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ART | CRITIQUES
Julien Sirjacq
Darwin Social Club, la vie en noir et rose...
06 janv. - 24 févr. 2007
Paris. Galerie Eva Hober
Dans une saisissante installation mettant face à face un serpent et une souris, ou avec les grands singes, Julien Sirjacq interroge l’animalité de ses contemporains et investit son art au cœur des tabous les plus refoulés de nos civilisations (inceste et anthropophagie).


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Julien-Sirjacq-<em>Distopian-Behavioural-Model<-em>-2006-Serpent-Lampropeltys-Triangulum-(faux-corail)-Courtesy-l-artiste-et-galerie-Eva-Hober-Paris

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Par Yaël Hirsch

Lors de la FIAC 2005, on ne pouvait manquer la saisissante installation de Julien Sirjacq: dans la transparence d’un dispositif en plexiglas, un faux serpent corail et une souris se trouvaient confrontés. Personne ne se demandait vraiment qui allait manger qui, et tout le monde craignait l’inévitable. Le dispositif vide est exposé à la Galerie Eva Hober, assorti d’un film réalisé par l’artiste qui donne le «faim» mot d l’histoire.

La transparence in vivo
Que les amis des souris se rassurent, pendant les quelques jours que durait la FIAC, le petit animal qui suscite tant d’empathie n’a pas été dévoré. En noir et blanc sur une vidéo, Julien Sirjacq a filmé le chassé-croisé des deux animaux que le plexiglas séparait parfaitement.
En revanche, un serpent doit se nourrir pour vivre; l’artiste en rend compte en couleur, par flashs dévoilant la scène primitive de la dévoration. Une musique spécialement composée pour la vidéo suit à la trace le rythme des lignes sinueuses décrites par le serpent ainsi que les déplacements saccadés de la souris.
Dans ce même esprit scientifique d’expérience comportementaliste, Julien Sirjacq fait surveiller la galerie Eva Hober — de la rue au bureau de la direction — par une petite souris blanche qui se déplace dans un panoptique à l’horizontale. La double transparence introduite au sein du fameux schéma architectural imaginé par Jeremy Bentham fracture la distopie sans l’annihiler: la souris et le visiteur se voient évoluer l’un l’autre, et cette totale transparence prônée par le système libéral de marché semble encore renforcer l’effet de surveillance.

Science et arts: un numéro spécial métaphysique
Deux toiles, un schéma et plusieurs sérigraphies viennent compléter les installations. La diversité des matériaux et des supports utilisés par Julien Sirjacq dans ce «Darwin Social Club» prouve la très grande liberté de l’artiste, qui peut formuler de plusieurs manières la question qui le meut. Cette question est à la fois métaphysique et politique. Fasciné depuis de nombreuses années par les grands singes, Julien Sirjacq pose à ces animaux si proches de nous l’éternelle question «D’où venons nous?».
Dès qu’il passe le pas de la porte, le visiteur se trouve sous les yeux d’un chimpanzé hâlé comme une icône. Les grands yeux noirs de l’animal éveillent la conscience politique et appellent à sauver des espèces partageant plus de 90 % du patrimoine génétique de l’homme et pourtant en voie de disparition.
En face, sur un mode plus expressionniste, et comme diffracté en noir et rose, se tient un autre grand singe, dont la chair grise et difforme est irriguée de vie fuschia. La métaphysique scientifique de Julien Sirjacq se passe de religion; il combat d’ailleurs cette dernière quand elle cherche à nier les divers chaînons de l’évolution naturelle (créationnisme, intelligent design).

Golems et tabous
La différence entre l’animal et l’homme tient au larynx et à la voix. Elle s’explique biologiquement. Julien Sirjacq l’étale sur des sérigraphies noires et roses. Il interroge alors l’animalité de ses contemporains et investit son art au cœur des tabous les plus refoulés de nos civilisations (inceste et anthropophagie).
Ses images crues interpellent. Leur pouvoir de suggestion est encore renforcé par la rigueur scientifique dont l’artiste fait preuve quand il demande l’aide d’un chercheur au CNRS pour réaliser son schéma «Nexus», grande fresque des différentes écoles d’interprétation de l’évolution naturelle.
Habillée d’un vêtement multicolore d’Arlequin, et présentée ironiquement sous le titre d’un «club», la distinction qu’opère Julien Sirjacq entre darwinisme biologique et social est conceptuellement très puissante.
On sort de la galerie les yeux et le cerveau en feu, en possession de nouvelles images et de nouveaux raisonnements pour interpréter notre devenir à peine passé.

Yaël Hirsch est rédactrice en chef de la Newsletter d’info quotidienne : www.en3mots.com

Œuvre(s)
Julien Sirjacq :
Coveillance, 2006. Dispositif pour 1 souris, 3 moniteurs, 6 caméras.
Distopian Behavioural Model, 2006. Serpent Lampropeltys Triangulum (faux corail).
Distopian Behavioural Model, 2006. Serpent Lampropeltys Triangulum (faux corail) et 4 souris blanches, plexiglas. Diam. 80 cm.
DBM The Last Supper, 2006. Vidéo surveillance (Noir & Blanc).
Darwin Social Club, 2006. Études d’après J.Mollison. Huile sur toile. 100 x 81 cm.
Darwin Social Club II, 2006. Études d’après J.Mollison. Huile sur toile. 100 x 81 cm.


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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com