PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   CONTACT : PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art
    RECHERCHER  
  
  Newsletter
 
 
  Lieux
  Aujourd'hui
  Vernissages
  Blogs
  Forums
  Galeries perso
  Petites annonces
INTERVIEW
Didier Courbot

Didier Courbot intervient de façon critique dans l’espace public et remet en question nos manières de penser le paysage. Il dresse ici un bilan des Needs et esquisse de nouvelles interrogations sur la ville, la société et la nature.


Cliquez sur les images
pour les agrandir et lire les légendes



RÉAGIR

Didier-Courbot-<i>Panorama<-I>-2001-Structure-metallique-bois-peint-geraniums-systeme-d-arrosage-1000-x-300-cm-©-Didier-Courbot-Courtesy-Galerie-Nelson

Didier-Courbot-<i>Needs-(Paris)<-I>-2001-Photographie-94-x-120-cm-©-Didier-Courbot-Courtesy-Galerie-Nelson

Didier-Courbot-<i>Needs-(Rome)<-I>-1999-Photographie-94-x-120-cm-©-Didier-Courbot-Courtesy-Galerie-Nelson

Didier-Courbot-<i>Needs-(Saint-Jean-Port-Joli-Quebec)<-I>-2001-Photographie-94-x-120-cm-©-Didier-Courbot-Courtesy-Galerie-Nelson

  
Entretien réalisé le 14 juin 2001 lors de l’accrochage de l’exposition Paysages d’entre-ville au musée Zadkine* où Didier Courbot présentait une série de Needs ainsi qu’une pièce intitulée Panorama.

Maxence Alcalde. Il y a déjà quelques temps tu réalisais la série des Needs dans différentes villes (Osaka, Paris, Prague, Saint-Jean-Port-Joli au Québec, Rome). Ces actions consistaient à entretenir, réparer ou créer de petits équipements urbains. Comment procédais-t
pour ces interventions dans l’espace public ? Quelle en était la motivation?

Didier Courbot. Je ne réalise pas les Needs de façon systématique. Un Need part d’observations dans une ville qui motivent mes actions. Une grande importance est accordée au repérage. Je vais un peu partout et parfois je repère des endroits qui m’intéressent pour un bâtiment, pour une situation, un quartier. Par exemple, à Prague il y avait des arrêts de tramway au milieu des avenues sans que personne n’ait prévu de système pour s’y abriter. À chaque fois c’est un besoin très précis par rapport à des situations spécifiques du site. Je choisis aussi l’arrière plan des photos avec beaucoup de soin. Dans une photo de Rome, il y avait en arrière plan un hôtel qui s’appelait Président, très typé années soixante-dix. Il est un peu flou sur l’image, mais je voulais vraiment qu’il soit en arrière plan. Sur d’autres photos, où l’on me voit réparer un trottoir, on voit la gare de Termini ainsi qu’un bâtiment du XIX° siècle totalement à l’abandon. Sachant qu’on est à Rome, beaucoup d’associations d’idées peuvent surgir...

On ne te voit jamais réellement sur les clichés. On arrive à imaginer que tu es un homme blanc qui porte des lunettes, mais rien d’autre ne transparaît. Pourquoi ce semi-anonymat?
Je fournis toujours des indications très précises au photographe. Par exemple, je tiens particulièrement à ne pas être photographié de face. Il ne faut pas que l’on puisse se dire " ce type a tel âge, il est originaire de tel pays... ", je veux qu’on se dise que c’est juste quelqu’un qui est en train de faire ça. Même quand j’ai fait les photos de mes mains en train de scotcher, j’ai fait en sorte qu’elles soient anonymes. Ce qui m’intéresse c’est ce que l’image va transmettre. Je suis comme un acteur de cinéma qu’on voit sur l’écran et qui n’est pas la personne qu’on peut connaître dans la vie. Sur les photos, c’est exactement la même chose. Quand je plante des fleurs, ce n’est pas parce que j’aime bien les fleurs et que je suis quelqu’un de gentil. C’est juste parce que ces fleurs vont signifier quelque chose dans cet espace. À Rome, les fleurs n’ont pas uniquement une fonction décorative. On en trouve souvent aux pieds de poteaux parce que quelqu’un a eu un accident de scooter et est mort à cet endroit. À Prague, j’ai construit un petit appareillage en briques au milieu du trottoir où j’ai planté des fleurs. Quand on voit ça on se dit qu’il s’est passé quelque chose, comme quand on voit une plaque commémorative. C’est aussi ça l’idée des Needs: on va de l’action la plus dérisoire ou ridicule, comme arroser des plantes sauvages entre deux blocs de béton, à l’action la plus humble qui est de permettre de traverser la route en faisant un passage pour piétons. Un Need, pourrait être aussi bien une action utile et fonctionnelle qu’une action décorative.

Tu travailles sur de très petites choses qui sont en même temps de plain-pied dans notre quotidien urbain. De ce fait ces monuments ne sont pas forcément visibles. Qu’est-ce que cela implique pour toi?
J’ai fait les Needs parce que c’est une attitude que j’avais depuis longtemps sans pour autant pouvoir la formuler. Tout est parti d’une idée simple, celle de dessiner une bordure de trottoir. Une bordure dans un trottoir a plusieurs fonctions: délimiter l’espace du piéton de celui de la voiture, permettre de marcher confortablement, d’être bien, et donc de penser à autre chose (rêver, réfléchir, penser, avoir une activité intellectuelle, etc.). " Permettre de " pourrait être l’idée qui prédomine dans l’ensemble de mon travail. Je conçois souvent mon travail comme des passages, comme des ponts.

Avec les Needs tu prends possession des éléments qui constituent l’espace public urbain, or cet espace appartient à tout le monde et obéit normalement à des règles précises d’aménagement. Comment décides-tu alors de ce que tu peux ou non faire dans cet espace?
Je fais les Needs parce que je ressens un besoin dans l’espace public à un moment donné. Je ne demande jamais d’autorisations, mais je ne suis pas pour autant dans le trip " faisons le sauvage, rapidement, en révolte ". Je suis architecte paysagiste de formation et pendant mes études j’ai appris à dessiner ce genre d’espace. Si on demande une autorisation, on se soumet à des règles établies par d’autres personnes.
En fait, les Needs sont extrêmement ironiques et très dirigées politiquement. Je remets ici en question l’autorité des gens qui ont décidé de la forme que prennent les villes. Certains individus à la tête de grandes institutions ont un pouvoir de décision sur l’espace public qui a une influence indéniable sur notre vie. La forme de la ville conditionne notre quotidien et notre image du monde. Bien que la ville soit un territoire public, nous créons un rapport très personnel, voire intime, avec elle, et c’est là une question importante de mon travail. Comment un espace public impersonnel peut-il devenir à un moment intime ? Comment peut-on avoir une intimité avec ces lieux ?

Tu communiques tes Needs à travers des photographies que tu présentes sous la forme de grands formats exposés dans des lieux traditionnels de l’art contemporain. Quelle valeur a cette trace pour toi ? Que veux-tu transmettre à travers ce travail photographique?
Mon action n’est visible que par le petit nombre de

     Page 1 / 3           Page suivante  
RÉAGIR
 

 
VOS RÉACTIONS
0 réaction




Rechercher une interview





 DÉPÊCHES
Samy Naceri en garde à vue après une «tentative d'homicide» : Une rixe a opposé hier l'acteur à un homme qu'il a blessé à la gorge d'un coup d ...
On réchauffe bien les éléphants... : GLAGLA- Pas plus de cinq degrés au thermomètre à l?intérieur du chapiteau. Beauc ...
Portzamparc et ses péripéties à Rio : Architecture. Le concepteur de la Cité de la musique brésilienne de Rio, critiq ...
Sollers à tir d?aile : Préférence. Entre bonheur ciblé et montée au paradis, le nouveau «voyage» de l?é ...
L'album des écrivains: Philippe Sollers en 1981 : Chaque jeudi, en partenariat avec l?Institut National de l?Audiovisuel, LibéLabo ...
Avec Radio Libé, surfez en musique : Libération.fr lance aujourd'hui sa propre radio musicale sur le Net. ...
Collection privée 4 : © zzzzz ? Chaque mois, Frédéric Fleury présente un collectionneur de «Geek photo ...
Silence, on joue: Wii Sports, crise et pronostics 2009 : Chaque jeudi, l'émission 100% jeux vidéo de Libération. ...
Ron Asheton en paix : Disparition. Le mythique guitariste des Stooges, emmenés par Iggy Pop, a été ret ...
Egéries nigérianes : Lagos. «Le meilleur reste à venir», premier roman de Sefi Atta. ...

Découvrez toute l'actualité de la culture, spectacles... en temps réel.
Le 118000 annuaire professionnel Paris et renseignements téléphoniques.
Besoin d'une location de salle de reception à Paris ? ShowRoom et Exposition sur www.location-salle-de-reception.com
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Vous souhaitez remplacer vos traditionnels calendriers par un calendrier personnalisé ? Sur PhotoBox vous pouvez facilement réaliser vos calendriers photo ou un livre photos avec vos clichés préférés.


Page exécutée en 0.889482 secondes.- requetes : 244- requetes différentes : 197