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Patrice Joly



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Anne-Marie-Jugnet-Alain-Clairet-<i>Lone-Mountain<-i>-1999-Courtesy-galerie-Cent8-Serge-Le-Borgne-Paris

Aurelien-Froment-<i>Island-of-Silence<-I>-2006-Techniques-mixtes-225-x-100-x-50-cm-Courtesy-Store-gallery-Londres

Anne-Marie-Jugnet-Alain-Clairet-<i>Mohave-Valley-9<-i>-2005-Acrylique-sur-toile-Diam-50-cm-Courtesy-galerie-Cent8-Serge-Le-Borgne-Paris

Morgane-Tschiember-<i>Sans-titre<-i>-2006-Diaporama-Courtesy-galerie-Martine-et-Thibault-de-la-Chatre

  
fuite vers d’autres horizons.

On semble retrouver des zones de passages avec, d’une part, les sources des land artists dans l’exposition de Nantes et, de l’autre, certains préceptes minimalistes. Je pense notamment au fameux texte de Tony Smith à propos de son expérience de la traversée d’une route où, tout en roulant de nuit, il a mesuré l’importance de l’expérience comme réalité dépassant certains préceptes picturaux.
Dans les intentions des land artists, celles de Robert
Smithson en particulier, l’idée est d’investir un territoire neutre où la civilisation n’a pas laissé de traces et d’y inscrire une empreinte à l’échelle du territoire. L’espace peut s’appréhender comme une toile : il faut parcourir des milliers de kilomètres pour aller voir ses pièces. L’œuvre étant difficilement visible dans sa totalité, sauf à la voir d’en haut, il y a comme une réponse évidente et paradoxale au devenir commercialisable de ses productions.
Mais la suite des événements a montré que ses intentions utopiques ont été rapidement récupérées par le système qu’il voulait fuir : les earthworks comme les dénommaient aussi les land artists sont désormais des destinations touristiques. C’est un peu ce dont parle le film d’Aurélien Froment sur Arcosenti, déjà présenté aux Laboratoires d’Aubervilliers.
Cette ville utopique fondée dans les années 70 par Paolo Soleri est devenue un objet de curiosité comme les pièces de Smithson. Elle survit grâce au commerce et au tourisme. Dans le film, le narrateur qui y vit depuis trente ans sert de guide à ce qui apparaît comme un documentaire/mode d’emploi. Il est toujours filmé au premier plan avec ce qu’on devine de la ville en arrière plan. On ne la voit qu’à travers le commentaire très personnel qu’il nous livre. Il agit comme un écran qui nous masque la réalité du devenir de ce projet, avec une dimension assez pathétique et plutôt touchante.
Au Lieu Unique, où le film est présenté sur trois écrans différents, Aurélien Froment a joué avec le côté visite guidée du film pour instituer des points de vue sur l’exposition et ajouter au trouble du regard : on a en permanence le hors champ de l’exposition qui vient interférer avec l’arrière plan du film.

Quel regard portent justement les artistes de l’exposition sur ces utopies ?
Il y a plusieurs degrés. Morgane Tschiember a développé des impressions et des visions que l’on a face au désert, de manière très colorée, en référence directe à la notion de mirage. Armleder a réadapté une de ses Flower Power, avec la dimension métaphorique du road movie présente à travers le cactus et le pneu de 4 x 4. Olivier Mosset, avec ses monochromes, blancs à Nantes et crème à Paris, évoque plus le côté virginal du désert. Mathieu Mercier a réalisé pour Nantes des palettes de cartes postales à partir de photos d’étalages de boîtes de farines où sont représentés un indien et une indienne : cela tire l’exposition vers le côté noir de la civilisation américaine. Que sont devenus les fiers cavaliers de la conquête de l’Ouest qui irradiaient la pellicule de leur bravoure et terrorisaient leurs adversaires dans les westerns de John Ford ? À noter que pour ajouter à ce caractère déceptif, les cartes postales de Mathieu Mercier ne sont pas à emporter, au grand dam des visiteurs, habitués désormais à ce côté take away des expositions d’art contemporain…

Ce rapport déceptif n’est-il pas ce qui unit les artistes de cette exposition avec leurs aînés land artists ?
Si l’on veut comparer avec les artistes du land art, il y a effectivement une dimension intouchable et inaccessible de l’œuvre : on ne peut rouler sur la route de Morgane, marcher sur le sable de Wilfrid et emporter les «souvenirs» de Mathieu.
Il y a de nombreux degrés de lecture qui font que les pièces elles-mêmes agissent comme des écrans ou des prismes.
La référence au land art est assez présente dans sa tentative d’éloigner l’espace où l’on peut accéder aux œuvres, de multiplier les niveaux de perceptions. Mais là où le land art prétendait à une dimension polémique, ici on assiste plus à un nouveau départ, un peu comme si les «échecs» de ce dernier avaient ouvert la voie à de nouvelles possibilités, une fois la désillusion digérée.
Il y aussi une espèce d’effet boomerang : là où le land art allait à la rencontre des espaces naturels en créant de la mythologie, ici on réimporte du paysage au sein de l’espace d’exposition, à la façon d’un laboratoire dont on étudie les effets et les conditions de fonctionnement. La multiplication des strates de lecture et la variation des niveaux métaphoriques des pièces permet de se constituer son propre paysage mental et sa propre vision de ce territoire

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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com
 
 
 
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