ART | EXPO

Le béa-ba de …

02 Déc - 21 Jan 2017
Vernissage le 02 Déc 2016

L’exposition « Le béa-ba de ... » réunit à la galerie Béa-Ba, à Marseille, les œuvres de Francis Harburger, Pierre Buraglio et Claude Buraglio. La sélection de tableaux des deux premiers et de dessins, gravures, lithographies et sculptures de la troisième offre un panorama de leur carrière.

L’exposition « Le béa-ba de … » réunit à la galerie marseillaise Béa-Ba les œuvres de trois artistes dans une sorte de synthèse de leur carrière : des peintures de Francis Harburger et de Pierre Buraglio et des œuvres multi-disciplinaires de Claude Buraglio.

Les tableaux entre modernité et classicisme de Francis Harburger

Les toiles intitulées La casserole bleue et Poterie et pain, réalisées en 1967 et 1976 par Francis Harburger sont emblématiques de la technique développée par le peintre à partir de 1952, dans un registre néo-cubiste, que le philosophe Etienne Souriau qualifiera de « hiéroglyphes ». Cette technique consiste à disposer sur la toile des représentations de matières ou objets facilement identifiables telles que du pain, des carreaux muraux, du bois, et à dessiner par-dessus, d’un simple trait noir, une forme schématisée de l’objet. Ces dessins simplifiés réduisent les objets du quotidien à des concepts. A ces toiles très originales au graphisme pictural moderne s’opposent des « études de la réalité » de facture beaucoup plus classiques qui témoignent de la fascination qu’éprouvait Francis Harburger pour les natures mortes du 17e siècle. Ces allers-retours entre modernité et classicisme caractérisent l’œuvre de la maturité du peintre.

Pierre Buraglio questionne les fondements de la pratique picturale

Une sélection de tableaux de Pierre Buraglio illustre la façon dont ce peintre souvent sans pinceau a participé au renouvellement de l’art contemporain français dans les années 1960. Le tableau Mouette, réalisé en 2016, prolonge juxtapose et superpose des plaques de carton peintes à la gouache et cloutées de façon à figurer des fragments de palissade et de mur de briques. Il prolonge les tableaux dans lesquels Pierre Buraglio use non pas de peinture mais de diverses matières et objets tels que des encadrements de fenêtres ou des paquets de cigarettes, dont il met en lumière le potentiel pictural.

Réappropriations et emprunts chez Claude Buraglio

Chez Claude Buraglio, le champ plastique est ouvert à une multitude de médiums. Sont exposés des dessins à la mine de plomb, lithographies, linogravures, sculptures… Toutes les œuvres de la plasticienne sont cependant traversées par une même logique de réutilisation. Ainsi, les lithographies Extrait et la linogravure Le mors aux dents – Hashtag N°2 sont réalisées sur papier recyclé et les petites sculptures comme Régime de bananes # 3 sont en papier mâché, tiré de carton et papier d’emballage. Autre forme de réappropriation, de nombreuses œuvres sont inspirées d’autres pièces issues de l’histoire de l’art : les dessins Tête de suppliciés et crâne et Abaque cartésien d’après Géricault, l’ensemble de sculptures Vanités, hommage à Trois crânes de Paul Cézanne. Dans cette démarche se lit la filiation entre Pierre Buraglio, habitué à peindre « d’après » et sa fille, Claude Buraglio.