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INTERVIEW
Daniel Buren
Daniel Buren
14 août 2007
Daniel Buren s’explique sur les principales expositions des trois dernières années. Il évoque The Eye of the Storm (2005) au Guggenheim de New York, la Force de l’art (2006) au Grand Palais, Airs de Paris (2007) au Centre Pompidou. Il explique son rôle de commissaire d’exposition à la dernière Biennale de Venise. Il profite de nos colonnes pour utiliser son droit de réponse et régler ses comptes avec Dan Graham.


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Sophie-Calle-<em>Take-Care-of-yourself-Philosophe-Philosopher<-em>-2007-Travail-constitu-eacute;-de-106-photographies-textes-film-Courtesy-Galerie-Emmanuel-Perrotin-Paris-;-Arndt-Partner-Berlin-;-Paula-Cooper-Gallery-New-York-;-Gallery-Koyanagi-Tokyo

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Oeuvre-in-situ-m-eacute;tal-plexiglass-et-papier-adh-eacute;sif-220-cm-diam-400-cm-Courtesy-Biennale-de-Venise-;-©-Daniel-Buren-Par-Siae-2007

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Parlez-nous du travail que vous présentiez à la dernière Foire Art Basel Miami.
Sous l’impulsion de Kamel Mennour, j’ai proposé une sorte de Pergola. Il s’agissait d’un travail situé, conçu pour le soleil de Miami. Son usage est plus souple qu’un travail in situ, mais il doit obligatoirement être mis à l’extérieur, afin qu’il puisse jouer avec les rayons du soleil et ue ceux-ci fassent exploser les couleurs sur les éléments adjacents, sur le sol, etc., tout comme les Cabanes éclatées le font, mais d’une autre manière avec les éléments découpés. Malheureusement sa vente ne s’est pas concrétisée comme Kamel l’espérait. Comme quoi tout ne se vend pas dans une foire d’art! Nous attendons encore de lui trouver une retraite confortable sous des cieux cléments.

C’est risqué de présenter une telle pièce ?
La galerie Kamel Mennour a pris un certain risque, à monter et à exposer cette pièce dans une foire. La mise de fonds et la volonté de faire naître cette œuvre sont tout à l’honneur de la galerie.

Depuis 2005 et «The Eye of the Storm: Works in Situ» au musée Guggenheim de New York, le regard des Américains a-t-il changé sur votre travail ?
C’est difficile à évaluer. D’un point de vue marchand, il semblerait que mon travail suscite pour les collectionneurs et les conservateurs de musées un nouvel intérêt. Malgré ce que pourrait suggérer mon parcours, je n’avais jamais auparavant bénéficié d’un grand succès commercial. C’est arrivé pour la première fois en janvier dernier, lors de mon exposition à la galerie Bortolami-Dayan de New York.

Comment avez-vous participé, l’année dernière, à «La Force de l’art?»
J’ai proposé que les gardiens portent avec leur uniforme, constitué d’un pantalon et d’une chemise noirs obligatoires, un gilet rayé. Ce travail me permettait de contourner les nombreux problèmes que soulevait cette manifestation. Dès le départ, je l’ai trouvée problématique et chaotique. Gérée par une quinzaine d’organisateurs, le résultat était plus proche de la foire que de la manifestation artistique. Cette confusion ne m’incitait pas à participer, j’étais prêt à décliner l’invitation, mais en parlant avec Bernard Blistène, l’idée d’utiliser Les Gilets de 1981 m’a semblé une bonne idée [Le titre complet est Essai hétéroclite : Les Gilets]. Un tel travail, ne se trouvant cloisonné nulle part, n’appartenait ainsi à aucun groupe particulier tout en se faufilant partout.

Comment avez-vous évité la confusion générale ?
Les Gilets, grâce à leur mobilité, me permettaient de contourner les problèmes de l’événement et d’échapper au chaos organisé par quinze commissaires. Cette pièce échappait aux cloisonnements et aux thèmes imposés par la manifestation ainsi qu’aux “goûts” des uns ou des autres. Elle était partout à la fois tout en restant très discrète. Comme, par définition, les gardiens bougeaient en permanence, Les Gilets ne pouvaient pas être prisonniers d’une des quinze sections. Grâce à ce travail, je pouvais participer librement à l’exposition sans être cantonné dans une rubrique quelconque.

Ne jamais vous laisser enfermer : c’est une de vos marques de fabrique ?
J’ai toujours refusé de me prêter à un jeu quelconque des organisateurs d’expositions à moins, bien sûr, que je ne sois d’accord avec eux.
La première fois que j’ai résisté de façon très forte, en en faisant le principe même de tout mon travail dans l’exposition, c’était en 1972 pour la Documenta de Cassel. Depuis, je n’ai pas vraiment changé d’avis sur la façon d’être ou de ne pas être dans ce genre d’exposition. Ces manifestations caricaturent et catégorisent tel ou tel pan de la création. Une fois encore, ou bien vous êtes d’accord avec la catégorie (ou avec le discours de l’organisateur), et vous êtes chez vous comme un poisson dans l’eau; ou bien vous n’êtes pas d’accord, alors : soit vous refusez d’exposer, soit vous laissez voir, par un travail spécifique, en quoi votre travail n’a rien à faire avec ce que d’aucuns voudraient lui faire dire au risque, bien entendu, de contrarier tellement l’organisateur, que vous entriez en conflit ouvert avec lui, soit que vous ne soyez finalement éjecté de l’exposition en question.

En 1981, la couleur fuchsia des gilets avait une signification précise, pourquoi ne pas avoir proposé une variante spécifique pour “La Force de l’art ?”
C’était se donner beaucoup de mal pour pas grand chose.

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VOS RÉACTIONS
2 réactions


Gudule
Travail de cochon
Faute dès la première question. Vous ne relisez pas vos articles avant de les passer en lignes ?
Réaction à ne pas rendre visible.
08 avr. 2008

Trieste
MOI et Buren
Moi, je pense que pour amarrer les bateaux, Buren devrait prospecter sur les ports.
07 avr. 2008

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