DANSE | SPECTACLE

Auguri

22 Mar - 24 Mar 2017

Le Théatre national de Chaillot présente Auguri d’Olivier Dubois, un spectacle qui clôt la trilogie Etude critique pour un trompe l’œil, en mettant en scène l’incertitude du bonheur et sa recherche effrénée.

Pièce pour vingt-deux danseurs créée en 2016, Auguri est la dernière partie de la trilogie écrite par Olivier Dubois, Etude critique pour un trompe l’oeil. Après Révolution (2009), Rouge (2011), et Tragédie (2012), Auguri clôt cette trilogie qui revendique, selon les mots d’Olivier Dubois, «une approche humaine de l’art, par l’être, par ce dont nous sommes faits.»

Auguri

Auguri semble offrir l’exemple d’une telle approche selon laquelle «la quête de nos humanités est notre raison d’être dans le monde» puisque Olivier Dubois s’est nourri de littérature, des textes de Lucrèce, et de philosophie pour écrire le dernier volet d’Etude critique pour un trompe l’œil. Alors que l’exode, ou la course vers la sortie, constituait le thème de la dernière partie de Tragédie, il ouvre Auguri, laissant ainsi apparaître une continuité thématique entre les deux pièces.

Mais cette permanence du thème de la course doit désormais être nuancée. A l’espoir de l’exode semble désormais succéder la simple recherche éperdue d’un absolu, le bonheur. Absolu dont la réalisation peut se révéler incertaine et nécessiter une certaine abnégation, comme l’explique d’ailleurs Olivier Dubois : «Au début je voulais faire quelque chose d’optimisme mais le constat a été beaucoup plus pessimiste. Cette recherche du bonheur passe probablement par la disparition (…) La vie n’est que quête,  il faut peut-être disparaître pour trouver le bonheur.»

Auguri : course incertaine

A l’arrière-scène, des écrans à larges bords bleus laissent progressivement apparaître des danseurs passant de l’obscurité à la lumière. Ils apparaissent seuls, puis en petits groupes tendant à s’élargir. L’apparition ainsi fractionnée des vingt-deux interprètes, qui donne l’impression d’une occupation raréfiée ou encombrée du plateau, entre en correspondance avec la composition musicale originale de François Cafenne. La masse des vingt-deux danseurs répond dans Auguri à celle de la formation symphonique.

D’abord fractionnée, l’apparition des danseurs se précipite : leurs déplacements lents s’accélèrent, et la marche devient course. Par effet d’accumulations successives, leurs mouvements semblent gonfler par vagues successives la composition de François Cafenne.

Sur scène, les courses des danseurs dessinent des trajectoires incertaines au rythme croissant ou saccadé, semblant ainsi exprimer l’obstination d’atteindre un but qui, peut-être, ne cesse de se dérober à leur désir premier.