d’artistes. La directrice du théâtre d’Ivry en profitera lors de l’ouverture de la saison théâtrale pour travailler avec trois compagnies. Chacune d’entre elles interviendra dans trois quartiers de la ville afin de sensibiliser les habitants au spectacle vivant, en réalisant des actions artistiques (théâtre de rues, installations et musique). L’objectif de la manifestation est d’introduire l’art dans la ville d’amener le théâtre et les arts visuels vers les habitants des différents quartiers qu
ne vont pas au théâtre ou dans des espaces culturelles. Il y aura donc Pleins feux, cette expérience théâtrale et "Mehr Licht!".
La manifestation "Mehr Licht!" est axée sur le fait d’aller vers les publics et les impliquer dans le dispositif créatif. Ce qui ne sous-entend pas qu’ils participent directement à la création des œuvres.
Nous avons d’ores et déjà identifié le quartier à Brandenburg. Pour ce qui est de l’autre ville jumelée, Ivry, nous sommes encore en quête du quartier ou de l’îlot que nous pourrions utiliser.
Du point de vue financier, quelle a été la stratégie adoptée pour satisfaire tous les partenaires ? Les deux villes piliers devaient se partager les frais, selon un principe d’équité. La ville de Brandenburg étant en déficit - comme beaucoup de ville en Allemagne et encore davantage en ex-Allemagne de l’est - un partage de financement fut néanmoins possible.
Dans la ville de Brandenburg, une association d’habitants décidait de l’argent du programme européen Ville social accordé à leur quartier. Après une présentation de différents projets en lice, les membres de l’association ont entrepris de nous accorder les crédits et donc leur confiance. J’essaye désormais d’inclure des personnes du quartier dans l’organisation.
"Plus de Lumière!" 2004 s’oriente dans la voie d’actions plus localisées tout en laissant la place à chacun de s’impliquer dans le projet. Aujourd’hui, entre le cadre que tu nous décris et la réalité de cette expérience à venir, où en est le projet ? Peux-tu nous dire quel en sera le contenu ? J’aimerais prendre l’exemple de Clément Borderie, un artiste d’Ivry. Il travaille, en collaboration avec des habitants, sur des matrices métalliques avec un générateur de froid. En le recouvrant d’une toile dans un endroit précis, il laisse l’action du temps, du climat et du générateur marquée la toile de brûlures hétérogènes; réflexion sur le lieu et le temps. Il a travaillé deux fois avec des écoles pour les impliquer dans la création de la matrice ou de la toile, et l’apport d’objets divers et spécifiques à leur environnement de vie. Du même coup, l’œuvre n’est pas seulement un objet que l’on pose. Mais ce sont les personnes engagées dans sa réalisation qui le pose à cet endroit là, précisément. La matrice peut quant à elle perdurer sur plusieurs années et créer un lien entre celles-ci et les habitants-participants. Elle constitue une photographie de cet endroit durant un temps précis. Un œuvre sensée lier ce que l’on y a vécu à l’espace commun, ceux qui habitent là et leur quotidien. Un instantané de chez soi.
Toutefois, le choix des artistes est en cours. Il s’effectue sur une philosophie globale, des hasards, des rencontres, des possibles. Ainsi comment peut-on coopérer ? Peut-on trouver une forme et un fond qui fonctionne peu importe lequel finalement ? Je préfère ne pas m’avancer, mais les caractéristiques de l’exemple précité pourront constituer des critères déterminants pour la sélection finale du corpus artistique.
En Allemagne, la résidence qui durera 2 mois fera suite à l’exposition fin juin (une dizaine de jours). Je dois faire le bilan, mais il y a à peu près une dizaine d’artistes/collectifs. Deux Ivryens, un artiste de la Lisa, un de Brandenburg, un cubain, un autre français, etc.
"Mehr Licht!" est une réflexion sur leur ville et non l’échange artistique, sur la notion d’urbanité, la structure sociologique et culturelle des habitants.
L’idée est d’avoir une vraie réflexion sur l’urbanisme. Et peut-être couplé cela à une conférence. Je réfléchis beaucoup à l’art participatif. Pourquoi et comment? Et sur la démocratisation culturelle, j’interprète cela comme une nouvelle démocratie culturelle, une démocratie participative qui ne vient pas d’ingénieurs culturels, mais directement des artistes.
Peut-on dire que l’usage que tu fais des œuvres et des installations est là pour créer du lien ? Complètement, et c’est pour cela que je veux impliquer : pour faire et non pas que pour voir. A mes yeux, la stimulation et la prise de conscience par l’expérience et l’échange sont essentielles. De plus, ce qui sera fait dans chaque lieu devra être montré dans tous les autres lieux d’exposition. C’est un peu comme une documentation artistique. Chacun pourra voir ce qui a été fait chez lui et comment cela se passe chez l’autre.
J’ai envie d’aller au-delà de la simple présentation de l’art pour que cela rejaillisse sur celui-ci.
Quelle en sera la prochaine étape ? Je pense qu’il faudrait transformer cette expérience en réfléchissant sur la ville avec ses habitants via des événements artistiques et culturels. Ce qui nécessitera des méthodes et des outils urbanistiques pointus. J’aimerais que "Mehr Licht!" amorce une réflexion sur l’organisation de sa propre ville et une implication réelle de la part des habitants. L’actuel projet prend sa place dans la planification urbaine des quartiers dont nombreux sont plus ou moins sclérosés.
J’aimerais travailler sur la notion de "prise de conscience" par le biais d’attentats artistiques. Faire bouger les gens! Il existe tellement de choses aberrantes, finalement on dort !
"Pleins feux"
Expositions et visites: portes ouvertes d’ateliers d’artistes.
Du samedi 25 septembre 2004 au dimanche 26 septembre 2004 à