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AGENDA | PHOTO
Franz Ackermann, Julien Berthier...
Landscope
11 juin - 26 juil. 2008
Paris. Galerie Thaddaeus Ropac
L'exposition "Landscope" et ses dix-neuf artistes revisitent la notion de paysage, pas tant abordée pour ses qualités de motif que comme concept. Tour à tour, le paysage fourmille de détails, confine à la cartographie, quand il n'est pas marin, négatif, linéaire, hyperréaliste ou flottant. Autant de paysages que d'outils et de supports pour une question intemporelle, celle de la vision du monde et par extension, celle de l'art. 


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Communiqué de presse
Franz Ackermann, Julien Berthier, Vija Celmins, Blaise Drummond, Cyprien Gaillard, Vidya Gastaldon, Robert Longo, Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau, Nick Oberthaler, Raymond Pettibon, Guillaume Pinard, Évariste Richer, Didier Rittener, Ugo Rondinone, Kristina Solomoukha, Sarah Sze, Catharina van Eetvelde et Daniel Zeller
Landscope

La Galerie Thaddaeus Ropac a le plaisir d'annoncer une exposition de groupe conçue par Matthieu Poirier, rassemblant les travaux de dix-neuf artistes de huit nationalités différentes autour de la notion de paysage.

L'exposition et le livre Landscope entendent revisiter ces lieux notoirement communs de l'histoire de l'art que sont les questions corrélées du paysage et du dessin. L'exposition rassemble ainsi, sur les deux volets successifs de l'exposition (Paris puis Salzbourg), plus d'une centaine de travaux d'artistes pour qui le dessin n'est souvent qu'un médium parmi d'autres, et le paysage, un genre non exclusif. Sous le néologisme « Landscope » – contraction de l'anglais « landscape [paysage] » et de « scope [du grec skopein : observer] » est envisagé le paysage aussi bien comme site que comme vue.

Les paysages réunis, pour la plupart naturels, se refusent à demeurer les lieux traditionnels du récit ou de l'identification narcissique et se font les illustrations, par écho, du rêve de Maeterlinck d'un théâtre sans acteurs en écartant systématiquement toute présence humaine, et contribuent ainsi à l'instauration d'une scénographie de l'absence, d'une paradoxale phénoménologie du vide. Toutefois ces scènes, si elles sont bien désertes, n'en demeurent pas moins des « paysages d'évènements » (P. Virilio), de véritables situations, résultant, le plus souvent, non pas de la dynamique d'une narration mais de la collision dialectique de systèmes et de registres formels, logiques et scopiques.

Choisi ici pour son artificialité patente et son rapport nécessairement dialectique au monde, le dessin apparaît comme l'outil indispensable de la reconsidération de cette notion de paysage, mais aussi de celles, connexes, d'espace perspectif et de représentation. C'est moins le paysage qui est ici observé que, à travers ses caractéristiques archétypales, sa notion même.


Chez Catharina Van Eetvelde par exemple, dans un diptyque comme Incubator (2006), des paysages squelettiques, fruits de l’hybridation de sources comme la cartographie informatique en trois dimensions et l’imagerie chimico-biologique, flottent dans l’apesanteur d’un espace vectoriel héritier du Grand verre. Dans les dessins de Sarah Sze, oeuvres autonomes ou études d’installations, la question du paysage est elle aussi prégnante dans les perspectives vertigineuses d’espaces envahis de microstructures architectoniques mais à l’entropie quasi végétale.

Ce jeu sur la perturbation des repères spatiaux, voire ce refus du référent de la verticale gravitaire qui fonde aussi notre rapport sensoriel au monde, s’exprime tout autant chez Franz Ackermann, notamment dans ses travaux sur papier qualifiés de Mental Maps, qui rassemblent les impressions « psycho-géographiques » accumulées par l’artiste lors de ses déplacements : tous les sites qui en forment l’agrégation perdent leur articulation logique au profit d’un paysage à points de vue multiples, composés uniquement de lignes ou de formes disloquées, comme une résonance vertigineuse de notre régime hyperscopique contemporain. Chez Dan Zeller, outre l’ambiguïté tendue entre vision micro- et macroscopique qu’offre la vue « en piqué » d’Embedded Profile (2006) sur une surface à la nature tout autant continentale que biologique, se pose incidemment, tout comme dans les paysages, cette fois marins, de Vija Celmins, la question de la nécessité de la ligne d’horizon et du point de fuite dans le paysage quand celui-ci doit davantage à Pollock qu’à Poussin.

Chez Didier Rittener, où toute image porte les scories de ses multiples duplications, la figure du Voyageur au dessus de la mer de nuages de Friedrich, pourtant disparue du paysage Sans titre (2006), persiste dans notre mémoire de l’oeuvre. Toujours chez Rittener, la reproduction d’un simili-shaped canvas de Frank Stella perd sa frontalité moderniste, et sa fameuse structure déductive dégénère en un trivial ensemble de cadres imbriqués visant à cerner une reproduction, « libre de droit », de paysage flamand. Dans le corpus des oeuvres réunies pour Landscope, une semblable logique d’appropriation semble régir les immenses paysages à l’encre de chine sur papier d’Ugo Rondinone, qui parfois inversent, selon une modalités spécifiquement photographique, positif et négatif, comme c’est le cas de l’oeuvre intitulée Vierjanuarneunzehnhundertfünfundneunzig (1995). Cette logique est aussi celle des gravures-collages de Cyprien Gaillard, intégrant des immeubles modernistes à des gravures de paysages, dans un jeu constant sur l’imagerie archétypale du paysage – constituée notamment

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