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INTERVIEW
Xavier Veilhan



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Xavier-Veilhan-<i>Le-Grand-Mobile<-i>-2004-Structure-metallique-25-spheres-en-PVC-14-x-14-x-30-cm-(modififiable)-Courtesy-de-l-artiste-Xavier-Veilhan

Xavier-Veilhan-2005-Vue-d-exposition-a-la-galerie-Emmanuel-Perrotin-Paris-Photo-Andre-Morin

Xavier-Veilhan-<i>Light-Machine<-i>-2004-Dispositif-electrique-et-electronique-aluminium-ampoules-film-en-boucle-de-4-mn-40-280-x-160-x-70-cm-Courtesy-Galerie-Emmanuel-Perrotin-Paris

Xavier-Veilhan-<i>Le-Lion<-i>-2006-Polystyrene-structure-metal-resine-polyester-180-x-296-x-100-cm-Courtesy-Galerie-Emmanuel-Perrotin-Paris

  
les retouches 3D ne sont pas des pixellisations mais des voxellisations, elles permettent la création de volumes à facettes, comme dans Le Lion [contraction de volumetric et de pixel, le voxel est un pixel en 3D]. Ces filtres, ces écrans matérialisent mon impossibilité à comprendre le monde. Même si je parviens à en extraire des éléments, je reste complètement dépourvu. Même les éléments extraits de la réalité n’ont été traités que d’une façon parcellaire. Les sculptures se concentrent s
r certains points seulement, elles ne rendent pas compte de l’expérience totale, loin d’être exhaustives elles brillent par leur incomplétude.

Pourquoi y a-t-il autant d’images en mouvement chez vous?
La réalité est un processus dynamique, elle se confond avec l’expérience d’un voyage, d’un trajet. Même quand les choses sont fixes, immobiles, l’homme ne peut s’empêcher de se mouvoir. Cet aspect est rappelé dans chacune de mes œuvres. Le mouvement apparaît souvent sous l’aspect particulier de la boucle, comme le montre les Machines tournantes, les films en boucle, les formes rondes et circulaires.

Vous vous mettez en scène dans beaucoup de travaux : Xavier à la plage ; Naked Men, Deux borgnes Xavier et David... Quel est votre rapport à l’autoportrait?
Je ne considère pas du tout ces travaux comme des autoportraits. J’utilise mon corps comme un instrument. C’est très pratique et très rapide de travailler avec. Je n’ai pas besoin d’aide extérieure. Si je peux faire l’affaire autant ne pas se compliquer la tâche. J’obtiens le même résultat qu’avec quelqu’un d’autre. Le scanne de mon corps est un matériau comme les autres. Mais, en même temps, je trouve très bien d’être dans l’image. Symboliquement c’est tout aussi important d’être présent derrière que devant, avant et après la réalisation des œuvres.
L’autoportrait implique un aspect psychologique qui reste étranger à ma pratique. L’introspection n’est pas présente dans mon travail. Les titres de ces travaux ne mentionnent jamais mon nom, mais juste mon prénom. J’avoue cependant céder à la curiosité d’essayer de me connaître. Les pièces posent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses. Elles permettent de formuler cette interrogation de base: qui suis-je? Personne ne se connaît vraiment, chacun d’entre-nous reste un mystère pour lui-même. Je n’échappe pas à ce dilemme, mais il n’y a pas de volonté d’analyse chez moi. En tout cas, elle n’est pas consciente.

Pourtant ces travaux appartiennent au genre de l’autoportrait?
La question de l’autoportrait ne m’intéresse pas en tant que telle, je suis beaucoup plus attiré par le fait de devenir un de mes propres modèles.

Connaissiez-vous Huyghe et Closky, alias les Frères Ripoulin, quand ils peignaient dans la rue?
Je connais très bien cette époque, nous étions aux Arts Déco ensemble. A l’époque, j’étais à Berlin, tous mes copains participaient à cette aventure. Je n’étais pas jaloux, mais déçu de ne pas faire partie du groupe, il y avait des gens très intéressants qui le composaient.

Vous avez mis des peintures sur des panneaux publicitaires à l’époque?
Oui, tout à fait. Je n’ai pas fait ça longtemps. Par contre, j’ai participé à des accrochages à New York chez Shafrazi, toute la scène artistique du moment s’y côtoyait, de Keith Haring à Kenny Scharf, en passant par Warhol et Basquiat. C’est difficile à résumer comme ça, mais cela représente toute une époque. Je suis très à l’aise avec ce passé, sans le revendiquer je pense qu’il fait partie de mon parcours. Il ne m’intéresse pas artistiquement et je reste assez éloigné de ces souvenirs. Toutefois, en tant que documents chroniquant un instant, ils restent intéressants et pertinents à montrer.

Cette expérience urbaine a-t-elle été formatrice chez vous ? Est-ce que cette aventure vous a inspiré les Light Machines?
Les Light Machines ne sont pas inspirées des panneaux d’affichage, elles ne proviennent pas de mes expériences urbaines précédentes. Par contre, pour les réaliser, j’ai bien regardé les dispositifs lumineux des champs de course et des terrains de football.

Les vitrines sont-elles des espaces d’exposition importants pour vous? je pense à la présentation de Rhinocéros au magasin Yves-Saint-Laurent de New-York.
Non, il n’y a pas de préméditation de ma part. J’ai juste répondu favorablement à une sollicitation. Comme je vous le disais au début, la réalisation d’une pièce est le résultat de plusieurs facteurs. Un certains nombre de paramètres provoquent l’œuvre. Vous appelez ça une vitrine, mais eux l’avaient présenté comme un espace d’exposition. Cette partie du magasin est une sorte de show room artistique. Mais prochainement je vais travaillé pour le Grand Palais et les questions de transparence ne vont pas manquer de se poser.

Comment a commencé votre aventure à la galerie Jennifer Flay, au début des années 1990?
Jennifer m’a parlé de son envie de monter un espace, j’ai répondu favorablement à sa sollicitation avant l’ouverture. La galerie affichait une ambition internationale. Je souscrivais totalement à ce programme.

Comment avez-vous rejoint la galerie Emmanuel Perrotin?
Je suis parti de chez Jennifer Flay quelque temps avant sa fermeture. Je suis resté un bout de temps sans galerie, cela me convenait bien. Emmanuel Perrotin connaissait mon travail depuis très longtemps, c’est ce qui m’a décidé à travailler avec lui.

Comment êtes-vous perçu à l’étranger?
Je ne sais pas très bien, mais cela fait plus de dix que j’expose hors de France. Je suis représenté dans plusieurs galeries que ce soit à New York, Stockholm ou Milan.

En ce moment vous faites l’événement.
La presse généraliste me prête attention, j’ai été interviewé par Elle et 20 Minutes. Au-delà de ma personne, cette

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