PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   CONTACT : PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art
    RECHERCHER  
  
  Newsletter
 
 
  Lieux
  Aujourd'hui
  Vernissages
  Blogs
  Forums
  Galeries perso
  Petites annonces
ART | CRITIQUES
Oswaldo Gonzalez
Oswaldo Gonzalez
21 févr. - 02 mars 2003
Paris. Jeune Création
Entre photo, action, vidéo et sculpture; entre l’art et la vie: des actions naïves, joyeuses et surprenantes qui se déroulent dans la rue, les jardins, ou les parkings. Des œuvres en forme de propositions absurdes et malicieuses lancées au bon sens et aux conventions.


Cliquez sur les images
pour les agrandir et lire les légendes



RÉAGIR
INFOS PRATIQUES

Oswaldo-Gonzalez-<i>Sans-titre-(Chantier)<-I>-2002-Photo-numerique-sur-papier-©-Oswaldo-Gonzalez

Oswaldo-Gonzalez-<i>Sans-titre-(Flamants)<-I>-2002-Photo-numerique-sur-papier-©-Oswaldo-Gonzalez

Oswaldo-Gonzalez-<i>Sans-titre-(Pelouses)<-I>-2002-Photo-numerique-sur-papier-©-Oswaldo-Gonzalez

Oswaldo-Gonzalez-<i>Sans-titre-(Girafes)<-I>-2002-Photo-numerique-sur-papier-©-Oswaldo-Gonzalez

Oswaldo-Gonzalez-<i>Sans-titre-(Parking)<-I>-2002-Photo-numerique-sur-papier-©-Oswaldo-Gonzalez

  
Par Pierre-Évariste Douaire

Oswaldo Gonzalez présentait déjà l’an passé des œuvres pleines d’humour et de malice. C’est donc un grand plaisir de le revoir cette année à l’exposition de la Jeune création.
L’artiste vénézuélien poursuit ses travaux tout en proposant de nouvelles pistes. Il pratique un art qui s’inscrit dans un champ artistique élargi entre photo, action, vidéo et sculpture. Chez lui, l’art et la vie se confondent. Ses actions se déroulent dans la rue et les jarins, elles sont aussi joyeuses que surprenantes. Mais ces propositions naïves dissimulent des risques, des chutes. En se mettant en scène notre artiste devient un antihéros.

Les œuvres fonctionnent comme des propositions. Ce sont des tests absurdes et malicieux lancés au bon sens et aux conventions. La poésie et l’imagination sont les relais de ces velléités utopistes.
Oswaldo Gonzalez nous conte des mini-récits qui sont autant de légendes urbaines. Placé en-dessous des photographies, ces légendes racontent comment se sont passées les actions qu’il nous raconte. Les rêves de l’artiste se heurtent violemment aux règles de l’urbanisme, du code de la route, ou de la bienséance. Pas d’hagiographie mais un culte de l’antihéros. Notre conteur-plasticien sort toujours vaincu de ses démarches artistiques. Malgré les difficultés, il n’abandonne jamais, et tant pis si les gens ne comprennent vraiment rien à l’art contemporain !

Le terrain de jeu de l’artiste c’est la ville, et plus généralement le quotidien le plus proche mais pas forcément le plus banal, car il regorge de perpétuels promesses. Gonzalez change les panneaux de signalisation d’entrée et de sortie du parking de son immeuble, il inverse également des containers, change les feux de signalisation. La confusion qu’il provoque annonce aussi un monde en devenir, une imagination en marche, même si le bout de la course se révélera être une impasse. L’échec n’est jamais évité, il est même palpable dès le début et sert de « runing gag ». Les projets naïfs de Gonzalez se soldent par des passages devant les autorités. La justice le traîne en procès, les co-popriétaires de sa résidence l’expulse de son logement. Décidément, les gens ne comprennent rien à l’art contemporain !

Ces petites farces sont légères et amusantes, mais elles révèlent aussi la difficulté pour l’artiste de créer, de faire accepter son œuvre à ses contemporains. Le lien qu’il tente de tisser entre l’art et la vie n’est ni facile ni évident. Derrière la dérision des propositions, vouées dès le départ à l’échec, se cache des interrogations plus vastes sur le rôle de l’artiste. L’artiste n’est plus prométhéen ni christique, il est ridicule, il se complaît dans « l’idiotie » (Jean-Yves Jouannais).

La tâche de l’artiste est d’être voué aux gémonies, à l’opprobre populaire, il ne peut que se heurter à l’incompréhension de ses contemporains. Il ne peut envisager qu’un travail répétitif comme dans Pelouse interdite (2001) où il consigne scrupuleusement toutes les choses, les objets qui se trouvent sur un parterre végétal. La photo-légende fonctionne sur le principe des notes de bas de page. De nombreux chiffres constellent la photo. Ils renvoient à des définitions fournies en index : papier gras, champignon retourné, etc. L’artiste ne peut que consigner l’insignifiance du réel.

En 2003, Oswaldo Gonzalez poursuit ses investigations artistiques dans le domaine sportif. Cette fois-ci il tente d’améliorer les performances des athlètes. Il place des punaises ça et là pour obtenir de la part des participants des hauteurs de saut plus conséquents. Mais vous connaissez la morale de cette histoire ! La chute est toujours au rendez-vous.


Légendes accompagnant les photos ci-contre :

Sans titre (Ours)
...Un de mes premiers travaux consistait à modifier les codes visuels auxquels nous sommes quotidiennement confrontés. Pour ce faire je me suis servi de l’exotique couple d’ours blancs du parc Zoologique dont le blanc est à l’origine de leur célébrité. Mon travail consistait à teindre en bleu un des deux individus de cette espèce en extinction, afin d’ajouter un peu de gaîté à leur terne existence. La conséquence de mon intervention a été que le couple a commencé à se déchirer en raison de la couler de leur fourrure, l’individu blanc ne se reconnaissant plus dans le bleu et vice-versa; ce qui a entraîné par la suite l’isolement total de chacun, aggravant ainsi le fragile équilibre de cette espèce en captivité. Trois mois plus tard l’individu blanc décédait de chagrin, déçu de ne pas pouvoir perpétuer l’espèce. Une semaine après l’individu bleu décédait à son tour, car sans espoir de se reproduire; à quoi bon vivre. Quant à moi, sachant que j’étais le responsable de cette intervention je décidai d’annoncer à la direction de l’établissement que j’étais le responsable, en leur expliquant qu’il s’agissait d’une œuvre d’art. La suite moins heureuse a été que j’ai été accusé de l’extinction de l’espèce. Décidément, les ours blancs et la direction du parc zoologique ne comprennent rien à l’art contemporain...

Sans titre (Chantier)
1. Pavés. 2. Caillou. 3. Tas de feuilles. 4. Panneau de chantier interdit. 5. Poutrelle métallique. 6. Barrière. 7. Feu arrière d’une moto. 8. Brique. 9. Joint des pavés. 10. Macadam. 11. Ticket de métro. 12. Feuille de platane. 13. Poteau du panneau de sens interdit. 14. Chaîne sur le mur. 15. Mégot de cigarette. 16. Cadenas. 17. Plaque d’égout. 18. Branche séchée. 19. Morceaux de carton. 20. Chewing-gum. 21. Pipi de chien. 22. Tiges sèches. 23. Taches au sol. 24. Ciment. 25. Mouchoir en papier. 26. Trottoir. 27. Paquet de Gauloises. 28. Tache de peinture. 29. Traces d’un graffiti. 30. Tache d’humidité. 31. Tronc d’arbre.

Sans titre

     Page 1 / 2           Page suivante  
RÉAGIR
INFOS PRATIQUES
 



Rechercher une critique d'expo







 DÉPÊCHES
Quoi de neuf sur les planches? : Pièces classiques et contemporaines, têtes d'affiche et personnalités inattendue ...
Orsay joue les grandes stars de la peinture : Son nouveau président, Guy