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ART | CRITIQUES
Cheryl Donegan, Kate Lowenstein...
Withdrawal
26 févr. - 02 avr. 2005
Paris. Galerie Chez Valentin
Joe Scanlan file la métaphore du thème du retrait du monde, du recul, du reflux, du repli sur soi en parcourant les œuvres aux inspirations diverses et aux médiums multiples de dix artistes américains.


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Chris-Hanson-et-Hendrika-Sonnenberg-<em>Untitled-(coolers)<-em>-2004-polystyrene-et-colle-Courtesy-galerie-Chez-Valentin

Vue-g-eacute;n-eacute;rale-de-l-rsquo;exposition-Courtesy-galerie-Chez-Valentin

Matthew-Ronay-<em>Your-Baseball-Fall-Into-my-Picnic-While-I-Was-Getting-Fucked-In-the-Ass<-em>-2004-encre-et-crayon-sur-papier-21-6-x-28-cm-Courtesy-galerie-Chez-Valentin

Jin-Lee-<em>Untitled<-em>-from-the-Wind-series-2003-2004-c-print-100-x-105-cm-Courtesy-galerie-Chez-Valentin

Vue-de-l-rsquo;exposition-Courtesy-galerie-Chez-Valentin

  
Par Gérard Selbach

Avec Withrawal, le commissaire d’exposition Joe Scanlan, artiste américain, signe une nouvelle exposition à la galerie Chez Valentin. Il présente dix artistes, mais, comme le titre l’indique, il a pris du recul cette fois, il s’est effacé et n’expose pas.

Si une artiste, parmi ceux dont les œuvres sont présentées, est l’incarnation de ce retrait du monde, c’est bien Jin Lee. Photographe drsquo;origine coréenne, elle a pris pour thème la prairie de l’Illinois. Elle observe, en des plans rapprochés, l’évolution de la frondaison des arbres, de la fleuraison des herbes sauvages et autres graminées au cours des quatre saisons pour mieux en rendre ce qu’il y a de fugitif, mieux capter les nuances vibrantes et mieux figer l’éphémère de la beauté dans la froideur d’une atmosphère laiteuse (Untitled, from the Wind Series, 2003-2004).

D’une autre nature sont les douze dessins de Matthew Ronay, des travaux préparatoires à ses œuvres plastiques, des sortes de jouets d’enfants. Mais il ne faut pas s’y méprendre, ses montages d’objets incongrus et naïfs cachent en fait des obsessions érotiques refoulées (withdrawn) et expriment des jeux qui n’ont rien d’enfantin. Ceux-ci révèlent l’écart entre les dehors innocents d’assemblages surréalistes et des pensées scatologiques et pornographiques dont la réalité est soit crûment rendue par des titres qui ne laissent place au doute comme Your Baseball Fell Into My Picnic While I Was Getting Fucked in the Ass (2004), soit suggérée par des titres à double entente comme Chocolate and Sauce (2003).

Chris Hanson et Hendrika Sonnenberg conjuguent leurs efforts pour réaliser des objets du quotidien en polystyrène et colle : ici trois caisses réfrigérantes vertes, entourées de cannettes de soda rouge (Untitled, Coolers, 2004). Ils ont façonné d’autres sculptures en vraie grandeur comme une cuisinière (Hot Point, 2004), une poubelle avec son filet ou des haut-parleurs évoquant une soirée agitée (Third Party, 2004), un sujet repris dans leur Scoreboard (2003-2004), un panneau d’affichage de résultats sportifs, écrasé à terre. Leurs installations suggèrent un équilibre fragile entre paix et chaos, entre communication et incommunicabilité, et symbolisent une interaction difficile entre individus, ainsi qu’entre artistes créant ensemble : une allusion manifestement autobiographique explicitée dans leur vidéo au titre humoristique (Agreement Room, 2002) qui est un montage de scènes de rixes de joueurs de hockey, et dans une deuxième vidéo (World Domination / Walnut Shell, 2004), un dessin très animé, aux images en boucle, d’une souris privée de la parole.

Les vidéos présentent une gageur : celle de tenter de rendre compte d’une histoire dont la linéarité est toujours remise en cause par la manipulation des images, l’esthétique du montage, le découpage de la scénarisation et l’incrustation de la composition musicale. C’est le cas avec la projection des dix vidéos sélectionnées par Joe Scanlan.
Cheryl Donegan est une vidéaste se mettant en scène en train de peindre, comme si elle se regardait des deux côtés du miroir, de la caméra et de l’écran télé. Ce sont des moments de création, des gestes inspirés. Elle est à la fois l’objet et le sujet d’une performance, d’un spectacle vivant (Whoa Whoa Studio, 2001).
Les Leveque reprend deux conférences de presse de deux figures emblématiques de l’Amérique qu’il détourne pour en faire des clips subversifs en langage codé sous-titré. Avec Notes from the Underground, 2003, il fait dire à un Georges W. Bush bredouillant des propos rejetant l’Etat, l’armée et l’intégration dans la société américaine. Dans A Song From The Cultural Revolution, 1997, Bill Gates vente les mérites de la révolution culturelle, non pas ceux apportés par Microsoft, mais par la Révolution de MaoTseTung.

Hirsch Perlman présente quatre clips. Dans le premier duo, il explore les effets sur son imagination de deux musiques et projette deux road movies : l’un, 1st Affect Study (2001), basée sur I Walk the Line de Johnny Cash, et l’autre, 2nd Affect Study (2001), inspiré par Pinnochio de Miles Davies. Quant au deuxième duo, 5th Affect Study (2004) et 6th Affect Study (2004), les musiques d’Antonio Ruiz-Pipo, et de J.S. Bach l’amènent à produire des animations.
Dans White Cons, 2003 (une référence aux congères), Aaron Young a placé une caméra dans une boîte en plastique transparent qui lui sert de balle de football roulant sur un lac gelé. La neige va petit à petit recouvrir l’objectif jusqu’à l’obstruer, la vidéo se terminant sur un écran blanc.

Enfin, moins visible des visiteurs (trop discrète sans doute :

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