ÉCHOS | BIENNALE
31 Jan 2014

13e Biennale de Lyon : Ralph Rugoff, le commissaire, « La vie moderne », le thème

PCommuniqué de presse
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13e Biennale de Lyon : Ralph Rugoff, le commissaire, "La vie moderne", le thème. Le mot «moderne» a été choisi par Thierry Raspail, Directeur artistique de la Biennale de Lyon, comme thématique des trois prochaines éditions, de 2015 à 2019. Le premier volet de cette trilogie, "La vie moderne", a été confié à Ralph Rugoff, actuel directeur de la Hayward Gallery à Londres.

Après avoir assuré le co-commissariat des trois premières Biennales de Lyon, de 1991 à 1995, Thierry Raspail invite désormais des commissaires en leur soumettant un mot autour duquel organiser leur proposition. Choisi de façon à tracer une direction et un entrecroisement de regards sur l’actualité artistique de la période, ce mot vaudra pour trois éditions et composera la trame d’une trilogie d’une durée de six ans.

Pour 2015 et jusqu’en 2019, Thierry Raspail a choisi de cheminer avec le mot «moderne», substantif et qualificatif. Ni modernisme, ni modernité, «moderne» peut les contenir ou les exprimer et les teinter d’une injonction: «Il faut être absolument moderne» (Rimbaud)

Aujourd’hui, tout est moderne: le néo-modernisme qui sévit dans les arts visuels, le vintage qui charme le design, ou encore le «re-enactment» qui fait de l’histoire un subjectif présent. On a écrit l’anthropologie des Modernes au pluriel (Bruno Latour), il reste le singulier. Y a-t-il une singularité du moderne? Quel est son «mode d’existence» quand il s’agit d’art?

Le pré, le post, l’hyper, l’alter, l’anti sont indéfectiblement modernes aujourd’hui. Pourtant, le moderne au temps des avant-gardes distinguait «le domaine d’élection» de l’artiste. Depuis, le moderne tardif — avec le postmoderne — a découvert le flux, l’hybride, le bricolage en même temps que les cultures subalternes, le vernaculaire, et l’Autre. Le moderne a tenté vainement de se «défaire» de l’occidentalo-centrisme qui pourtant l’a créé, tandis que l’Afrique, la Chine, l’Inde, l’acceptaient et l’élargissaient… Et voici que pointe maintenant un folkmoderne, un transmoderne…
Puisque l’interconnectivité a supprimé «la discordance des temps» chère à l’historiographie classique, il n’y a désormais plus qu’une époque, moderne, qui règne à l’échelle de la planète.

Le premier tome de cette trilogie moderne a été confié à Ralph Rugoff, commissaire de l’édition 2015. Il ne sera pas question de définir le (ou la) moderne, mais d’en rapporter l’expérience inédite dont les artistes créent l’histoire.

Ralph Rugoff
Ralph Rugoff est directeur de la Hayward Gallery à Londres. En poste depuis 2006, il y a assuré le commissariat de nombreuses expositions thématiques et monographiques consacrées à Ed Ruscha, George Condo, Jeremy Deller et Tracey Emin.
Entre 2000 et 2006, il a été directeur du Wattis Institute for Contemporary Art à San Francisco, où il a réalisé une douzaine d’expositions, et des projets individuels d’artistes tels que Mike Kelley, Roni Horn, Thomas Hirschhorn, Ann Veronica Janssens, Mike Nelson…
Auparavant il a été commissaire et critique indépendant, à la Serpentine Gallery de Londres ou encore au Hammer Museum de Los Angeles. Sa première exposition, «Just Pathetic» (1990-1991) figure, selon Artforum, parmi les plus influentes de la décennie.

Ralph Rugoff a contribué à des catalogues et à des livres consacrés à des artistes tels que David Hammons, Paul McCarthy, Luc Tuymans, Michel Blazy, Jean-Luc Mylayne, ou Jean Painlevé, le cineaste. Par ailleurs, il est l’auteur de Circus Americanus, un recueil d’essais sur la culture visuelle populaire et l’architecture.

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