ART | EXPO

B.D. Factory

19 Jan - 20 Mai 2017
Vernissage le 19 Jan 2017

L’exposition « B.D. Factory » au Frac Aquitaine, à Bordeaux, explore les rapports entre l’art contemporain et la bande dessinée. De Raymond Pettibon à Louis Granet, en passant par Bruno Peinado et Philippe Parreno, la bande dessinée a nourri les œuvres de trois générations d’artistes.

L’exposition « B.D. Factory » au Frac Aquitaine s’intéresse aux relations qu’entretiennent de longue date la bande dessinée et l’art contemporain. A travers trois générations d’artistes contemporains, se révèlent les influences du neuvième art sur les arts plastiques.

L’art contemporain sous l’influence des cultures populaires et de la B.D.

A partir des années 1980, le travail de Raymond Pettibon s’est particulièrement illustré en matière d’imprégnation de l’art contemporain par les cultures populaires. Célèbre pour ses contributions à la scène punk hardcore américaine, au sein de laquelle il a créé de nombreux logos de groupes et pochettes d’album, avant d’en réaliser pour des formations plus largement rock, Raymond Pettibon a peu à peu gagné en reconnaissance, au point de voir ses œuvres quitter les pochettes de disques pour aller s’afficher sur les murs de galeries d’art contemporain. Son style est directement inspiré de celui la bande dessinée classique américaine des années 1940 et 1950. Ses dessins, le plus souvent tracés au pinceau, à l’encre noire parfois éclairée de couleur, sont le plus souvent complétés d’éléments textuels évoquant la pratique de la bande dessinée.

Entre arts plastiques et neuvième art, de nombreuses passerelles

Parmi les représentants des années 1990 et 2000, Philippe Parreno fait partie des nombreux artistes que leur intérêt pour la transdisciplinarité et pour le croisement des différents domaines culturels a portés vers la bande dessinée. Ainsi l’œuvre Speech Bubbles, réalisée en 1997, un ensemble de ballons remplis d’hélium accumulés au plafond, imite des bulles de bande dessinée dépourvues de texte, des espaces en attente d’idées et de parole qui les rempliront. On retrouve les mêmes références au neuvième art chez Bruno Peinado dont l’œuvre se nourrit de tous les aspects de l’industrie culturelle et notamment de la culture populaire.

Les travaux de Camille Lavaud, Sophie Lamm, Louis Granet, Suzanne Husky ou encore Pauline Fondevila maintiennent vivaces les rapports entre arts plastiques et bande dessinée dans les années 2010. Les dessins de la dernière puisent dans divers registres graphiques comme le graffiti, l’art moderne, les dessins d’enfants mais aussi la bande dessinée, un genre auquel elle s’est d’ailleurs essayée en tant qu’auteur pour l’album Echoesland. Louis Granet fut auteur de bande dessinée avant de se consacrer à la peinture, où il trouve une plus grande liberté. Sa pratique picturale reste toutefois marquée par celle de la bande dessinée par des techniques qui lui sont empruntées, par leur sens du dynamisme et leur goût du grotesque.