Par Sandra Vanbremeersch
réalité et le fantasme, le visible et sa représentation. Dans cette absence de frontière, «voir» devient un acte pornographique, mais libéré.
Les traces de notre imaginaire culturel se retrouvent également dans le travail de Walter Swennen qui dessine dans un trait grossier et vif des personnages de publicité sur fond de peinture abstraite (
King Leo). La peinture devient un acte à temporalit&eacu
e; distendue. L’abstraction est le fruit de pauses et de recommencements de l’artiste sur la toile, puis le dessin est un saisissement sur le vif de figures qui traversent son imaginaire. L’œuvre devient un support immédiat pour le peintre où le regard se transforme en geste, et l’acte de voir retourne au corps.
C’est le corps aussi, celui de Cécile Bart, qui décide de l’inscription des œuvres dans l’espace. Ses voiles de tergal tendus sur cadre et posés sur l’angle du mur laissent apparaître un rectangle de peinture produit sur le même matériau et collé au mur. La perspective visuelle se mêle à la perspective physique. C’est le déplacement du spectateur qui transforme la vision de l’œuvre. Bien que de grande taille et de structure imposante en trois dimensions, ces œuvres sont assez discrètes, dégagées de leur raideur formelle et matérielle. Ici encore, un écart sépare l’acte de peindre et l’acte de voir.
Ce paradoxe entre une discrétion du «voir» et une raideur du «faire» s’affirme encore dans les travaux de Guillaume Millet. L’artiste balance dans un va et vient de techniques diverses, au point que chaque œuvre semble être due à un autre artiste. Ses dessins au crayon de couleur jaune pâle Scène de genre, encadrés, sous verre et alignés, nous laissent dans le trouble quant à ce qui s’y joue. La fragilité du trait, la porosité des teintes pâles confondues du blanc au jaune, se retranchent derrière une mise en œuvre et un accrochage extrêmement formalistes. À l’inverse, la série des
Sans titre exacerbe le contraste et la forme de scènes que l’artiste a photographiées puis travaillées à l’acrylique sur toile jusqu’à l’épuration maximale des signes de l’image. Ne laissant plus au spectateur que la possibilité d’adhérer à froideur formelle de la scène initiale.
Comme un éclat de lumière, Aurélie Nemours vient ponctuer l’exposition.
Quator JF, faite de quatre toiles d’un jaune éclatant juxtaposées en carré, mène vers un au-delà de la matière qui n’est qu’au service de son dépassement. Du côté de la contemplation, que l’artiste juge comme regard actif, se situe donc un «voir» de la peinture que la peinture porte en elle. Presque comme un secret qu’elle retient jusqu’à la tentation du regard du spectateur.
C’est comme un jeu en somme que de manipuler le «voir» en traversant les couches du visible: en sur-visible, la matière; par delà le visible, la lumière; en deçà du visible, l’absence (le néant); et au creux du visible, les strates émotionnels.
L’exposition fait apparaître que «voir» est un acte distendu entre le corps et l’esprit et que la peinture, en ce sens, invite toujours à une autre peinture pour complexifier ce mouvement de nos sens. Dans sa diversité, la peinture à la fois nous libère et nous contraint, au même titre que «voir» est ce va et vient entre prendre et recevoir.
Œuvre(s)Adam Adach
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Maisons Blanches, 2003. Huile sur bois. 130 x 162 cm.
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Cours du soir , 2003. Huile sur bois. 46 x 38 cm.
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Mondo novo, 2003. Huile sur toile. 61 x 120 cm.
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Plan B, 2003. Huile sur bois. 130 x 162 cm.
Isabelle Arthuis
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Sans titre, 2003. Installation pour l’exposition «Voir en peinture».
Martin Barré
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87-89–108 x 108, 1987-89, Acrylique sur toile. 108 x 108 cm.
Cécile Bart
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En deux temps trois, 2003. Peinture glycérophtalique, tergal «Plein Jour», châssis aluminium.
Marc Desgrandchamps
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Sans titre, 2001. Huile sur toile. 200 x 150 cm.
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Sans titre, 2002. Huile sur toile. 200 x 140 cm.
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Sans titre, 2003. Huile sur toile. 35 x 43 cm.
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Sans titre, 2003. Huile sur toile. 35 x 43 cm.
Philipp Guston
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Sans titre, 1971. Huile sur papier marouflé sur bois. 55 x 71,5 cm.
Ann Veronica Janssens
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Scub color, 2002. DVD.
Alix Le Méléder
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Sans titre, 2003. Huile sur toile. 200 x 200 cm.
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Sans titre, 2003. Huile sur toile. 200 x 200 cm.
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Sans titre, 2003. Huile sur toile. 60 x 60 cm.
Eugène Leroy
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Couple