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ART | CRITIQUES
Liam Gillick
Liam Gillick, Construccion de uno
26 janv. - 27 mars 2005
Paris. Palais de Tokyo
Par l’association texte/installation, Liam Gillick révèle dans une esthétique minimaliste le fonctionnement des sociétés capitalistes tout en questionnant la frontière entre le documentaire et la fiction.


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Liam-Gillick-<i>-and-Punctuated-Everydays<-i>-2003-Vue-de-l-installation-a-la-galerie-Schipper-Krome-Berlin-Courtesy-galerie-Air-de-Paris

Liam-Gillick-<i>Hills-and-Trays-<-i>-2003-Vue-de-l-installation-a-la-galerie-Max-Hetzler-Berlin-Courtesy-galerie-Air-de-Paris

Liam-Gillick-<i>Consciens-Lobby<-i>-2001-Installation-permanente-a-Telenor-Headquarters-a-Oslo-poudre-aluminium-verre-texte-en-vinyl-Courtesy-galerie-Air-de-Paris

Liam-Gillick-<i>Platformed<-i>-2003-Poudre-aluminium-plexiglas-Courtesy-galerie-Air-de-Paris

Liam-Gillick-<i>-and-Punctuated-Everydays<-i>-2003-Vue-de-l-installation-a-la-galerie-Schipper-Krome-Berlin-Courtesy-galerie-Air-de-Paris

  
Par Isabelle Soubaigné

Voyage au cœur du Texte court sur la possibilité de créer une économie de l’équivalence : Liam Gillick nous invite à traverser les représentations plastiques extraites de son livre Construccion de uno. L’aventure d’un groupe d’ouvriers qui tente de faire revivre l’usine désaffectée dans laquelle ils ont travaillé durant des années s’expose sous forme d’images tridimensionnelles. Par l’association texte/installation, l’artiste révèle le fonctionnementdes sociétés capitalistes tout en questionnant la frontière entre le documentaire et la fiction.

L’esthétique minimaliste utilisée par Liam Gillick nous met face à une idée de paysage. Comme une mise en abîme de l’idéal d’économie équitable pratiqué dans les années 1970 par ces employés, la nature devient objet manufacturé.
La vue construite à côté de l’usine après l’arrêt de la production d’automobiles, s’étend dans l’espace comme une peinture construite plan par plan. Les pièces de métal se succèdent et perdent leurs vivacités colorées au fur et à mesure de l’éloignement. Décor de théâtre oublié. Le titre de l’oeuvre nous fait revivre l’expérience de ces acteurs désabusés.
On longe les plaques métalliques. L’illusion s’estompe au regard des coulisses. « L’arrière pays » dévoile l’artifice et les efforts vains des hommes venus hanter leur ancien lieu de travail.

Un sol recouvert de paillettes rouges sert de transition. Copeaux de réalité après fabrication ou traces d’une euphorie passée, les particules se répandent sous les pieds des visiteurs qui les transportent dans tout l’espace d’exposition. La nature stéréotypée laisse la place à un schéma d’aménagement intérieur symbolique. Les structures hexagonales, cages métalliques colorées présentent l’organisation idéale des bureaux de cette entreprise. Chaque partie, autonome, est reliée au tout et forme le diagramme de cette politique sociale expérimentale en faveur de l’égalité.

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