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ART | CRITIQUES
Daniel Buren
Quatre fois moins ou quatre fois plus ?
14 mai - 22 août 2004
Paris. Palais de Tokyo
L’installation in situ de Buren au Palais de Tokyo est pour l’essentiel constituée de motifs ronds et colorés décorant un faux plafond blanc et lumineux, traité comme un filtre de lumière. Aspect fortement décoratif, à la lisière du simple habillement d’espace.


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Daniel-Buren-vue-de-l-rsquo;exposition-2004-Courtesy-Palais-de-Tokyo

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Par Clément Dirié

Un travail in situ de Daniel Buren au Palais de Tokyo est d’abord un pari qui suscite d’emblée une série d’images que l’expérience viendra confirmer ou infirmer, satisfaire ou décevoir.

On assiste à une première et à un retour.
Première : après sa magistrale exposition du Centre Pompidou en 2002, Daniel Buren revient dans d’une grande institution française.
Retour :après sa présence audacieuse, également en 2002, avec Le Murmure de l’eau qui chante de Louise Bourgeois, la marque de café Illy noue un nouveau partenariat avec le Palais de Tokyo.

Passons sur la création par Buren d’une tasse et d’une sous-tasse Illy en contre point de la production de l’installation, expression de l’importance du mécénat d’entreprise sur la création contemporaine; ainsi que sur la présence d’un artiste consacré dans un lieu généralement investi par des artistes émergents, ou rarement présentés en France avant.

Cela étant noté, on pénètre dans un espace remodelé par l’artiste : le plafond a été abaissé et décoré de ronds de couleurs vives, des miroirs tapissent la cimaise de droite et multiplient la surface, un système lumineux de néons éclaire verticalement l’espace. L’entrée des espaces d’exposition est alors à envisager comme un "Buren Cube", délimité par une frise latérale de rayures grises et blanches de 8,7 cm de largeur. Cet "outil visuel", signature omniprésente, est là pour affirmer l’identité de l’artiste, au cas où le doute survenait.
Car, l’installation au Palais de Tokyo est pour l’essentiel constituée par la disposition sur un fond blanc et lumineux de motifs ronds et colorés décorant le faux plafond, traité comme un filtre de lumière. Ces ronds, qui ne sont pas sans rappeler le travail réalisé au Centre Pompidou, obéissent certainement à des principes mathématiques ou systématiques. Mais leur caractère fortement décoratif rapproche l’action de Buren d’un simple habillement d’espace.

Alors, l’interrogation du titre — Quatre fois moins ou quatre fois plus ? — trahit-elle quelques hésitations de la part de l’artiste? Et si, en dépit de l’incontestable importance historique de l’ensemble de l’œuvre de Daniel Buren, il apparaissait que ses fameuses bandes grises et blanches n’étaient somme toute qu’une fermeture…

Œuvre(s)
Quatre fois plus ou quatre fois moins ?, 2004. Installation in situ. Technique mixte.

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