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ART | CRITIQUES
Mathew Hale
Tasuk! Tsukku-san!
13 oct. - 17 nov. 2007
Paris. Galerie Michel Rein
L’oeuvre de Mathew Hale pourrait être un joyeux conglomérat de papiers collés rehaussés d’encre, un ensemble bancal d’éléments collectés à la dérobée, par le simple fruit du hasard. Mais à y regarder de près, elle se remplit de contraintes, de règles propres à animer la forme et le fond ainsi qu’à en déterminer l’accès.


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Par Emmanuel Posnic

Mathew Hale présente chez Michel Rein une série de travaux provenant de The Miriam books, un ouvrage dans lequel l’Anglais applique ses procédures de montage des images et des textes. Parmi celles-ci figure sa volonté de ne pas choisir l’ordre des pages.
Une fois détachées, elles sont empilées et livrées l’une après l’autre à la sagacité de l’artiste. Le collage d’&ecute;léments satellites, souvent incongrus, intervient toujours lorsque le dessin à l’encre n’a pas été suffisamment pertinent. Car si l’intuition et la "fulgurance" de la main priment sur l’organisation patiente du montage, Mathew Hale s’interdit l’échec, quitte parfois à reprendre les réalisations les moins abouties.

Une hygiène de la création en quelque sorte qui n’aboutit pas pour autant à l’assèchement du contenu. Mathew Hale maintient de la fraîcheur, de la légèreté, une certaine irrévérence devant son sujet et la manière de l’exposer. La page n’existe plus en tant que telle, elle s’intercale dans un espace plus vaste, une planche si on devait le rapporter à l’univers de la bande dessinée. Un bureau pour être plus exact, un bureau disposé à la verticale où plusieurs éléments s’entremêlent, avancent l’un vers l’autre, disparaissent éventuellement les uns derrière les autres.
Mathew Hale joue d’ailleurs sur la segmentation des plans ainsi que sur l’élasticité de ses cadres (un grand cadre toujours accompagné de petits aux formats différents).
Dessins, collages, manipulations orchestrées par des procédures drastiques de travail: chez Mathew Hale, le livre s’enfouit sous les décombres de ses multiples interventions. Mais il le sait bien puisqu’il le provoque, c’est une fois désarticulé que le livre montre sa vraie nature, sa capacité à débusquer, dans le rapport frontal texte-image, les raccourcis du langage.

Œuvre(s)
Mathew Hale
Pages 29 of Miriam’s Quest For Love, 2007. Collage, matériaux divers. 68,5 x 102,5 x 10 cm
Page 181 of Mrs. Gillray (Part 1), 2007. Matériaux divers. 103 x 154,5 x 6 cm.
Page 2 of Mrs. Gillray, 2007. 45,5 x 30,5 x 3 cm. Feutre sur papier

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