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ART | CRITIQUES
Kara Walker
Mon ennemi, mon frère, mon bourreau, mon amour
20 juin - 09 sept. 2007
Paris. Musée d’art moderne de la Ville de Paris
Pour sa première grande exposition monographique en Europe Kara Walker frappe très fort. Précédée par une réputation sulfureuse, l’artiste afro-américaine investit entièrement l’espace de l’arc par de vastes panoramas en ombres chinoises, revisitant de façon très personnelle l’histoire de l’esclavage.


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Kara-Walker-<em>Excavated-from-the-Black-Heart-of-a-Negress<-em>-(d-eacute;tail)-2002-D-eacute;coupure-de-papier-noir-400-x-3020-cm-Courtesy-Kara-Walker-et-Sikkema-Jenkins-Co-New-York-Copyright-Kunstverein-Hanovre-Photo-Raimund-Zakowski

Kara-Walker-<em>Sans-titre<-em>-2001-ndash;-2005-Collage-sur-papier-40-6-x-29-2-cm-Courtesy-MAM-Paris-Collection-privee

Kara-Walker-<em>Cut<-em>-1998-D-eacute;coupure-de-papier-noir-223-5-x-137-2-cm-Courtesy-MAM-Paris-Collection-privee-Copyright-Kara-Walker-et-Sikkema-Jenkins-Co-New-York-Collection-Donna-et-Cargill-MacMillan-Wayzata-Minnesota

Kara-Walker-<em>Leap<-em>-1995-D-eacute;coupure-de-papier-noir-et-tempera-sur-toile-25-4-x-25-4-cm-Courtesy-MAM-Paris-Collection-privee-New-York-Copyright-Walker-Art-Center-Minneapolis-Photo-Gene-Pittman-Minneapolis

Vue-de-l-rsquo;exposition-de-Kara-Walker-<em>Mon-ennemi-mon-fr-egrave;re-mon-bourreau-mon-amour<-em>-au-MAM-du-20-juin-au-9-septembre-2007-agrave;-Paris-Courtesy-MAM-Paris

  
Par Philippe Coubetergues

Pour sa première grande exposition monographique en Europe Kara Walker frappe très fort. Précédée par une réputation sulfureuse, l’artiste afro-américaine investit entièrement l’espace de l’arc par de vastes panoramas en ombres chinoises, revisitant de façon très personnelle l’histoire de l’esclavage.

Des silhouettes découpées des années 90 aux films d’anmations de ces dernières années, le travail de Kara Walker interroge sans concession ni tabou la société américaine sur l’héritage encombrant de son passé esclavagiste. Cependant nul manichéisme, ni militantisme véritable dans la démarche. Les thèmes sont abordés de façon biaisée: le conte cruel à connotation souvent érotique se mêle à la version officielle d’un passé moins lointain qu’il n’y parait, toujours ressenti actuellement comme une immense blessure. A travers l’exploration de la relation ambiguë maître / esclave et grâce aux mille rebondissements des aventures de la «négresse émancipée» (une âme libre dans un corps d’esclave, son alter ego en quelques sortes), Kara Walker dénonce toutes les discriminations raciales et autres sortes de ségrégations qui prévalent encore de nos jours.

«Dès qu’on commence à raconter l’histoire du racisme, on revit l’histoire, on crée un monstre qui nous dévore. Mais aussi longtemps qu’il y aura un Darfour, aussi longtemps que les gens diront ‘Hey, tu n’es pas à ta place ici», cela semblera pertinent de continuer à explorer le terrain du racisme’». (Kara Walker).

Ses grandes scènes murales découpées dans du papier noir prennent la forme d’un théâtre en clair-obscur, où l’érotisme n’est jamais dénué d’une certaine violence parfois spectaculaire ou parfois plus intime. Tout en dévoilant la face caché du mythe, elles citent plus ou moins explicitement le mélodrame populaire (Autant en emporte le vent), le récits d’esclavage (La case de l’oncle Tom) ou encore la reconstitution historique dont les musées nous ont gratifié généreusement.

Le jeu des silhouettes en contre-jour se prête parfaitement au dévoilement ambigu et détaillé des apparences. Dans l’élégante habileté de la ligne serpentine qu’elle soit dessinée au crayon ou découpée aux ciseaux se détachent ici une doudou meurtrière, là un négrillon en plein ébat. Beaucoup d’humour et de dérision traversent ses scénettes, ce qui nous oblige à reconsidérer sans arrêt le contenu dans ce qu’il a de plus ou moins révélateur.

Une certaine séduction formelle se dégage de cet ensemble gothique animé par un esprit ludique, une spontanéité impulsive, une imagination débridée - parfois franchement perverse - qui s’imposent comme autant de moyens puissants et efficaces de remettre à jour nos idée reçues.

Œuvre(s)
Kara Walker
Sans titre, 2001 – 2005. Collage sur papier. 40,6 x 29,2 cm.
Sans titre, 2001 – 2005. Collage sur papier. 40,6 x 29,2 cm.
Cut, 1998. Découpure de papier noir. 223,5 x 137,2 cm.
The End of Uncle Tom and the Grand Allegorical, Tableau of Eva in Heaven, 1995. Découpure de papier noir. 460 x 1160 cm.
Endless Conundrum, An African Anonymous, Adventuress, 2001. Découpure de papier noir et brun. 460 x 1070 cm.
Slavery! Slavery! Presenting a GRAND and LIFELIKE Panoramic Journey into Picturesque Southern. Slavery or “Life at ‘Ol’ Virginny’s Hole’ (sketches from Plantation Life)” See the Peculiar Institution as never before! All cut from black paper by the able hand of Kara Elizabeth Walker, an Emancipated Negress and leader in her Cause), 1997. Découpure de papier noir. 370 x 2590 cm.
Excavated From the Black Heart of a Negress, 2002. Découpure de papier noir.
400 x 3020 cm.
Darkytown Rebellion, 2001. Découpure de papier noir et projection murale. 430 x 1130 cm.
You Do, 1993 – 1994. Découpure de papier noir sur toile. 140 x 124,5 cm.
Untitled (Emancipation Proclaimation), 1994. Encre sur papier. 20,3 x 22,5 cm.
Untitled (Final Solutions), 1994. Encre sur papier. 24,8 x 16,5 cm.
Negress Notes, 1995. Collage, encre, gouache, crayon, et aquarelle sur papier, série de 20 pages. 22,9 x 15,2 cm.
Do You Like Creme in Your Coffee and Chocolate in Your Milk?, 1997. Aquarelle, crayon de couleur et mine de plomb sur papier, série de 66 pages. 29,5 x 20,8 cm.
Sans titre, 2001. Fusain sur papier. 117,8 x 203,2 cm.
Drawing, 2001. Fusain et collage de tissus colorés sur papier. 208,3 x 180,3 cm.
Leap, 1995. Découpure de papier noir et tempera sur toile. 25,4 x 25,4 cm.
Sans

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