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ART | CRITIQUES
Paris Project Room
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Paris. Paris Project Room (ex)
Paris Project Room n’est pas une galerie. C’est une aire d’expériences artistiques qui veut abolir la traditionnelle frontière entre “art” et “réalité”, et établir des rapports avec le public conformément à cette formule de Duchamp: le ready-made est légitime que s’il peut être réciproque...


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INFOS PRATIQUES

  
Par Sandrine Moreau

Paris Project Room est un espace d’expérimentations artistiques ouvert depuis mars 2001. Il a vu le jour sans aucune subvention, mais grâce à la volonté énergique de deux plasticiens : Seul-gi Lee et Simon Boudvin.
Ce petit local de 17 m2 situé par choix dans le quartier cosmopolite et populaire du Faubourg-Saint-Denis, dans le Xe arrondissement de Paris, se présente comme un bureau, une boutique avec pignon sur rue : trois mètes de longueur de vitrine.

Les murs de Paris Project Room sont de couleur gris clair. On est loin du grand cube blanc des galeries traditionnelles. L’étroitesse du lieu révèle une insertion dans un quartier très peuplé, une cohabitation dans un espace urbain réduit. Cette exiguïté est aussi le signe d’une modestie financière.

Mais l’action menée par l’équipe n’est qu’une question d’image. On peut lire sur le site internet : « Paris Project Room n’est pas une galerie. Pour y comprendre quelque chose, il faudra y faire un contre-pas. Imaginez que tout ce qui se trouve à l’extérieur de cet espace est art et que tout ce qui se présente à Paris Project Room est réalité. Chaque exposant est tenu de partir de cette hypothèse pour nous proposer une ou sa réalité. La traditionnelle frontière entre les catégories “art” et “réalité” se trouve toujours au seuil de la porte, mais cette fois-ci nous reconsidérons les choses et retournons leur relation comme une chaussette. Le lieu se pose alors comme une aire d’expériences qui rend visibles les projets naissant sur le terreau réel, qui offre le socle pour fonder ce qui va suivre. Il ne s’agit pas seulement de nommer le chat “chien” et le chien “chat”, mais de briser le cadre doré, de proposer aux acteurs, aux musiciens sur scène de regarder jouer le public sur les gradins, d’entendre leur respiration comme leur musique, leur vie comme leur décor. On a trop vite réduit la sentence duchampienne pour en tirer profit : le ready-made est légitime que s’il peut être réciproque... »

Et cela est signé Marcel Wallace, personnage fictif créé par See-gi Lee et Simon Boudvin. Une nouvelle marque d’humour, une autre manière de briser le cadre doré.

Leur humour est générateur d’une formidable créativité. En un an, vingt-cinq expériences-événements. Ce qui les a intéressé, c’est de créer des couples artificiels d’artistes, de présenter au minimum deux artistes à la fois, de les exposer ensemble afin d’explorer les expériences de collaborations, de cohabitations. Deux pièces personnelles qui réagissent entre elles ou une pièce commune : « Dès le départ ce qui est moteur, c’est la volonté que cet espace ne soit pas une vitrine à ambitions, mais un support à projets », déclare Seul-gi Lee.

Dès la première exposition, l’échange entre l’artiste et le lieu fonctionne. Charlotte Beaurepaire réalise une installation transparente avec du mobilier qui fait apparaître l’espace nu. Gaël Amzallag dispose 15 mille billets de banque en vente par liasses. Chaque billet correspond aux objets que l’artiste possède chez lui.
Autour de Take a Way, Julie Morel et Ileana Gonzales explorent chacune leur biographie. La première a photographié dans la banlieue de Lyon les lieux d’habitation de personnes décédées le jour de sa naissance. Les images sont reproduites sur des gâteaux d’anniversaires comestibles, partagés et consommés à la fin de l’exposition. Ileana Gonzalez présente des images et le discours à La Sorbonne du président du Venezuela, son pays d’origine.
Julia Rometti dialogue à distance avec Santiago Reyes. Elle projette ses images prises lors d’une résidence à Budapest. Santiago Reyes parti lui-même dans la capitale hongroise répond quotidiennement sur un répondeur à « How do You Feel in Budapest ? ».
Pour l’aménagement Instant Background c’est une même sensibilité plastique qui semble découler du couple Soyoung Chung et Michèle Wallerich. Le papier peint et la pièce sonore de l’une forment une unité avec l’installation-paravent de milliers de confettis de l’autre.
Nicolas Chardon et Gyan Panchal ont manifesté la volonté de travailler ensemble. Ils ont présenté plusieurs pièces personnelles qu’ils ont confrontées. Nicolas Chardon expose par son travail pictural tout le processus de réalisation. Dans un complément à une réflexion sur l’exposition, Gyan Pansal réalise une table découpée et des étagères de rangement sans ouverture.
Cécile Hartmann perçoit le local comme une salle d’attente. Elle y dispose des valises-tableaux. Celles-ci étaient confrontées à une vidéo de Luidji Beltrame : des morceaux de films montrant un mannequin qui s’ennuie.

Aussi ces projets communs furent souvent une prise en considération du corps du lieu. Paolo Code, lors

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