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ART | CRITIQUES
Rainier Lericolais
Rainier Lericolais
04 sept. - 09 oct. 2004
Paris. Galerie Jean Brolly
La galerie Jean Brolly présente ce mois-ci et jusqu’au 9 octobre le travail de Rainier Lericolais. Cette œuvre se déploie sous plusieurs formes : iconique, sonore et sculpturale.


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Rainier-Lericolais-<i>Colombages<-I>-2004-Encre-sur-papier-150-x-107-cm-Courtesy-galerie-Jean-Brolly

Rainier-Lericolais-<i>Fleurs<-I>-2002-Encre-sur-papier-126-x-92-cm-Courtesy-galerie-Jean-Brolly

Rainier-Lericolais-<i>Copie<-I>-2004-Carton-Dimensions-variables-Courtesy-galerie-Jean-Brolly

  
Par Philippe Coubetergues

La galerie Jean Brolly présente ce mois-ci et jusqu’au 9 octobre le travail de Rainier Lericolais. Cette œuvre se déploie sous plusieurs formes : iconique, sonore et sculpturale.

Tout d’abord le son : une musique électronique issue de sons diversement retravaillés, filtrés, répétés, déviés. Une acoustique restructurée à partir d’ambiances préenregistrées. Un ensemble au final composé. Le résultat n’est pas arbitraire ni aléatoire ; en un mot il est muscal. On se prend immédiatement à faire des liens avec ce que l’on voit : des images également pré-existantes, des images récupérées et retravaillées. Cartes postales agrandies et photocopiées sur papier glacé et brillant, vue d’architectures de diverses époques, retravaillées au pinceau humidifié. L’encre se dilue, bave légèrement, le motif se défait, mais l’image se maintient. L’effet aquarellé du traitement renvoie l’image vers la peinture qu’elle cite plus ou moins explicitement : impressionnisme, expressionnisme, mais aussi vers les arts graphiques et la gravure. Procédés citationnels par effet secondaire plus que par intention délibérée. Il s’agit plutôt de faire dévier, de réorienter.

La sculpture (Copie) est adossée au mur de la galerie. C’est une structure d’échafaudage parisien reconstituée en carton. On y retrouve le geste précis et la minutie de l’orfèvre, la contradiction entre la fragilité du matériau et son effet de solidité. La qualité de finition également, la volonté de faire quelque chose qui tient debout, qui s’impose, s’émancipe de son référent sans le trahir.

Tout cela est assez efficace, assez net, mais ne suffit pas encore à convaincre. Plus loin, sur le mur, un dessin polychrome réalisé au pistolet à colle, une vue panoramique de fragments de villes aboutés. Le filament de colle déposé puis décollé des images ainsi décalquées se retrouve suspendu, épinglé sur fond de mur blanc à hauteur du regard. La colle séchée a la robustesse du plastique mais le dessin ainsi brodé conserve en apparence la fragilité d’un bâti de couture. Et sur cette image, les choses se relient finalement entre elles. On serait tenté d’utiliser le vocabulaire si précieux des ouvrages de couture pour envisager la démarche ; il y serait question de découdre l’image, de la défiler, de lui retirer sa trame puis de la repriser, de recoudre les sons en musique, de retenir la figuration par un fil, etc.

Trêve de broderie. Il y a cependant quelque chose d’effilé dans ce travail qui donne à l’œuvre sa force et sa tenue.

Œuvre(s)
Black Belts, 2002. Huile sur toile. 86 x 122 cm.
Copie, 2004. Carton. Dimensions variables.
Géo, 2004. Colle déposée au pistolet. 30 x 500 cm.
Colombages n°1, 2004. Encre sur papier. 150 x 107 cm.
Colombages n°2, 2004. Encre sur papier. 150 x 107 cm.
Colombages n°3, 2004. Encre sur papier. 150 x 107 cm.
Boo, 2002. Encre sur papier. 123 x 92 cm.
Fleurs, 2002. Encre sur papier. 126 x 92 cm.
Birmingham, 2004. Encre sur papier. 89 x 126 cm.

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