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INTERVIEW
Mattia Bonetti
Mattia Bonetti
06 avr. 2008


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Mattia-Bonetti-<em>Drops<-em>-Table-en-noyer-de-France-pieds-en-acrylique-transparent-180-x-70-x-90-cm-nbsp;-Courtesy-galerie-italienne-©Stephane-Briolant

Mattia-Bonetti-<em>Commode-<-em>Commode-en-acier-naturel-4-portes-157-x-55-x-122-cm-Courtesy-galerie-italienne-©Stephane-Briolant

Mattia-Bonetti-<em>Denim-Armchair<-em>-Structure-en-h-ecirc;tre-tapiss-eacute;e-de-jean-accessoires-en-m-eacute;tal-et-cuir-cha-icirc;nes-75-x-45-x-150-cm-Courtesy-galerie-italienne-©-Stephane-Briolant

Mattia-Bonetti-<em>-Lampadaire<-em>-Structure-en-r-eacute;sine-tapiss-eacute;e-de-jean-accessoires-en-m-eacute;tal-et-cuir-abat-jour-en-soie-et-jean-H-190-cm-Courtesy-galerie-italienne-©Stephane-Briolant

  
s’enrichir l’une l’autre.

C’est ce qui transparaît dans votre travail. Vous semblez ne vouloir appartenir à aucune…
Mattia Bonetti. Chapelle. Oui, absolument.

En fait, vous avez un goût certain pour les paradoxes.
Mattia Bonetti. Oui, c’est un choix. Je trouve que nous vivons dans un monde très riche en terme d’objets, de formes, de couleurs. Et ce

Le créateur :
  • Mattia Bonetti


    L'interview :
  • Mattia Bonetti


    Les autres expos liées aux artistes :
  • Mattia Bonetti
  • Tutti frutti
  • Mattia Bonetti


  • qui m’a toujours plu, c’est d’aller défricher des terrains vierges. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle je travaille peu dans le design industriel, car je bouge sans arrêt. Il y a une forme d’inconstance dans mon travail. Je n’ai pas de style défini. Or, on vit dans un monde ou il est plus facile d’œuvrer quand on a une continuité, une griffe. D’une exposition à l’autre, mon travail peut changer. Il est polymorphe.

    C’est pour cette raison que vous préférez travailler avec les galeries, selon un principe d’éditions limitées ?

    Mattia Bonetti. Oui. Quand j’ai commencé à travailler dans les années 1980 avec mon ex-associée [Elisabeth Garouste], il était difficile de trouver une galerie pour le design, jusqu’à l’ouverture de la galerie parisienne Néotu, pionnière dans la valorisation du design et sa communication.

    Quand on regarde vos œuvres, parfois très surprenantes, voire insolites, on se demande si vous jouez volontairement la carte de la provocation.
    Mattia Bonetti. Oui, c’est en partie vrai. Prenons l’exemple des pièces en Blue-jeans, la lampe et le fauteuil, présentées dans l’exposition de la galerie italienne. Ces meubles prêtent au sourire, ils suscitent même des réactions de rejet.
    Ici, mon regard est essentiellement sociologique. Parce que ces Blue-jeans, achetés pour quelques euros aux puces de Montreuil, ne sont absolument pas destinés à faire des meubles, encore moins une lampe. Des lampadaires en tissu, on n’en voit pas. Le textile n’est pas adapté à cette utilisation. Mais surtout, le jeans, à l’origine, est un matériau populaire, économiquement accessible. Et pourtant, il a été récupéré par le prêt-à-porter de luxe avec une certaine vulgarité. Le jeans est perverti dans une perspective commerciale, accessoirisé, comme ici, avec des épingles, des chaînes. Il perd son identité. C’est un regard sur notre époque.
    Le fauteuil exprime formellement cette idée de mutation, cette confusion des genres. Son style est rattaché à l’époque Napoléon III. Mais son capitonnage est aléatoire, sa structure dissymétrique avec un accotoir d’un côté et pas de l’autre.
    La lampe, par ailleurs, est un peu monstrueuse, mi humaine, mi animale, mi végétale. Ce sont des meubles hybrides, dérangeants.

    L’utilisation du matériau jeans est-elle une façon de démocratiser le design, comme Olivier Mourgue avec son projet de chambre pour ouvriers en jeans et en tubes de métal ?
    Mattia Bonetti. Dans ces pièces, il y a surtout l’idée du « do it yourself », du ready made. C'est du bricolage, de qualité certes, mais du bricolage quand même !
    Il y a aussi l’idée de la récupération, de la réutilisation. Je fais un produit de luxe à partir d’un matériau pauvre, peu coûteux, valorisant ainsi la l’intention et le travail, la créativité et l'initiative personnelle.

    La lampe, avec son pied en buste de femmes, rappelle aussi les cariatides de l’époque classique ou les figures féminines de l’art nouveau. Est-ce qu’on peut parler d’un travail référencé ?

    Mattia Bonetti. Oui, tout à fait. Je me réfère aux arts décoratifs en général. C’est un aspect que je revendique totalement. J’introduis fréquemment la figuration dans mon travail.
    Mais je suis aussi influencé par le Pop art, les formes minimales d’un Donald Judd ou la création actuelle, Jeff Koontz, par exemple. Prochainement, je vais travailler avec une galerie d‘art contemporain new-yorkaise. Ma démarche tend à se rapprocher de celle des artistes, même si je continue évidement de penser l’ergonomie et la fonctionnalité des pièces que je crée.

    Il y a aussi un côté très ludique dans vos pièces, comme si vous ne preniez pas vraiment au sérieux ce que vous faites…
    Mattia Bonetti. Je ne le prend pas très au sérieux et en même temps, si. Quand je crée des formes, je m’amuse, c’est vrai. Mais je revendique surtout une entière liberté à explorer de nouvelles voies, à ne pas me limiter à un style, à une étiquette. Je refuse la tendance actuelle à la standardisation qui touche aussi le design. Notre époque est très normative en terme de mobilier. L’inventivité souffre de la mondialisation. Je cherche l’excentricité, à être (littéralement) en–dehors du

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