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Evoluant entre peinture, architecture et sculpture, les oeuvres de Claire-Jeanne Jézéquel mélangent les supports et les sensations dans un combat poétique contre la matière. Jouant avec nos perceptions, l'artiste propose une version du réel où l'illusion l'emporte sur la raison.
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Communiqué de presse
Claire-Jeanne Jézéquel
De-finir
Face aux œuvres de Claire-Jeanne Jézéquel, nous sommes entre peinture et sculpture, sculpture et architecture. On n’est jamais dans le paysage que l’on contemple. Ses sculptures rendent compte de l’illusion de la peinture. Elles sont des dessins sortant du mur, une ligne d’horizon vers des espaces imaginaires, et nous font tendre vers une prise de conscience systématique du corps et de l’espace, tout en bouleversant notre perception des lieux. Le paysage s’adresse à l’œil, c’est une image mentale, le lieu où l’on perçoit la mesure d’un espace qui par ailleurs n’est pas mesurable.
Claire-Jeanne Jézéquel utilise toujours des matériaux simples et aisément identifiables. Le contre-plaqué souple utilisé depuis 1998 a été délaissé pour des matériaux comme la fonte d’aluminium, inauguré en 2002 pour son exposition à la galerie Fernand Léger et à la Biennale d’Enghien-les-Bains, ou plus récemment l’aggloméré associé à la peinture. Des planches d’aggloméré sont comme déchirées et recouvertes d’une peinture de carrossier, contrastant avec les bords cassés restés bruts. Ici et là, elle dépose sur la surface laquée des flaques de peintures.
« En inscrivant sa sculpture dans un plan, en appui sur les murs, en position basse près du sol, à l’intersection du sol et du mur, Claire-Jeanne Jézéquel lui confère un statut proche du relief. Déshéroïsant le geste phallique de l’inscription autoritaire de l’objet dans l’espace, cette attitude se fonde sur un positionnement éthique : « l’idée même de grande œuvre est un échec », dit-elle. Ce positionnement renvoie à une dialectique où le désir de la forme comme accomplissement d’une élaboration mentale et matérielle rencontre fatalement l’image de la ruine et de la dégradation. Ses œuvres qu’elle veut « étincelantes et détruites » tentent d’intégrer une « incomplétude qui jouerait contre la perfection formelle, le travail de sculpture consiste essentiellement, en ce cas, dans la présentation de cette tension en forme d’oxymore, dont elle déploie pièce après pièce le récit matériel. L’introduction dans ce système d’un principe de destruction comportant toujours une dimension aléatoire nous propose une poétique de l’inachèvement définitif qui ouvre ces œuvres sur un monde d’évocations complexes : paysages, ruines, déchets, dont les multiples échelles se sédimentent dans la réception du spectateur »
(Jean-Marc Réol, catalogue de l’exposition «Nice to meet you», MAMAC Nice, 2007)
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