ART | CRITIQUES
Daniel Lefcourt, Scott Lyall...Galerie Sutton Lane For the People of Paris 06 janv. - 12 févr. 2007
Paris. Galerie Ghislaine Hussenot
La galerie londonienne Sutton Lane consacre une exposition collective à la fine fleur de ses artistes. Une exposition éclosion.
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Par Nicolas Bauche Quelques traits, la précision d’un angle de prise de vue et c’est tout le monde intérieur de l’artiste qui s’imprime sur la toile ou la photo. Avec plus ou moins de maturité, le temps que les choses s’ajustent d’elles-mêmes. Sean Paul, Eilenn Quinlan, Michael Krebber pour ne citer qu’eux, ont déjà eu les honneurs des cimaises parisiennes mais, d’une exposition à l’autre, leur travail a gagn&eacu e; une maturité que l’on n’attendait peut-être pas de sitôt.
On avait déjà remarqué les recherches géométriques de Quinlan il y a un an de cela. Une œuvre prometteuse. Elle revient avec deux photos en noir et blanc. Deux travaux où la composition semble créer l’abstraction, subvertir le réel et son prosaïsme. Sur l’une d’elles, on distingue deux vitres sur lesquelles l’artiste fait jouer la lumière, ses reflets et même des grains iridescents. L’autre cliché présente la même facture graphique. Les angles et leur géométrie coupante ensevelissent les objets sous l’ombre et la lumière. Ce n’est qu’un morceau de sopalin et pourtant c’est plus que cela: un travail sur la texture, le grain de la matière que seul le noir et blanc et des tirages de qualité peuvent révéler (pour combien de temps encore? La mise à sac d’Imaginoir annonce le pire.)
L’exposition collective For the people of Paris se conforme souvent au système de doublet que l’on observe chez Quinlan. Comme si chaque œuvre obéissait à un principe de gémellité artistique où une pièce engendre forcément son alter ego. Un trait noir, épais, presque gras et baveux –un tag?– barre ainsi le mur nu de la galerie. Par terre, des anémones fraîchement coupées ont été déposées. Plus loin, un grand format à la blancheur presque virginale: le haut de la toile a été bombé de noir et décoré des mêmes fleurs. Le principe est donc simple, presque enfantin. Utiliser le mur comme support, déplacer une œuvre faite dans les lieux mêmes pour en révéler une autre. Cette manière de concrétiser l’absence de l’art est probablement l’une des plus belles métaphores du deuil. Mais de ce monument aux morts naît une belle poignée d’artistes. Œuvre(s)Daniel Lefcourt
— Condition Subsequent, 2006. Acrylique sur toile. 130 x 50 cm, en 13 éléments.
Sean Paul
— Mona Lisa Anemone, 2007. Toile, plastique,ruban adhésif. 120 x 80 cm.
Scott Lyall
— Recollage 16, 2006. Papier imprimé, encre et graphite sur papier Somerset. 77.5 x 61 cm.
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