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SAFFIR galerie nomade
Lydie Marchi


Le Mur Végétal de Patrick Blanc à Aix-en-Provence

Notre bonne vieille ville d’Aix-en-Provence change d’aspect depuis une dizaine d’années : divers bâtiments y ont été construit (j’y reviendrais plus tard) dans le nouveau quartier Sextius-Mirabeau lequel s’estLe Mur Végétal de Patrick Blanc à Aix-en-Provence également doté d’un mur végétal conçu par Patrick Blanc. Pont-Route Max Juvenal est le nom- lieu de cette oeuvre sur le site de Patrick Blanc, pas très poétique je vous l’accorde. Ce mur végétal fait le lien entre le Grand Théâtre de Provence, monstre de pierres jaunes, gros escargot dédié aux arts vivants et un bâtiment plus banal de bureaux. Entre les deux un pont qu’il s’agissait de cacher. Un pont vers le sud, vers le soleil. Un pont devant lequel se trouve un très banal rond point orné de fontaines (Aix ville d’eaux, ville d’art, les aixois comprendront)... Et pourtant dans ce lieux qui n’est ni poétique, ni très joli et assez loin du centre-ville, dans ce lieu qui n’est qu’un lieu de passage, un espace de circulation rapide pour les voitures qui quittent la ville en direction de l’autoroute Aix-Marseille, Patrick Blanc crée un espace empli de poésie. Son mur végétal allant du vert foncé au vert clair en passant par des jaunes et des rouges et planté de plantes qui semblent monter vers le ciel. Comment ne pas voir dans ce jardin vertical un début de paradis ? Dans ce contexte fortement urbanisé, on se surprend à oublier les voitures, la pollution, le bruit et les murs de pierres des murs adjacents. On se retrouve dans une sorte de jungle durant quelques secondes et la grande réussite de ce mur est qu’il fait rêver ... Un conseil : messieurs mesdames si vous passez par Aix, arrêtez-vous quelques instants devant ce mur végétal. Pour cela il vous faudra vous éloigner du centre ville, de ces ruelles, de ces fontaines moussues et descendre en dessous du quartier très commercial de Sextius Mirabeau, passer devant le Grand Théâtre de Provence, apercevoir de loin le Pavillon Noir de Rudy Ricciotti et vous arrêter là où l’on ne s’y attend pas devant un panneau de verdure qui empli l’espace d’un rêve végétalisé ... Bonne promenade !

Jacques Villeglé, la Comédie Urbaine au Centre Georges Pompidou - Paris

L’exposition consacrée au Nouveau-Réaliste Jacques Villeglé se tient au dernier étage du Centre Georges pomidou, à côté du restaurant Le Georges. Cette exposition se visite assez rapidement. 50 ans de l’histoire de cet artiste sont retracés en une petite dizaine de salles thématiques et chronologiques, les premières oeuvres présentées datent de 1947. Qui est Jacques Villeglé ? Né en 1926 à Quimper, Jacques Villeglé est un “collecteur d’affiches” ou “affichiste”, s’appropriant ainsi le langage urbain de la rue et créant à partir de cette base une pratique artistique à part entière. Aux côtés de son ami Raymond Hains, avec lequel il réalise le film Pénélope, Villeglé s’approprie les déchirures abstraites et lyriques de la ville, instille dans ses œuvres une dose de contestation politique, détourne la publicité et la presse. En parallèle aux expérimentations lettristes de Hains, Villeglé travaille à un alphabet « socio-politique », et n'obtient une reconnaissance publique qu'à la fin des années 1990. Il est représenté à Paris par la galerie Vallois. L’exposition Au cours de la visite de cette exposition, la modernité de la pratique artistique de Jacques Villeglé apparaît de manière éclatante, éclatante comme le jaune soleil d’une partie des murs des salles. On y retrouve des séries très abstraites, proche des recherches de Rothko ou de celles de Kandinsky tant la couleur a à dire mais aussi l’Hourloupe de Jean Dubuffet, et la rencontre de ces deux artistes contemporains, rencontre illustrée par une missive entre eux. L’histoire publicitaire urbaine nous est contée dans ces salles ... malgré l’artiste peut être car là n’est pas du tout son propos. Il est le fait du médium utilisé. Ce décor urbain qui se trouve ainsi magnifié et “sanctifié” en tant qu’oeuvre d’art, une trentaine d’années avant le travail des graffitistes américain. Un fait divers a rattrapé cette exposition : le vol des “Choses Singulières”, oeuvre collé au coin de la rue Oberkampf et de la rue Saint Maur par l’association “Les murs” qui propose aux artistes de se réapproprier l’espace urbain public en y collant des oeuvres originales... Spéculation ... L’oeuvre de plus de 8 mètres de long ayant été déposé avec grand soin. Spéculation dont le graffitiste américain Keith Haring fit également les frais dans les années 80 par le vol de ces dessins dans le métro new yorkais, dessins que l’on retrouvait très rapidement sur le marché de l’art... Rançon du succès. Au delà des oeuvres exposées, j’ai été très intéressée par l’alphabet sociopolitique développé par Jacques Villeglé, par la poésie et la pertinence de ce dernier. Par la reprise de ce dernier dans la typographie utilisée pour la signalisation tout au long de l’exposition, signalisation qui interpelle le visiteur dès ses premiers pas dans les salles. Et finalement ? Un pan de l’histoire de l’art française, trop méconnu à l’étranger et un grand bonheur à visiter ... Lien vers le site internet de Jacques Villeglé : http://villegle.free.fr/

Damien VALERO, architexture

Lors du Berliner Liste 08, la galerie présentera une nouvelle série de Damien Valero, travail dans la continuité de son oeuvre sur la peux et la structure de cette dernière mais en y incluant la notion d'architecture. Un texte de Lionel Dax illustre plus que brillamment le propos de l'artiste : "Comment est-il possible que des formes architecturales soient l’expression d’un corps, d’une texture ? Damien Valero, avec cette installation va interroger le rapprochement entre l’architecture et le corps, lien que l’on retrouve déjà dans le jeu des mots : l’ossature et l’enveloppe d’une architecture ou d’un corps. On parle aussi d’architecture d’un corps pour la physiologie. On pourrait d’ailleurs, comme le dit Wölfflin, « énumérer les possibilités physiognomoniques que l’architecture peut assimiler. » L’historien perçoit certains monuments comme des visages. Les fenêtres correspondent aux yeux, les portes aux bouches… Mais, il est nécessaire de dépasser cette vision comparative quelque peu naïve et stéréotypée. Damien Valero va utiliser des plaques de plexiglas pour penser le cheminement, le parcours qui s’étend d’un amas vivant désordonné jusqu’à un angle droit qui ne triche pas, un coin. Par là le plasticien amène le spectateur à appréhender la dé-construction à travers une mise en scène d’un processus, d’un déplacement, d’une mutation à l’œuvre par le matériau lui-même. Pour reprendre le concept de Derrida et l’appliquer au travail de Damien Valero, on peut dire que la « déconstruction » est la mise en forme d’une recherche, d’un dialogue, d’une dialectique entre la destruction (la dernière pierre) et la construction (la première pierre). Sur chaque plaque de plexiglas une image numérique montrera des fragments d’architectures, des façades en construction, en destruction, en restructuration, en restauration : voiler et dévoiler les os, les muscles, les peaux, les textures des villes. Se joue alors une articulation d’abord horizontale qui se transforme étape par étape en une articulation verticale, afin d’atteindre un coin qui ouvre l’espace suivant, qui initialise un nouvel espace, un nouveau langage qui utilisera la forme du cube. Le cube a trop souvent été analysé comme une forme fermée, muette, silencieuse, autiste, prisonnière d’elle-même. Wölfflin dans sa Psychologie de l’architecture : « Le cube, en raison de son indifférence, acquiert un caractère d’immobilité absolue. Il ne veut rien. » De David Smith (« Die ») aux cubes fumés de Larry Bell, les minimalistes l’ont investi comme forme parfaite. Damien Valero donne une nouvelle version du cube. Il le désinhibe de ces analyses figées, lui donne un corps. Sur les six faces de ses cubes, il mélange des fragments en gros plan de corps où il fait mention de mue avec des images d’architectures. La peau des murs dans les villes sont parfois lépreuse, laisse apparaître des exsudations pour reprendre un vocabulaire médical. Les restructurations, les ravalements de façades, les restaurations peuvent aisément s’appliquer à une architecture ou à un corps soumis à des opérations de chirurgie plastique. L’architecture, à travers les installations de Damien Valero, est contenue dans la forme du cube qui est en fait un dé/corps projeté dans l’espace. Toute pensée émet un coup de dé/corps. La texture est la disposition, l’entrelacement des parties, des fragments qui composent un corps. Chez Damien Valero, le corps et l’architecture compose une texture devenue cubes." Lionel Dax

Non-lieux en photographie

Maciek Stepinski appartient au Jeune Ar,t Polonais ou JAP nommé ainsi par l’historien d’art Pawel Leszbowicz lequel fait allusion ici, d’une manière un peu provocatrice, au Young British Art... Le JAP se démarque totalement de l’art post-communiste qu’a pu connaître la Pologne jusqu’à il y a peu et connaît une dynamique importante. Maciek Stepinski développe un art de l’étrange à la fois dédié à la notion de voyage et aux non lieux que l’on voit sans voir, que l’on ne regarde pas, ces lieux de transition que sont les passages cloutés, les aires d’autoroute, les parkings, les couloirs, etc. Ces thématiques sont développés avec un sens de la couleur et de la composition exacerbé par l’artiste qui par leurs utilisations arrive quasiment à une forme d’abstraction de ces motifs. SAFFIR, galerie nomade présentera Maciek Stepinski lors du Berliner Liste 08.

"Compositions" X

Lors du Berliner Liste 08, SAFFIR, galerie nomade présentera la nouvelle série de l'artiste français Pascal Martinez, les "Compositions X". La série de 100 “Compositions” perforations à l’aiguille de textes pornographiques issus de synopsis de films x relève dans l'oeuvre de Pascal Martinez de son intérêt pour l’intimité qu’elle lui soit personnelle ou que cette dernière relève d’une identité plus collective. Ces perforations tendent à rendre invisible le texte, monochrome indécent, blanc sur blanc, d’une pureté visuelle immédiatement contrarié par la lecture. Sont relatés les aventures d’une hôtesse de l’air dans un Hôtel Intercontinental, celle d’une Nonne et du “bon” Curé François, du jeune homme au travail perverti par cette machine diabolique que peut être internet, de la Blonde, etc. Autant de mythes développés par le cinéma pornographique et repris ici. Où l’on s’attend en s’approchant, tant l’objet tend à la pureté, blanc sur blanc, à lire du Ronsard et où l’on tombe sur une jolie délurée ...

Berliner Liste 08 - 29 octobre au 2 novembre 2008

SAFFIR, galerie nomade a été sélectionnée pour participer à l'une des foires concomitantes d'ARTFORUM à Berlin en octobre-novembre 2008. Il s'agit de Berliner Liste (http://www.berliner-liste.org/). SAFFIR, galerie nomade y présentera le travail de trois des artistes qu'elle soutient. Pascal Martinez, artiste français demeurant à Marseille, et dont le travail porte sur l'intimité personnelle mais aussi sur l'idée de l'intimité collective avec beaucoup d'humour, de poésie et de finesse. Maciek Stepinski, artiste polonais vivant entre Arles et Varsovie, dont l'oeuvre s'interroge sur la notion de non lieu et de transit. Damien Valero, artiste français demeurant à Paris, qui présentera un travail dédié au corps et à sa texture. En ce mois d'août, la galerie travaille déjà à la présentation de ses oeuvres, à leur scénographie, aux textes les accompagnant, à la bonne intelligence de ces oeuvres entre elles, à la cohésion de ses trois univers, etc.

Saffir galerie nomade

SAFFIR galerie nomade est née d'une passion de l’art contemporain.

SAFIR galerie nomade promeut le travail d'artistes contemporains émergeants dans différentes disciplines en privilégiant toujours l'excellence et l'émotion. Cette volonté d’excellence qui l’anime pousse SAFFIR galerie nomade à montrer des artistes aux multiples facettes, aux univers très différents, aux recherches artistiques poussées mais d’où découle toujours une très forte émotion. Car l’art c’est l’émotion.

SAFFIR, galerie éphémère de par son mode de fonctionnement : les expositions peuvent aussi bien se dérouler dans l’appartement ou le jardin d’un collectionneur qu’au sein d’une galerie d’art ou d’un salon professionnel. Ces expositions sont destinées aux amateurs d’art soucieux de créer chez eux ou au sein de leur entreprise une ambiance plus conviviale par la présence d’œuvres d’art.

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