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INTERVIEW
Jean-Luc Soret



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Servulo-Esmeraldo-<i>Excitable<-i>-Dispositif-interactif-electrostatique-Courtesy-@rt-Outsiders-Paris

Raquel-Kogan-<i>Reflexao<-i>-Installation-interactive-Courtesy-@rt-Outsiders-Paris

Katia-Maciel-<i>One-none-and-a-hundred-thousand<-i>-Installation-interactive-Courtesy-@rt-Outsiders-Paris

Diana-Domingues-<i>Terrarium-SN(H)AK(R)ES<-i>-Dispositif-interactif-Courtesy-@rt-Outsiders-Paris

Eduardo-Kac-<i>Quando-<-i>-Holopoeme-numerique-Courtesy-@rt-Outsiders-Paris

  
Esmeraldo a créé son premier Excitable en 1967. Et il a même fait des espèces de petits carnets pour que chacun puisse fabriquer son propre excitable portable. Par exemple, il a pris ces petites boites thermoformées qu’on avait dans les avions il y a pas mal de temps, il les a vidé, il a mis des confettis ou des éléments mobiles légers dedans et il les a recouvert pour en faire un petit excitable portable.
Il y aura deux dispositifs dans l’exposition. Le second est très beau, avec u
fond argenté ; il n’est pas fait avec des confettis mais avec des petits bouts de bois qui sont maintenus avec un clou et une sorte de petite attache qui les rendent mobiles. Quand on les frotte, ils se dressent ou vont être obliques. On a donc à la fois des effets visuels et sensoriels parce que ça produit du son, ensuite ça continue encore à bouger après l’interaction de chacune des personnes.
Ces œuvres là étaient dans un dépôt, je les ai faites refaire toutes les deux parce qu’elles avaient besoin d’être restaurées. Il y a des centaines d’œuvres qui attendent d’être montrées. J’ai vraiment envie après le festival de partir à la recherche de collaborations pour faire en sorte de trouver le budget pour faire une rétrospective de ce travail.

Reflexion #3 de Raquel Kogan
Reflexion #3 est un coup de cœur, c’est une œuvre formelle vraiment très belle, une métaphore visuelle sur l’entrelacement du réel et du virtuel. Le dispositif est un dispositif immersif et interactif dans lequel on se trouve alors face à des chiffres qui défilent sur un mur ainsi que sur les silhouettes des visiteurs ; un clavier qui nous permettra d’intervenir sur le défilement des chiffres. L’œuvre s’appelle Réflexion parce qu’au niveau du mur de projection, à la base, se trouvera un miroir d’eau qui reflétera ce mur de chiffre — ce qui illustre là encore la culture de «l’entre-deux» qui infuse la pratique artistique de nombreux artistes au Brésil.

INSN(H)AK(R)ES - Terrarium de Diana Domingues
INSN(H)AK(R)ES est une oeuvre qui sera accessible depuis le site internet d’@rt Outsiders. C’est une œuvre de téléprésence qui consiste à se téléporter dans une université brésilienne où se trouve un vivarium avec de vrais serpents ; à l’intérieur de ce vivarium se trouve une sorte de serpent robotique avec une tête en webcam qu’on peut piloter à distance pour se fondre dans le milieu.
Par ailleurs, Diana Domingues – comme je l’ai dit précédemment - s’est inspirée des rituels chamaniques de communautés indiennes du Mato Grosso (Brésil). Comme les Indiens d’Amérique, ces communautés ont des rituels consistant à se mettre en relation avec les éléments naturels par le biais de transes, de façon à habiter l’esprit de la nature, à communiquer avec les animaux, etc.
Ce sont ces rituels, auxquelles elle a été initiée, qui ont inspiré Terrarium. Ce sera là encore une installation assez immersive dans laquelle il y aura un monticule de sable blanc sur lequel seront projetés des serpents. On aura la possibilité de les voir en 3D avec des lunettes stéréoscopiques et encore une fois d’interagir avec ce territoire intermédiaire, ce monde virtuel peuplé par une communauté artificielle de serpents. J’aime beaucoup le discours de Diana Domingues là-dessus ; on n’est plus dans le rituel chamanique, on serait presque dans le cadre d’un rituel chamanique cybernétique. On va dans cet entre-deux entre virtuel et réel, dans cette logique de communier avec les éléments, puisqu’on va être invité à créer et à contrôler la vie de ces serpents. Ces serpents auront cependant une autonomie de comportement qui crée toute l’ambiguïté entre l’impulsion que donne le public et la réponse en partie indéterminée qui suivra. On peut avoir une action sur eux avec différentes interfaces, on peut les contrôler depuis le site internet, mais on peut également les contrôler avec des interfaces mobiles, qui seront des Palm pilots, en baissant leur température par exemple, ce qui aura une influence sur leur vélocité, etc. Et quand je vous disais que j’aime beaucoup cette approche, c’est qu’elle se sert des interfaces technologiques comme les chamanes peuvent se servir des masques, des costumes pour ritualiser le passage dans cet entre-deux entre le réel et ce virtuel poétique.

On ne peut pas dire pour autant qu’il y a un art des nouveaux médias brésilien mais il y a une approche qui est très intéressante à ce niveau-là. Je n’avais jamais vu ce genre d’approche — l’approche chamanique par exemple — de façon aussi aboutie. Il y a eu d’autres performances, d’autres installations qui traitaient des états de conscience altérés mais ces installations qui mêlent la téléprésence et la vie artificielle ce cette façon-là m’ont tout particulièrement séduit.

Quando d’Eduardo Kac
Cette œuvre n’a jamais été exposée à Paris, c’est un holopoème, une sorte d’hologramme numérique, un cylindre monolithique qui mixte plusieurs techniques holographiques, une technique classique et une technique numérique qui fait que l’espace virtuel va presque avoir 720 degrés. On peut ainsi jouer sur les mots, en brésilien, qui signifient lumière, lentement, ment, la lentille. Les mots peuvent plus ou moins s’intervertir, on passe face à un mot, à quelque chose d’identifiable, qu’on arrive à lire, et on passe, au fur et à mesure de la rotation à quelque chose de plus ou moins plastique, qui va perdre son intelligibilité. Et de la même façon, on peut soit suivre, marcher en bougeant avec le mot, soit rester statique devant cette phrase qui va tourner, donc lire les mots dans différents sens et recomposer à l’infini.

Videobrasil de Solange Farkas
Il s’agît d’un programme de vidéos réalisé par Solange Farkas, présidente de Videobrasil, qui est une structure consacrée à la création actuelle au Brésil, qui est vraiment incontournable. Je voulais lui offrir une

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