I wish you good luck ! / Lucky You, un film de Curtis Hanson
Charlotte Szmaragd | 20 mai 2007 | 17:41
Et pourtant tout commençait bien… le bel Eric Bana, solitaire tourmenté, dans un blouson de cuir noir sur une moto rutilante dans un Las Vegas nocturne et électrique. On se serait cru dans L’Homme à la moto d’Edith Piaf !
Le film se met en place. «Non, rien de rien. Non, je ne regrette rien…». La formule du film est simple. Un jeune flambeur de poker, Huck Cheever, gagne, perd, puis gagne. A cela vous ajoutez les assaisonnements de rigueur : une histoire de trahison père/fils, une romance amoureuse presque platonique et l’éternelle happy end moraliste : le pardon est la seule voie vers la sagesse, l’argent n’est que faux semblant, et l’amour, toujours l’amour.
D’accord, un peu de sérieux ! Je dois bien ça à Robert Duvall, dont la performance du vieux père manipulateur au grand cœur est la seule chose selon moi à retenir. Le jeune Huck Cheever (Eric Bana) entretient une vieille rancune pour son père, L.C. Cheever (Robert Duvall), qui a, lorsqu’il était enfant, volé et abandonné sa mère pour partir jouer à Vegas. Le seul terrain d’affrontement possible est celui de la table de poker, et pour le coup de grâce, la grande finale du Tournoi International de Poker duquel le Padre est deux fois champion. Malgré les défaites que lui inflige son vieux, le petit Huck, qui n’est pas mauvais du tout dans son genre, parviendra-t-il à regarder son père dans les yeux et à lui pardonner ? Dans le même temps, il rencontre une jeune fille simple et douce, Billie (Drew Barrymore), dont la fraîcheur et l’honnêteté transpercent le cœur du rockeur. L’issue du tournoi aura ainsi un double enjeu pour Huck, retrouver le respect de son père et prendre le cœur de la belle. Quel suspens… !
Au cœur des casinos et des cartes à jouer, le réalisateur de L.A. Confidential tente d’initier le spectateur au monde du poker professionnel. Malgré la scène finale du Tournoi, qui pourrait certes évoquer les terribles émissions dont le câble nous assomme et auquel je ne comprend rien (suis-je la seule ??), je n’arrive pas à ressentir l’excitation que la discipline peut provoquer. En outre, le film n’a pas de caractère. On ne sait si l’on est dans une comédie romantique, un film esthétique sur le monde du poker, ou dans un drame sur un duel familial. Tout est mélangé et chaque élément, comme autant d’ingrédient d’une recette attendue, n’a pas de saveur. Pourtant, Las Vegas, quelle ville inspirante ? Les prises de vue en sont d’ailleurs soignées, mais on ne ressent pas la truculente folie d’un Casino (Martin Scorsese), d’un Las Vegas Parano (Terry Gilliam) ou récemment d’Ocean’s Eleven (Steven Soderbergh). Sur un sujet encore inexploité et au cœur de l’engouement populaire, on aurait peut-être attendu de Curtis Hanson un film qui ressemble davantage à un «exercice de style», d’oublier un peu la narration bavarde du cinéma hollywoodien, pour se laisser aller aux ambiances, aux lumières et à la psychologie du jeu.
A recommander aux fans de poker, ça peut tout de même leur plaire…
Lucky You
Sortie le 9 mai 2007
Réalisé par Curtis Hanson
Avec Eric Bana, Drew Barrymore, Robert Duvall
Durée : 2h02 min
Année de production : 2005
Distribué par Warner Bros. France

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