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AGENDA | ART
Haim Steinbach
Haim Steinbach
10 nov. 2007 - 05 janv. 2008
Paris. Galerie Laurent Godin
Le travail de Haim Steinbach, figure incontournable de l’art d’aujourd’hui, questionne l’omniprésence des objets et leur place dans notre relation au monde


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Communiqué de presse
Haim Steinbach
Haim Steinbach


L’un des paradigmes critiques que le travail de Haim Steinbach soulève interroge notre relation aux objets. Que ce soit des objets manufacturés de la grande distribution et de l’industrie du luxe, ou encore ceux de collection, de brocante et de mémoire. Par les dispositifs de présentation auxquels il les soumet et nous les fait percevoir, par les correspondances qu’il établit, il génère un faisceau d’associations, de souvenirs et de projections mentales, sans fin, ni hiérarchie, où chaque spectateur se retrouve confronté à ses propres interrogations, à ses propres grilles de lecture et d’analyse.

Ainsi, son œuvre constitue sans aucun doute l’une des positions les plus radicales et les plus justes en regard de la place et du rôle central que notre société assigne aux objets, que ce soit à travers la culture consumériste et mercantile du monde et la séduction du néant que les objets nous imposent, mais aussi à travers les processus d’identité et de projection présents dans le processus de la collection et des souvenirs.

Pour cette nouvelle exposition à Paris, la première à la Galerie Laurent Godin, Haim Steinbach renoue en partie avec l’origine même de son travail et notamment l’installation à l’Artists Space de New York en 1979, où étaient présentés des dispositifs associant des papiers peints collés aux murs et des objets personnels d’amis de l’artiste, posés sur des étagères.
Ici, pour la première fois, il s’empare de produit alimentaire, il supprime l’étagère, à laquelle il substitue une simple peinture murale, et suspend dans l’espace un ensemble de jambons crus d’Auvergne, dont l’étrange et spectaculaire plasticité interrogent notre rapport à la fascinante dualité des choses. D’un côté, objet de gourmandise et de désir, d’un autre objet étrange et répugnant que ces morceaux de corps morts...
Deux œuvres plus classiques accompagnent cette installation. La première heather legacy juxtapose une citrouille d’Halloween à deux flasques décorée d’un visage hurlant, dans le style de l’imagerie Heavy Metal. L’autre oeuvre painted surface associe un cône de métal renversé provenant d’un cimetière et généralement utilisé comme vase pour fleurir les tombes et un plat en céramique dans lequel sont disposés douze boules de pierre servant à moudre la couleur.

« Autant que je puisse m’en souvenir, ma première impression de l’Ambassade d’Auvergne relève de l’olfactif. Mais, de manière notable, ce qui m’a saisi là n’était pas tant le sens d’une odeur, mais le sens de la vision, et je me rappelle comment d’une manière ou d’une autre, j’ai aussi été frappé d’un profond sentiment d’horreur et de crainte révérencielle, comme du bon et du mauvais goût à la fois. Je crois que c’est l’odeur qui a capté mon œil, et pourtant je ne me rappelle pas avoir senti quoi que ce soit ! Toutefois, je prévois que ce qui peut bien l’emporter dans le travail que j’entends créer pour l’exposition serait de l’ordre de l’olfactif. Comment se fait-il que la matière organique qui pourrit, se décompose, puisse transcender la vie et la mort et d’une certaine façon, atteindre au sublime ? Comme se fait-il qu’être en présence d’un morceau de cochon mort puisse devenir une expérience des plus délicieuses ? De toute évidence, la culture en tant que force a la capacité de transmuer en beauté n’importe quelle chose affreuse, étrange et offensante, ou est-ce la beauté qui peut tomber amoureuse de la bête ? D’un autre point de vue, il est possible que l’exposition que je prépare porte sur l’amélioration par la gastronomie de l’horreur de la pourriture associée à la mort. Début juillet dernier, je suis allé à Paris pour voir l’espace de la galerie Laurent Godin. Ensuite, Laurent m’a emmené déjeuner à l’Ambassade d’Auvergne, de l’autre côté de la rue. C’était un restaurant français traditionnel, avec un mobilier qui, bien que mis à jour côté style, évoquait néanmoins l’atmosphère d’une taverne d’autrefois. Mais ce qui était le plus remarquable dans cette dualité, c’était les pattes de cochons fumées suspendues ça et là au plafond ; conception, extinction, naturel, surnaturel... »

Haim Steinbach - extrait de l’interview avec Nicolas Trembley - A paraître dans Numéro - décembre 2007.

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Haim Steinbach
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