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ART | CRITIQUES
Jim Isermann
Jim Isermann
09 nov. - 21 déc. 2002
Paris. Galerie Praz-Delavallade
Des tableaux, du mobilier et des éléments muraux aux formes géométriques : un art associé à l’architecture, en résonance avec l’univers de la technologie, et fonctionnant selon les principes combinatoires de la série.


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Par Eva Robillard-Krivda

Avec ses tableaux, son mobilier et ses éléments muraux, la démarche artistique de Jim Isermann semble être influencée par les concepts hérités du Bauhaus. En effet, ses œuvres aux formes géométriques participent de cette idée que l’art, associé à l’architecture, doit mettre à profit les nouvelles technologies.

Tout un angle de la galerie est occupé par un revêtment mural composé d’éléments argentés thermoformés. Leur répartition symétrique est déterminée par une série de permutations. La rigueur de l’algorithme confère un rythme à l’ensemble dont les éléments se constituent en modules dans une alternance de carrés et d’étoiles.

La répétition abolit les limites de l’œuvre. L’agencement peut débuter à n’importe quel moment de la suite des permutations, comme le montre une deuxième série située dans un angle opposé de la galerie. Plus petite, cette série présente un schéma décalé dont le premier module est une étoile.

Réalisées selon le même processus, ces œuvres ne diffèrent que par le nombre de leurs éléments, qui, lui-même dépend du lieu d’exposition. Réduites à quelques éléments, ces séries peuvent être présentées dans une galerie, quand elles comptent plusieurs centaines d’unités, elles nécessitent de grands espaces tels que la façade d’un bâtiment comme ce fut le cas, en 2001, à la biennale 2001 à Santa Fe.

La série se retrouve dans le mobilier que conçoit Jim Isermann. Deux chaises exposées l’une à côté de l’autre ont été réalisées à partir des mêmes formes géométriques, l’assise de la première correspondant au dossier de la seconde et inversement. Ces chaises peuvent être rapprochées pour ne former qu’un seul élément reproductible à l’infini.
Chacune des deux chaises est surmontée d’une toile constituée des mêmes formes et des mêmes couleurs que la chaise. Là encore, c’est la répétition qui régit la construction du tableau : un cercle inscrit dans un ovale, inscrit dans un cercle, etc. L’alternance des couleurs et des formes géométriquement proches trouble la perception, au point que l’on ne parvient plus à différencier les cercles des ovales. La répétition des différentes formes étant soumise à des règles rigoureuses — il y sept motifs emboîtés les uns dans les autres, sept côtés au tableau et sept arêtes à la chaise — crée un effet hypnotique.

La démarche de Jim Isermann obéit à des règles strictes. Toutes ses œuvres sont ainsi construites selon un même principe : partir d’éléments géométriquement simples pour aboutir à des schémas complexes, infinis. Le concept est dès lors aussi important que le résultat car il permet de saisir la dynamique de l’œuvre.

Œuvre(s)
Jim Isermann :
Untitled (Silver), 2001. Paint/ Vacuum-formed ABS. 20 x 40 cm.
Untitled (Silver) , 2001. Paint/ Vacuum-formed ABS. 20 x 60 cm.
Untitled (Chair & Painting), 1987. Oil based enamel/wood, vinyl and foam cushion on chair. Chair : 80 x 80 x 80 cm. Painting : 120 x 120 cm.
Untitled (Chair & Painting), 1987. Oil based enamel/wood, vinyl and foam cushion on chair. Chair : 80 x 80 x 80 cm. Painting : 120 x 120 cm.
Flower Painting, 1985. Enamel Paint/wood. 2 éléments : 120 x 120 x 5 cm.

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