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Daniel Templon



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Philippe-Cognee-<i>Petite-Vanite<-i>-2006-Peinture-a-la-cire-sur-toile-45-x-57-cm-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

Robert-Longo-<i>Untitled-(Solar-Eclipse)-<-i>-2005-Fusain-sur-papier-182-x-182-cm-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

Gerard-Garouste-<i>Sans-titre-Elisabeth<-i>-2003-Huile-sur-toile-130-x-81-cm-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

Anthony-Caro-<i>Land-s-End<-i>-2003-Acier-peint-91-x-168-x-152-5-cm-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

Yayoi-Kusama-<i>Flower-Blooming-in-Azumino<-i>-1999-Technique-mixte-43-x-43-x-20-cm-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

Tunga-<i>Les-Affinites-electives<-i>-2004-Installation-Fer-galvanise-aluminium-talc-et-soie-Dimensions-variables-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

Larry-Bell-<i>Cube-14-(Amber-Clear)<-i>-2005-Verre-enduit-d-inconel-50-8-x-50-8-x-50-8-cm-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

Jean-Michel-Alberola-<i>J-ai-l-impression-de-parler-a-un-mur<-i>-2002-Mur-peint-Dimensions-variables-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

Valerio-Adami-<i>Le-Peintre-(la-memoire-qui-enseigne)-<-i>-2004-Acrylique-sur-toile-198-x-147-cm-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

Jean-Le-Gac-<i>Le-Fortin-de-la-soif-(ou-le-pull-over-mite)-<-i>-2003-Pastel-et-texte-manuscrit-sur-carton-croquis-original-sur-papier-millimetre-pull-over-tricote-fascicule-Diptyque-80-x-120-cm-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

Jim-Dine-<i>Nina<-i>-2004-Epreuve-chromogene-montee-sur-aluminium-74-9-x-93-cm-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

Frank-Stella-<i>Hacilar-Level-VIII<-i>-2000-Technique-mixte-216-x-305-x-35-5-cm-Courtesy-galerie-Daniel-Templon-Paris

  
plein, jour et nuit. Mais c’est un métier passionnant et diversifié. Une galerie c’est aussi une gestion qui doit être rigoureuse. Les frais généraux sont immenses. Pour durer il faut avoir un oeil, une sensibilité artistique, être rigoureux, bon gestionnaire, communicateur, stratège, psychologue. C’est un métier complexe, mais qui procure d’immenses satisfactions.

Dans votre situation peut-on encore prendre des risques ?
Pour une jeune galerie, la prise de risque est total
. Sur cinq ou six artistes avec lesquels vous voulez travailler, un ou deux seulement vont faire carrière. Dans mon cas, après tant d’années, je ne cours plus après tous les jeunes artistes. Découvrir m’intéresse toujours, mais je ne peux guère prendre plus d’un nouvel artiste tous les trois ans. Car cela demande beaucoup de temps, une structure plus importante, des locaux plus vastes, un personnel plus nombreux, ce qui n’est guère envisageable dans la conjoncture française.

Vous parlez de gestion rigoureuse, de prise de risque limitée, vous vous méfiez de la conjoncture actuelle.
Nous vivons une période un peu folle, on veut s’agrandir, investir, doubler son personnel, mais au moindre retournement de conjoncture les personnels et les artistes seront pénalisés. Je ne veux pas prendre ce risque. J’ai vécu deux crises, et si je dois en subir une troisième, je veux en limiter au maximum les effets négatifs.

Êtes-vous toujours à la recherche de jeunes artistes ?
Chercher de jeunes artistes, c’est notre vocation, même après quarante ans de carrière. Si demain je trouvais un jeune artiste, je n’hésiterais pas. J’ai d’ailleurs découvert un jeune artiste de trente et un ans, un Anglais très doué, plein de talent. J’en retrouverai peut-être un autre demain, ou dans quatre ans. La structure de la galerie est telle que miser sur un jeune ne représente pas un grand risque. Mais pour une galerie débutante, le pari est toujours plus risqué.

La loi du marché menace les mauvaises galeries. Cette vision n’a-t-elle pas l’inconvénient d’occulter des talents prometteurs mais demandant plus de temps pour éclore ?
L’époque des artistes maudits est finie. Il y a des artistes qui ne sont pas à leur place, qui ne sont pas visibles pendant un certain temps, mais il n’y a pas de génies méconnus. On va redécouvrir des artistes, l’histoire de l’art n’est pas écrite à l’avance. Personne ne peut dire si Jeff Koons et Damien Hirst seront les artistes majeurs de l’histoire de l’art, ils y figureront, c’est sûr, mais à quelle place ?
L’histoire de l’art est toujours en évolution, l’attribution des places de chacun change à chaque période. Des révisions s’opèrent, même après plusieurs décennies. Des changements sont possibles, des artistes oubliés peuvent revenir sur le devant de la scène, mais des génies méconnus, cela n’existe pas, je ne peux pas y croire. Les artistes sont à l’affût, recherchent des galeries, et inversement. Vu le nombre de galeries dans le monde, un artiste qui n’a pas de galerie, à mon avis, c’est qu’il a peu de talent.

Pourquoi ne pas ouvrir un autre espace d’exposition à l’étranger ?
Parce qu’il y a suffisamment à faire ici, en France, pour faire la promotion de ses artistes, développer son entreprise, faire des profits, réinvestir. Se disperser n’est pas la bonne solution. Ouvrir des espaces aux quatre coins du monde pour aller chercher des artistes et des collectionneurs n’est pas utile. Les collectionneurs doivent passer par ici. Paris, derrière Londres, est en train de reprendre une position enviable sur le marché de l’art contemporain.
Au cours des dernières années, on a entendu dire qu’il ne se passait plus rien d’intéressant en France, qu’il n’y avait pas de collectionneurs, ce qui est faux. En France, il y a de très bons artistes, beaucoup de collectionneurs, un vrai marché. La majorité des collectionneurs disposent d’un budget-plafond d’environ 50 000 euros, ce qui n’est pas rien. Il existe aussi de gros collectionneurs. Mais les grandes fortunes ont presque toutes quitté la France à cause de l’impôt absurde sur la fortune. Ces Français achètent mais placent les œuvres là où ils habitent : en Suisse, en Belgique ou en Angleterre.

Des mesures fiscales pourraient changer la donne ?
Bien sûr. Le redressement de l’image de la France à l’étranger passe par des mesures fiscales. Il faut un vrai changement politique, la fin de la sociale démocratie et l’adoption du libéralisme comme en Grande-Bretagne.

Qu’espérez-vous comme changement fiscal ?
Une œuvre donnée à une collection ou à un musée devrait être totalement déductible fiscalement, comme aux États-Unis. Quand une œuvre prendrait de la valeur, la différence devrait donner lieu à un avoir fiscal de la même importance. Ces mesures permettraient d’enrichir considérablement les musées français. Tout collectionneur est un joueur, s’il achète un jeune artiste, c’est en pensant qu’il possède un futur maître. Si les collectionneurs peuvent espérer faire des profits en achetant des œuvres, leur nombre puis le niveau de leurs achats s’accroîtront.

On parle souvent de mauvaise promotion des artistes français…
Cette question est complexe et multiple. En France la place de l’État est trop importante. Cela ne remet pas en question la compétence des fonctionnaires de l’art, mais le système est bloquant. Il n’est pas normal que tout remonte au sommet, que tout passe par le ministère de la Culture.
Par exemple, le Grand Palais ne devrait pas être géré par l’État, mais par une société privée avec une concession de 99 ans. Des fondations privées devraient pouvoir voir le jour grâce à des avantages fiscaux maximum, comme aux États-Unis. Pour l’instant il n’existe en France que deux fondations privées capables d’infléchir le cours des événements. Il en faudrait une dizaine, ce qui suppose que la législation y soit

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