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ART | CRITIQUES
Marc Desgrandchamps
Marc Desgrandchamps
11 janv. - 06 mars 2006

La peinture de Marc Desgrandchamps, à l’esthétique surréaliste en voie de liquéfaction, n’est que doute: «Doute de la figure, de la présence et même de la peinture». En proie à une décomposition organique, l’image se détache en lambeaux.


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Marc-Desgrandchamps-<i>Sans-titre<-i>-2005-Huile-sur-toile-200-x-150-cm-Courtesy-Galerie-Zurcher-Paris

Marc-Desgrandchamps-<i>Sans-titre<-i>-(detail)-2005-Huile-sur-toile-200-x-280-cm-Courtesy-Galerie-Zurcher-Paris

Marc-Desgrandchamps-<i>Sans-titre<-i>-2004-Huile-sur-toile-Triptyque-200-x-450-cm-Courtesy-Galerie-Zurcher-Paris

Marc-Desgrandchamps-<i>Sans-titre<-i>-2005-Huile-sur-toile-200-x-450-cm-Courtesy-Galerie-Zurcher-Paris

  
Texte Par Muriel Denet

Le travail de l’artiste, disait Marcel Duchamp, réside dans le choix. À l’ère de la démultiplication des possibles, un espace de liberté sans limites s’ouvre comme un gouffre abyssal aux pieds du peintre devant sa toile. Au moins a-t-il choisi son médium. Mais plus aucune proposition ne saurait être certaine d’elle-même.
Ainsi la peinture de Marc Desgrandchamps n’est-elle que doute: «Doute de la figure, de la présence et même de la peinture». Et l’accrochage dune douzaine de toiles récentes aux cimaises de l’Espace 315 laisse d’abord perplexe le spectateur dont c’est le tour de se perdre dans les couches successives de pâte fluide, chargées d’espaces aussi familiers qu’oniriques, d’amorces de narrations avortées et de fantômes.

Pour autant les compositions sont tout aussi solidement charpentées que les femmes plantureuses qui envahissent les premiers plans. Les œuvres modulaires occupent des panneaux de 2 m sur 1,50 m, autonomes ou assemblés.
Dans ce format vertical, se tiennent debout des figures qui font «trait d’union entre deux ou trois bandes horizontales», dont la fusion modèle des paysages de vacance(s), aussi évanescents que les premiers plans qu’ils transpercent. Paradoxalement, la seule opacité résistante est celle du ciel. D’un bleu artificiel et immuable, il semble annoncer une nuit proche qui n’en finirait pas de monter de la terre.
Là s’entremêlent des corps tronqués, des ombres incongrues, des objets épars et abandonnés, chaises de jardin et draps de bain, des battements d’ailes de pigeons qui volètent de toile en toile, des nuages compacts et blancs, dans une esthétique surréaliste en voie de liquéfaction. De multiples stratagèmes picturaux n’en finissent pas de dissoudre les hypothèses. En proie à une décomposition organique, l’image se détache en lambeaux.

À l’ère de la retouche numérique qui use de calques, de fusions, et de copier-coller, on ne s’étonnera pas de ces effets de surimpression qui phagocytent les formes de façon apparemment aléatoire: ici c’est une épaule nue qui résiste, quand le corps n’est plus que spectre, là des bras se déchirent au-dessus de la mer. Ni de ces échantillons prélevés ça et là qui se cristallisent en contrepoints et ancrent l’image à quelque infime certitude. Ni encore de l’incohérence dans l’ordre des superpositions: c’est devant le visage d’une baigneuse plaqué contre l’azur que s’étire la trace blanche d’un avion.
Mais tout ceci est bel et bien de la peinture, matière soumise, comme tout autre à la loi de la gravité. Elle coule, entraînant dans ses fuites ce qu’elle a mis à jour.

Seul le trait clair et coloré qui dessine les tongs aux pieds des femmes s’affirme sans coulure. Car c’est éternellement l’été chez Desgrandchamps, mais sans sa lumière revivifiante. Si la chaleur déshabille les corps, incite à la baignade ou à la promenade, l’atmosphère confinée est glauque, les couleurs éteintes. Une inquiétante étrangeté baigne la surface de la toile qui fait bloc.
Aucune hiérarchie, ni des plans ni des motifs, pas de début ni de fin, le scénario est liquide. Ne serait-ce pas un cadavre dans ce hors-bord fantôme? Une tache de sang au pied de cet absurde jeu pour enfant? La peinture de Desgrandchamps est toute de réminiscence : souvenirs, rêves, photographies, trouvées ou prises, peinture, de Poussin (les bleus du ciel et le rose des rubans) à Picasso (les femmes monuments). Mais elle se souvient d’abord des lieux du crime. Le doute certes, le soupçon surtout, celui d’un long effondrement qui mine le monde depuis toujours. Le titre générique de ces toiles sans titre pourrait être: «Prélude à l’extinction».

Œuvre(s)

Sans titre, 2005. Huile sur toile. Quatre panneaux. 200 x 150 cm chaque.
Sans titre, 2005. Huile sur toile. 200 x 150 cm.
Sans titre, 2005. Huile sur toile. 200 x 150 cm.
Sans titre, 2005. Huile sur toile. 200 x 150 cm.
Sans titre, 2005. Huile sur toile. Diptyque. 200 x 150 cm chaque.
Sans titre, 2004. Huile sur toile. Triptyque. 200 x 150 cm chaque.
Sans titre, 2004. Huile sur toile. Quatre panneaux. 200 x 150 cm chaque.
Sans titre, 2005. Huile sur toile. Diptyque. 200 x 150 cm chaque.
Sans titre, 2005. Huile sur toile. Diptyque. 200 x 150 cm chaque.
Sans titre, 2004. Huile sur toile. Triptyque. 200 x 150 cm chaque.
Sans titre, 2003. Huile sur toile. Triptyque. 200 x 150 cm chaque.
Sans titre, 2005. Huile sur toile. Diptyque. 200 x 150 cm chaque.

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ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com
 
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