense en effet que le critique doit proposer certes des prises de positions face aux revendications curatoriales, mais l’évaluation des œuvres ne doit pas passer à la trappe. Auquel cas, qui s’autorisera à émettre un jugement sur une œuvre ? Qui analysera ses présupposés, ses intentions et ses implications ? Comment le public pourra- t-il s’y retrouver devant le foisonnement d’œuvres qu’on leur propose ? Et (surtout), quel feed back pour les artistes à propos de leur travail ? ... A moins que les critiques d’art - fascinés par la Jet Set de l’art contemporain - répondent affirmativement, comme certains artistes, aux hypothèses émises plus haut ! Au risque du grandiloquent, j’ose (une fois de plus) : Critiques, encore un effort pour être révolutionnaires.

Moi & Ulrich 3

Pourquoi faut-il acheter des œuvres très chères ?



Dans Doll’art (livre sur le marché de l’art dans les années 1990), Philippe Simonnot attire l’attention sur un aspect assez étonnant du marché de l’art. Il montre que dans la majorité des cas, investir dans l’art c’est perdre de l’argent. Ainsi, Simonnot affirme que dans 40% des cas, le rendement d’une œuvre d’art est inférieur à zéro, et que dans 60% des cas il est inférieur à celui de la moyenne des titres financiers. Autrement dit, vous aurez plus de chances de gagner de l’argent avec votre livret A qu’en investissant dans une œuvre d’art.
L’économiste William Baumol a même établi que l’écart théorique moyen entre un investissement financier et un investissement dans l’art était de 2% en faveur de l’investissement financier. Pour contrebalancer ce désastre, on ressort régulièrement des success stories d’œuvres ayant fait un carton aux enchères, mais ces chiffres spectaculaires passent sous silence à la fois les frais réels dus au stockage des œuvres (blocage de capital, prix d’un loyer, assurance, inflation, etc.) et surtout le fort « taux de mortalité » des œuvres d’art (combien d’entre elles trouvent acquéreur après quelques années ?). Bref, comme l’écrit Simonnot : « raconter l’histoire financière merveilleuse d’un tableau de Van Gogh ou de Picasso équivaut à calculer la rentabilité d’un billet de loterie en ne retenant que le billet gagnant pour le calcul. ».
Alors pourquoi trouve-t-on encore des gogos pour investir dans l’art (on parle d’investissement, donc ici le coup de « l’amour de l’art » ne fonctionne pas) ? Pourquoi ces gens sacrifient-ils 2% du rendement potentiel moyen de leur capital ? C’est bien qu’ils compensent ces fameux 2% ailleurs… Grammp émet l’hypothèse selon laquelle ces 2% équivalent à la valeur financière de la « jouissance esthétique ». Autrement dit, si j’achète un Jeff Koons à 1 million de dollars je jouis esthétiquement pour 20.000 $ ! Sauf que quand on parle d’investissement, on s’en fout de « jouir esthétiquement ». Alors, il faudrait plutôt accorder ces 2% à ce que j’appelle une « jouissance mondaine ». Quand j’investis dans un Koons à 1M$, j’ai immédiatement 2% de cette valeur de « retour sur investissement mondain ». En d’autres termes, le galeriste m’invite à dîner avec d’autres collectionneurs fortunés, qui eux-mêmes m’invitent à dîner… ce qui accroît mon carnet d’adresse. Bref j’en ai pour 20.000$ de jouissance mondaine. De la même manière, lorsque j’achète une œuvre à 1.000$, le galeriste - ou le plus souvent l’assistant de galerie - discute trois minutes avec moi (le temps de remplir le chèque) et me serre la main… j’en ai pour 20$ de « jouissance mondaine »… autant dire peanuts !
Moralité : si vous voulez investir dans l’art il faut allonger les liasses, sinon ça ne sert à rien !

Liêm Hoang-Ngoc

C'est assez rare pour être remarqué, Vive l'impôt ! de Liêm Hoang-Ngoc propose une alternative intelligente et argumentée à l'ultralibéralisme.
Si l'essentiel de l'essai tourne autour de la critique de l'antifiscalisme défendu actuellement par Sarkozy 1er (mais aussi par certains membres du PS), Hoang-Ngoc apporte aussi une lecture passionnante de la discrimination positive.
Pour résumer, la discrimination positive revient à stigmatiser les faibles dans un premier temps, puis dans un second temps à les rendre coupables de leur situation aux yeux de la société. Ainsi, si par exemple on réserve des places aux jeunes-issus-de-l'immigration-vivant-dans-les-cités, ceux d'entre eux qui ne parviennent pas à réussir ne pourront s'en vouloir qu'à eux-mêmes : c'est là toute la statégie perverse de la discrimination positive.
La discrimination positive deviendrait in fine l'alibi du "nettoyage au Kärcher" sécuritaire des ghettos où sont concentrés les perdants d'une compétition dans laquelle on a pourtant réservé des places à toutes les communautés ! Le mérite individuel reconnu à quelques-uns servira de justification à la marginalisation de tous les autres.(p. 41-42).
Donc, à lire de toute urgence en alternant avec Plaidoyer en faveur de l'intolérance de Slovoj Zizek qui, dans un registre différent, offre finalement une critique comparable.

Liêm Hoang-Ngoc, Vive l'impot !, Paris, Grasset, 2007, 130 p., 9€.
Slavoj Zizek, Plaidoyer en faveur de l'intolérance, Castelnau-le-Lez, Climats, 2004, 163 p., 13€.

A ne pas rater !

J'avais déjà parlé des oeuvres de Matt O'dell, artiste américain spécialement interessant. Son travail parle des théories du complot et de la paranoia... donc à ne pas rater chez Schleicher+Lange (www.schleicherlange.com) dès samedi 23 juin (vernissage à 18h30) !
Extrait du communiqué de presse :
Ce nouvel ensemble d’œuvres s’articule autour des systèmes de croyance, des thèmes de l’aliénation et de la paranoïa, et explore les architectures et espaces utilisés par les groupes dissidents. "New Worship" examine les individus ou les groupes rejetant les idées reçues et qui ont créé leurs propres systèmes de croyance aussi bien dans le domaine religieux que politique, ou social. On les retrouve notamment à l’origine des théories de conspiration diffusées à travers les médias alternatifs, ou encore dans les sectes qui proposent un nouveau paradigme spirituel.

(des)Air de Paris - épisode 2

Ce matin, Jean-Kevin (l'un des deux compères) arbore une mine réjouie en pénetrant dans les bureaux du Centre. Il est fier car hier, bien que simple stagiaire, un commissaire d'expo lui a adressé la parole. Il a l'impression d'avoir été traité d'égal à égal. En quelque sorte, il est entré dans le merveilleux monde de l'art contemporain. C'est alors avec la confiance nigaude du vainqueur qu'il se dirige vers la machine à café où, la veille, il avait décroché son sésame.
Jean-Kevin met une pièce dans la machine, commande un capuccino (il a remarqué que les gens vraiment branchés prennent un capuccino) et patiente le temps que son breuvage se prépare. Et comme par miracle, c'est à ce moment qu'apparaît le commissaire d'exposition au fond du couloir...
- Bonjour, tente un peu timidement Jean-Kevin.
- !!!, lui répond l'air accablé le commissaire.
Le commissaire met une pièce dans la machine et commande un capuccino à son tour. Jean-Kevin avait vu juste, un youpi prend forme dans son cerveau de stagiaire. Cette joie est à peine gâchée lorsqu'il remarque que le commissaire réduit au minimum le curseur sucre de son capuccino. Jean-Kevin n'avait pas touché au curseur sucre pour son capuccino, mais ça ne se voit pas dans son gobelet. En tous cas, c'est noté pour la prochaine fois. Pendant ce temps, le liquide commence à couler. Jean-Kevin ne se démonte pas et poursuit sur sa lancée.
- Vous avez de nouvelles pistes pour l'expo des trente ans ?
- Faut voir. J'ai pas trop le temps, mais t'as qu'à me faire un mémo sur Paris et les artistes contemporains.
- Oui. Pour quand vous le voulez ?
- Pour avant-hier, rétorque narquoisement le commissaire avant de plier ses gaules et de filer dans son bureau.
Jean-Kevin reste coi un moment, impressionné par tant de répartie. Il se dit que ce commissaire est vraiment un crack lorsque Djamel — l'autre compère, lui aussi stagiaire — pénètre à son tour dans le périmètre béni de la machine à café.
- Salut Djamel. Tu sais quoi ? Je viens de parler au commissaire d'expo.
- Ah ouais !
- Ouais, et il m'a confié un mémo sur les artistes contemporains à Paris. Terrible non !
- Ah ouais, et tu dois le rendre quand ton mémo ?
- Pour avant-hier !
Jean-Kevin tourne les talons non sans esquisser un large sourire à une assistance imaginaire. Il se dit qu'il a tout compris au monde de l'art contemporain. Seul problème, Jean-Kevin ne peut pas filer dans son bureau parce que les stagiaires n'ont pas de bureau. Il se retrouve un peu comme un con à tourner le dos à Djamel qui n'est pas assez réveillé pour avoir compris son mot d'esprit. De toute façon Djamel s'en fout absorbé qu'il est à attendre que son café coule.

+fin du deuxième épisode+

(dés)Air de Paris 1

Il y a quelques mois dans les bureaux du Centre Pompidou...
- On fait quoi pour les trente ans de Beaubourg ?
- J'sais pas. On pourrait faire une expo, et puis ça tombe bien parce que le Centre, c'est quand même fait pour ça.
- D'accord, mais on montre quoi dans l'expo ?
- J'sais pas, on va demander aux commissaires d'expo si ils ont une idée.
Les deux compères se dirigent vers un commissaire d'expo qui traîne à côté de la machine à café...
- Chef, on fait quoi pour l'expo des trente ans, lance timidement un des deux compères.
- C'est très simple. On va montrer des oeuvres autour d'un hommage à Marcel Duchamp. Marcel Duchamp tout le monde connaît comme ça on fait un carton.
- Euh, pas sur que tout le monde connaisse Duchamp, chef ! Il faut penser aux ploucs qui viennent de province et aux touristes pour l'été...
- OK OK, alors il faut qu'on trouve un truc qui attire aussi les ploucs et les touristes.
Sur ces mots, le commissaire d'expo saisit une monographie sur Duchamp, plonge directement dans la table des illustrations et la parcourt d'un air absorbé...
- Grand Verre comme titre — déclare le commissaire — ça pourrait être pas mal ! En plus, on pourrait avoir des marques d'alcool comme sponsors, voire même des fabricants de verre et d'accessoirs de maison...
- Ouais mais les ploucs, ils ne vont pas comprendre. Et en plus pour trouver des artistes qui font des trucs dans le genre Grand Verre c'est pas facile.
- Alors l'urinoir c'est pas mal !
- Non, on leur a déjà fait le coup de l'urinoir avec l'expo Dada. Et puis c'est un peu évident, sans compter qu'il y aura toujours un taré pour pisser dessus ou le casser...
- Ah voilà, je l'ai : Airs de Paris. C'est classe comme titre Airs de Paris. En plus pour les sponsors y a aucun problème, les parfums, les bagnoles, les fringues... ils vont adorer !

+ Fin du Premier Episode +

Moi & Ulrich 2

Moi & Ulrich

Exposition Upperloc !



Upperloc ! est avant tout l’exposition d’un espace, celui de la galerie d’art contemporain de l’université Paris 8 (Saint-Denis). Il s’agit de la transplantation (même échelle, même orientation géographique) de la Galerie dans l’espace du théâtre du Garde Chasse. C’est cet espace qu’un groupe d’artistes est invité à investir le temps de Lil’art.
Upperloc ! présente le travail de 7 jeunes artistes qui ont en commun le souci d’une redéfinition du réel, qu’il s’agisse d’un réel organique, d’un réel écologique ou d’un paradoxal réel médiatique et cinématographique.
Enfin, Upperloc ! — néologisme qu’on traduirait par « sur localisation » — peut aussi se lire comme une exclamation devant les œuvres présentées comme autant de manières inédites d’habiter un monde complexe.

Upperloc !
Les vendredi 11 et samedi 12 mai 2007.
Vernissage le jeudi 10 mai dès 19h
Théatre du Garde Chasse, 181 bis rue de Paris, 93260 Les Lilas.
Métro Mairie des Lilas.
Entrée Libre
Informations : www.ville-leslilas.fr

Et un p'tit Bourdieu pour la route !

C'est presque inutile de le rappeler, mais il est évident que le seul enjeu de l'élection présidentielle actuelle est la vérification de la validité des (multiples) sondages distillés tout au long des derniers mois. D'ailleurs, les sondeurs ne s'y sont pas trompés en claironnant à qui voulait les entendre que leurs prévisions pour le 1er tour étaient exactes.
Hélas, quasiment personne pour les remettre à leur place, pour — par exemple — repenser les «prévisions» des sondeurs comme autant de prophéties autoréalisantes. En effet, jusqu'à quel point nous conformons-nous au portrait qu'on dresse de nous, portrait d'autant plus réaliste qu'il se pare de l'ensemble des apparences de la science (l'utilisation de chiffre et notamment des chiffres à virgule(s) dont les sondages actuels en seraient le comble de l'imposture scientifique).
Il est urgent d'aller faire un petit tour du côté du vieux Pierrot : «Il y a toutes sortes de techniques inventées par les sciences sociales (les sondages par exemple) qui sont utilisées comme des instruments de domination.» (Pierre Bourdieu dans Haacke et Bourdieu, Libre Echange, 1994, p. 61). Tu l'as dis !

Ségo ou Sarko ?

S'il est bien un champ de la vie politique qui ne mobilise généralement pas les QG de campagne, c'est bien la culture.
Certains magazines, sites web ou journaux ont timidement tenté de cerner les projets culturels des différents candidats, souvent en pure perte. D'autres, ayant bien assimilé que la culture en France est le fait du Prince, ont directement interrogé les candidats sur leurs goûts en matière de culture. Il s'est rapidement avéré que les goûts artistiques des candidats étaient ceux de leurs conseillers en communication (on apprend que le livre de chevet de Sarko est Belle du Seigneur d'Albert Cohen et que la chanteuse préférée de Ségo est Diam's !). Bref, on n'était pas plus avancé !
Mais alors comment choisir un candidat si notre centre d'intéret principal est la culture ?
Ce qu'il ne faut pas oublier dans cette histoire c'est que la culture s'incrit dans un contexte et il est évident que le futur chef de l'Etat imprimera son style au delà des domaines qui lui sont réservés. Autrement dit, pour savoir pour qui voter, il faut revenir sur les traditions des partis en présence à ce sujet... et là, le choix est vite fait.
D'un côté la gauche qui depuis 1981 — et à chaque fois qu'elle s'est retrouvée au pouvoir — a su insufler un enthousiasme à la fois exigent et populaire autour de l'art en général. Certain pourront regreyter que, malgré l'effort considérable consentit entre 1981 et 1983, le rythme se soit ralentit par la suite. Mais tout de même ! La fête de la musique, les Nuits Blanches, la gratuité des musées nationaux certains dimanches... c'est la gauche.
De l'autre coté, on trouve le culte d'une culture autocratique et artitocratique, une culture basée essentiellement sur le patrimoine, une culture sans risque, sans ambitions pour le futur et sans avenir pour les créateurs qui travaillent en France. Il ne faut pas oublier que ces dernières années, l'UMP au pouvoir c'est essentiellement «La Force de l'art», exposition catastrophique qui — en plus d'avoir été unanimement saluée pour sa médiocrité — a sérieusement grevé le budget alloué à la création contemporaine. C'est cette même majorité qui a laissé filer la fondation Pinault à Venise, épisode funeste qui a finit de faire de nous des ploucs indécrottables sur le plan internationnal.
Je n'ai pas l'habitude de faire part de mes opinions politiques sur ce blog ; mais là, ce qui se passera le 6 mai conditionnera notre devenir culturel pour les cinq, voire les dix années à venir. Toutes ces raisons — auxquelles il faudrait ajouter le «style» personnel des deux candidats — doivent nous inciter à choisir l'idéal de gauche incarné dans cette élection par Ségolène Royal.

à lire aussi le dernier édito d'André Rouillé et l'interview de Ségolène Royale dans les inrocks (http://carreculture.desirsdavenir.org/index.php?c=positions)

«Expodrome», Dominique Gonzalez Foerster

Inutile de tourner autour du pot, l'exposition de Dominique Gonzalez Foerster ne m'a pas convaincue.

On était déjà habitué à ses ambiances très eighties (à ne pas confondre avec "années quatre vingt" qui n'est pas assez classieux pour l'art contemporain, ou alors pris de manière ironique). On avait déjà vu ses "ambiances" composées de wallpainting et de mobilier sensés plonger le visiteur dans un lieu "entre deux"... et je n'avais déjà pas tellement été client.

La récente exposition au MAMVP occupe tout le premier étage du musée. L'artiste y a disséminé plusieurs oeuvres réalisées pour la plupart en collaboration avec d'autres artistes. On ne peut pas dire que l'expo soit vraiment "ratée", mais je trouve que beaucoup de pièces ne fonctionnent pas comme annoncé dans la brochure (par ailleurs rédigée en novlangue typique de l'art contemporain).

Le clou de l'expo est évidemment Cosmodrome. Si le dispositif semble intéressant au premier abord (enfermer le spectateur pendant 9 minutes dans un espace clos), il se révèle rapidement assez léger dès lors qu'on tente d'analyser ce qu'on y propose. Le ballet visuel (toujours eighties!) n'est pas aussi spectaculaire que le laisse entendre la brochure (on à l'impression de voir un épisode de K2000). Mais le pire reste le fond sonore diffusé durant cette oeuvre et surtout le texte (en anglais!) qui accompagne la musique. Là on touche le fond : le texte récité sur un ton sentencieux égraine un chapelet d'absurdités assez insupportables. La bande sonore fait alors penser a un stage de relaxation pour cadres stressés. Cosmodrome est-il le mariage de K2000 et Nature & Découverte?

La seule chose à sauver de cette exposition est — me semble t-il — l'utilisation des escaliers comme salle de projection. Les sièges qui épousent la forme des marches sont réellement la seule bonne idée de Expodrome.



Comme je me soucie de votre amusement, je propose un petit jeu pour pas que vous alliez voir cette expo pour rien. La salle du Cosmodrome est jonchée de gravier noir et brillant (sorte de litière pour le chat de Karl Lagerfeld), donc le challenge c'est de mettre le plus de gravier possible dans ses poches. Envoyez vos photos...


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