PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   CONTACT : PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art
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Pôle i-magot
Marc Veyrat


minE+)i_mire

To : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-To.swf
Les tireurs de Julien Guinand pointent une cible que l'on ne voit pas. L'information n'est pas donnée dans la photographie. Nous ne les voyons que voir, au moment précis ou ils se détournent de leur cible pour mieux peut-être se concentrer sur le point à atteindre. Le mot cible est à rattacher par sa racine germanique à l'idée de couper et de tailler. Dans minE+i)_mire, les tireurs deviennent à leur tour des cibles.
SU : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-SU.swf
Encadrés, ces cartouches d'un InstantPortrait sont en quelque sorte postées en réserve, en attente dans les lettres. Les cibles se dévoilent au moment ou le coin locker babe i s'efface doucement avec le déplacement de la souris, pour revenir bruyamment opacifier la surface après tout nouveau mouvement. Les tireurs nous offrent un temps de retard. Un coin locker babe i, en-tête des i-mails depuis 2006, annonce les événements de la société i matériel. Point d'ancrage - cybergraphe ou tatouage numérique - placé devant le texte du mail, il se présente comme un signal visuel ; une combinaison d'informations vrillée entre texte et image à l'instar des enluminures que nous pouvons découvrir dans le Livre de Kells.
cK : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-cK.swf
Chaque personne qui le désire peut recevoir des coin locker babe i qui sont sous licence creative commons. Il suffit simplement d'en faire la demande par courriel à imateriel[at]free.fr. Pour en re-faire quelque chose... L'important n'est pas aujourd'hui (au jour du i) de créer des images, mais de les sélectionner et de les faire fonctionner. La circulation doit entraîner la re-lecture. Cibler la cible. Cibler la cible pour éviter d'être trop vite pris pour cible. Le snipper in/formation embusqué derrière l'écran (télé-viseur) est toujours gêné par les déplacements trop rapides, les bonds successifs, les différents points de vue.
tHE : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-tHE.swf
Avec minE+i)_mire il faut toujours patienter un peu... rejouer ou comme l'annonce Anne-Marie Duguet, déjouer l'image. L'idée de ® n'est pas égal à Make, ce déjà à re-faire à l'oeuvre dans la société i matériel, est toujours liée à une question de point de vue. i est passé par i si i repassera par là. Un coup de feu. Un coup de fouet. Un petit clic pour un gros couac. L'information doit atteindre sa cible et à l'inverse notre Je, ciblé, doit encore une fois à l'écran cibler l'information qui nous concerne. À quel niveau de surface ? À quel instant ? Le mouvement de l'InstantPortrait est donné dans la durée. i-deal : un mois pour un moi. Etienne-Jules Marey invente en 1882 le fusil photographique qui permet de photographier sur nature. La nature n'est plus un point mis en pespective centrale. Elle est désormais numérique, à expérimenter par un balayage de surface. La cible ne peut donc être vue que de côté. Distribuée autour et sur un écran. En quelque sorte une ligne de tir courbe. En réseau. Comme celui du site www.panoplie.org pour un coup de fusil en rafale, mis en abîme, provoqué cette fois par Annie Abrahams et tous les participants à cette série d'InstantPortraits.
i : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM+i.swf
minE+i)_mire est également présenté dans la ©box http://www.cbox-office.fr (+ Protosite sur http://www.cbox-office.com). Encore un autre réseau connecté par ce moi journal de bord in/visible. La ©box en construction est photographiée à nouveau par Julien Guinand. Réalisée par David C. (entreprise enseignescurial.com), dès le 30 juin, cette cabine d'interactivité va projeter et se retrouver projetée simultanément au Centre d'Art Contemporain de Lacoux, sur le plateau du Haut-Bugey et au Centre Culturel de Flaine.
Material : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiMaterial.swf
Point de basculement. Ce soir à 18h30 vernissage usine de la ©box. Dans l'atelier à Vaux-en-Velin. Point de basculement également pour minE+i)_mire. La trajectoire - la visée - se construit désormais de l'extérieur vers l'intérieur. Un regard rétrospectif nous permet maintenant de dépasser la simple architecture i matériel. Nous sommes exactement dans l'interMade. "C'est l'homogénéité de la diffusion en flux continu qui constitue l'essentialité du médium comme trait spécifique du modernisme" écrit Françoise Parfait. L'InstantPortrait, si l'on excepte le point temporel ou le message est posté sur le site, et la durée mensuelle du travail, souligne plus qu'une question de temps un système de flux. Ce flux est une étendue électrique réfléchissante.
SubS : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-SubS.swf
T@ : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-T@.swf
Le pointeur-tireur enfermé dans sa box réellise un espace entre deux surfaces. La surface de la lunette de visée et la surface de la cible. Entre les deux un rien de la balle. La trajectoire. Verum Eikôn. La véritable image serait donc toujours liée à une question de trajectoire entre deux surfaces. l'idée n'étant pas simplement pas de mesurer la véracité du résultat mais de mesurer la capacité à assumer pleinement la distance virtuellement parcourue (il est matériellement impossible de voir la balle) - cette tension du geste de l'archer zen - l'espace sensible et impossible à franchir pour le tireur enfermé dans sa box, derrière la barrière du stand de tir.
N! : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM'N!.swf
Les différentes trajectoires modélisent le flux. Comme des gouttes sur la surface d'un plan d'eau. Ainsi, dans Sniper de Samuel Bianchini, l'important n'est pas de visualiser le dénouement (in/prévisible) mais d'expérimenter le flux d'informations, son étendue, sa résistance.
©E : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-©E.swf
La succession des coin locker babe i reçus par i-mails depuis le début de cet InstantPortrait éclabousse le flux d'informations déjà perçu dans ce projet. Une minE+i)_mire en forme de trajectoire pourtant perceptible (transpercée ?, trouée ?) par deux entrées, deux check-points : un texte autour des processus envisagés par la société i matériel pour construire la déconstruction de l'information et le second ; l'ensemble des PiM's articulant un autre texte - un slogan découpé, étiré - détaillé pendant un mois pour définir un cadre à ce travail et quelque part mesurer l'impossibilité d'en finir avec cette même opération.
offf : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-offf.swf
L'écran devient ainsi l'image sensible posé virtuellement à la surface d'une étendue liquide recouvrant, englobant le spectateur.
C'est l'histoire de l'aquarium développée par Carol Brandon http://www.artvideo-cb.fr. Un sabord laissé entre/ouvert par le capitaine @doc, spectateur d'un hypothétique horizon numérique, se prend virtuellement des vagues successives d'informations en pleine figure. Mais ce que ce marin d'eau noos n'a pas vraiment saisi, c'est qu'il est lui-même en train de nager au fond de la piscine. Pour empêcher de se faire manger par les requins, ©box s'apparente ainsi à une espèce de cage en fer (en faire) sous-marine. Le spectateur immergé dans ce sas de décompression peut voir venir.
iN : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-iN.swf
/ : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-X.swf
visible : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-visible.swf
Nager dans le flux. Traverser un courant d'excitation "au carrefour de l'art et des nouveaux médias" comme l'écrit Christiane Fricke à propos de Nam June Paik ; faire naître un espace électronique - une neoréalité Global Groove - dont l'interface où la communication est au centre de la démarche : "celle d'une culture de la télévision et de l'information à l'échelle du monde"... nous emporte vers une nouvelle épopée.
language : http://panoplie.emakimono.org/app/webroot/userfiles/user236/MiM-language.swf

honor AR-i (just in timber like)

L'image ne doit pas chercher à être vraisemblable mais juste, vraiment juste.

Great Great Great Water

Pour répondre à l'interview réalisé par Fanny Mary, directrice de Melody's Mercery et auteur d'un blog sur paris-art, Melody's, j'aime beaucoup le travail de Grégory Chatonsky (www.incident.net), en particulier lorsqu'il perturbe efficacement notre appréhension de l'outil informatique et je trouve l'approche de ce travail par le biais du rapport art/entreprise personnellement judicieux (interview...).
Lorsque Grégory Chatonsky, je cite, nous propose de concevoir que, "finalement le terrain sur lequel travaille la communication et le terrain sur lequel travail l’art contemporain c’est le même terrain mais avec des registres différents. Ils se retrouvent donc en concurrence et il peut y avoir conflit d’intérêt", je crois qu'il est particulièrement important de répéter que le champ social sur lequel l'art peut intervenir avec le maximum d'efficacité est aujourd'hui le terrain (accidenté) de l'information.
Kader Attia parle de Tsunami, exposé au CNAC de Grenoble, comme d'une "œuvre post-11 septembre" (Tsunami, 12 x 14 x 40m, 22 octobre 2006 – 7 janvier 2007, La Compagnie des Vidéastes 11/06, voir le site du Magasin ). Sans confondre les enjeux et les finalités d'une oeuvre - aussi monumentale et emblématique d'une époque qui s'annonce perturbée - avec une campagne publicitaire, cette giffle d'acier assènée par Kadder Attia est aussi esthétique que dangereuse, abstraite que figurative, low-tech (par sa volonté de n'utiliser que très peu de matériaux) que nécessairement liée par ses référents informationnels aux nouvelles technologies de communication.
Le danger est i-médias. Le spectateur découvre chaque jour de nouvelles catastrophes (cf. la mort involontaire d'un certain nombre de civils palestiniens par un bombardement de l'armée israélienne) avec une communication instantanée et a fortiori abstraite. Les spectateurs devant l'œuvre de Kader Attia commencent une longue procession, les yeux alternativement fixés par terre puis devant le mur de fer qui menace de s'abattre sur la foule, pour contourner cette plaque coupante recouvrant sans les nommer, mais avec un certain grincement (la tôle fait du bruit), les corps de tous ces anonymes disparus. La douche froide devient brûlante, sous le soleil exactement. Great Great Great Water, merci le 11 novembre.

Marc Veyrat
www.imateriel.info

Marylin Manson ou la possibilité d'un il

N'en déplaise à Christophe Kihm ("Coutures et Reprises", Art Press n°325, juillet/août 2006), Marylin Manson se situe moins du côté du rapiéçage de mots que du rapiéçage de signes. Le coefficient macabre évoqué par Christophe Kihm n'est pas une incitation physique à une violence placée du côté du slogan, du cri de guerre mais une incitation à la débauche d'images antagonistes, un collage grinçant et contre nature d'images / signes que nous pouvons nommer d'ailleurs ici, à juste titre, un ensemble d'i+D/signes : le point d'inflexion entre des informations et leurs définitions associées à des signes toujours remis en formes, des signes plastiques ®≠Make.
Et si le point rencontre (meeting point/punto di incontro) avec le monstre interprété par Boris Karloff, dans le film réalisé par James Whale en 1931 (p.60) est bien visible ; la notion de patchwork réactivée avec Marylin Manson propose un assemblage impossible où chaque élément s'affronte aux autres dans un curieux mélange, tout en restant distinct (distant ?) et parfaitement identifiable. À l'inverse du monstre interprété par Boris Karloff, l'ensemble d'images in/signes ne forme pas un être recomposé mais une image/signe qui reste volontairement virtuelle, dans l'idée d'une mosaïque inachevée. Et le moindre fragment posé à plat, comme dans le travail de Matt Mullican, joue le rôle d'agent double. Il impose l'ensemble tout en empêchant à cet ensemble de se (trop) réaliser. Sur cette ligne trouble de l'image/signe, l'agent infiltré en territoire ennemi (le mauvais signe résistant ?) pousse ains la re-présentation officielle jusqu'à la caricature.
Il suffit de regarder Le Dictateur (1) de Charlie Chaplin pour comprendre le procédé. Avec Marylin Manson, le signe qui pourrait s'essouffler dans le silence d'une composition trop parfaite, gonfle ici jusqu'au grotesque. Le corps n'est plus un volume recousu mais une surface sans épaisseur superposée de patchs et d'informations symboles. À l'instar du Pinocchio de Paul Mc Carthy, Marylin Manson est à la fois une peinture baroque et un toto. Loin de l'image d'un Autre Plus Petit Commun Multiple, Marylin Manson multiplie les points de vue décalés et dé-joue ainsi le fantasme de l'Autre diabolique, monstreux. Il affirme un déjà trop vu, délie un trop plein de canailles Je/On arlequin.
Regarder Marylin Manson, c'est se soumettre volontairement à la question. Une question qui n'est plus ici de revoir un (autre) monstre, mais d'identifier à travers une image/signe un corps des corps.

(1) Charlie Chaplin, Le Dictateur, Etats-Unis, N&B, 2h00, date de sortie en France : avril 1945, réédité en DVD par MK2, 2002.


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