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ART | CRITIQUES
Ready to Shoot: Fernsehgalerie Gerry Schum
23 oct. 2004 - 02 janv. 2005
Paris. Musée d’art moderne de la Ville de Paris
Présentation de l’ensemble des films réalisés grâce à l’Allemand Gerry Schum pour la télévision à partir de 1967 afin de donner vie à une utopie: la rencontre entre le grand public et l’art le plus contemporain et le plus difficile — Land Art, art conceptuel et Arte povera qui émergent à la fin des années 1960.


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Ger-van-Elk-<em>Sans-titre<-em>-1970-Tournage-de-<em>Identifications<-em>-©-Ursula-Wevers-Cologne

Gino-de-Dominicis-<em>Tentativo-di-Volo<-em>-1970-Film-produit-comme-contribution-sans-titre-agrave;-la-deuxi-egrave;me-Fernsehausstellung-©-Ursula-Wevers-Cologne

Gerry-Schum-1969-Photo-du-tournage-de-<em>Land-Art<-em>-Dartmoor-Angleterre-©-Ursula-Wevers-Cologne

Joseph-Beuys-<em>Filz-TV<-em>-1970-Film-produit-comme-contribution-sans-titre-agrave;-la-deuxi-egrave;me-Fernsehausstellung-©-Ursula-Wevers-Cologne

  
Par Lucile Encrevé

Un peu court ? On voudrait qu’une exposition aussi passionnante que celle consacrée, sous le nom de Ready to Shoot, à l’activité de Gerry Schum, qui a porté la réalisation de films et vidéos, essentiels à l’histoire de l’art autour de 1970, et qui a tenté d’utiliser la télévision comme un nouvel espace artistique, soit mieux accueillie à Paris dans le beau lieu temporaire de r&eacue;sidence de l’ARC.

Pourquoi ne laisser qu’un seul mois de visibilité à cette exposition itinérante, organisée par la Kunsthalle de Düsseldorf, qui ne doit gagner sa prochaine étape, la Norwich Gallery, que le 12 janvier 2005 ? Pourquoi ne lui consacrer qu’une moitié de la surface du Couvent des Cordeliers ? Pourquoi accueillir avec elle, dans le même espace, deux interventions, d’Olivier Bardin et de David Robbins, qui ne gagnent rien à être vues à ses côtés ? Pourquoi ne pas avoir traduit le catalogue de l’exposition, un outil de référence pour toute personne s’intéressant à l’art de la seconde moitié du XXe siècle, mais avoir édité un petit fascicule consacré pour moitié à la trentaine d’artistes ayant travaillé avec Schum et pour moitié à Bardin et Robbins ? Je n’ai pas trouvé de réponses.

Il faut tout de même se réjouir que cette exposition ait pu venir jusqu’à nous, après avoir été montrée à Düsseldorf, au Luxembourg et à Porto. Elle présente l’ensemble des projets qui ont vu le jour grâce à Gerry Schum, qui, né à Cologne en 1938, se suicide en mars 1973.
La scénographie de l’exposition suit l’activité de Schum de manière à peu près chronologique. On découvre en entrant, présentés sur deux écrans, les films sur l’art que Schum réalise à partir de 1967 pour la télévision. C’est cet intérêt pour la télévision qui va guider ses projets suivants : il va mettre en effet en place la Galerie télévisuelle (Fernsehgalerie) Gerry Schum, grâce à laquelle il souhaite donner vie à une utopie, celle de la rencontre entre le grand public et l’art le plus contemporain et le plus difficile — Land Art, art conceptuel et Arte povera qui émergent à la fin des années 1960 — au moyen de ce nouveau lieu possible de transmission qu’est la télévision.

L’aventure commence au printemps 1968. Gerry Schum contacte le Sender Freies Berlin (SFB) pour organiser une exposition télévisuelle titrée "Land Art", de 35 minutes, qui sera diffusée sur la première chaîne de la RFA le 15 avril 1969 à 22h40. Elle réunit des films dans et avec la nature de Richard Long, Barry Flanagan, Dennis Oppenheim, Robert Smithson, Marinus Boezem, Jan Dibbets, Walter De Maria et Michael Heizer, précédés d’images prises lors de la première présentation du film dans un studio du SFB le 28 mars 1969.
Ces films sont présentés à l’ARC sur six écrans incrustés dans une première cimaise basse et ondulée, avec, en vis-à-vis, des photographies des tournages. En noir et blanc, rarement en couleur, ces œuvres qui appartiennent à l’histoire du Land Art frappent par la construction de leur espace et le caractère minimal et très épuré des interventions qui y prennent place.
Ainsi, 12 Hours Tide Object with Correction of Perspective de Jan Dibbets, réalisé en février 1969 : un tracteur semble former, en roulant sur le sable d’une plage hollandaise, un cadre rectangulaire à l’intérieur du rectangle de l’écran, image que Dibbets obtient en corrigeant la perspective, comme il l’a déjà fait l’année précédente dans une célèbre série de photographies.

On mesure alors l’incroyable audace de Schum : présenter des œuvres très difficiles — aucune narration, une esthétique austère — appartenant pleinement au High art — à l’opposé à l’époque du Pop art ou aujourd’hui de la culture de l’Entertainment mise en avant par exemple dans le plateau télévisé reconstitué de David Robbins — à un public auquel on ne délivre pas d’explication, qui doit de lui-même apprendre à voir.

En passant derrière la cimaise, on découvre de nombreuses vitrines présentant une abondante et exhaustive documentation issue des archives de Gerry Schum et de son épouse Ursula Wevers. Sont présentées aussi deux interventions télévisées de Keith Arnatt et de Jan Dibbets produites par la Galerie télévisuelle Gerry Schum et diffusées par la Westdeutscher Rundfunk (WDR), station du Land de Nordrhein-Westfalen émettant sur la troisième chaîne.

Dans la même salle sont surtout montrés, sur des socles et au sein d’une seconde cimaise basse et ondulée, les films constituant la deuxième

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