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ART | CRITIQUES
Chantal Joffe
Chantal Joffe
27 oct. - 01 déc. 2001
Paris. Galerie Jennifer Flay (ex)
Des peintures où de jolies petites filles et de charmantes adolescentes côtoient des prostituées et des femmes dénudées aux poses pornographiques. Innocence et virginité confrontées à la débauche sexuelle. Malaise.


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Chantal-Joffe-<i>Sans-titre<-i>-2001-Huile-sur-bois-21-x-29-cm-Photo-Marc-Domage-Court-Galerie-Jennifer-Flay

Chantal-Joffe-<i>Sans-titre<-i>-2001-Huile-sur-bois-21-x-29-cm-Photo-Marc-Domage-Court-Galerie-Jennifer-Flay

  
Par Eva Robillard-Krivda
L’univers pictural de Chantal Joffe est principalement peuplé de figures féminines. De jolies petites filles et de charmantes adolescentes, sorties des albums de famille et des magazines féminins, côtoient des prostituées et des femmes dénudées aux poses pornographiques. Dans ce contexte, l’innocence et la virginité, symbolisées par le corps des jeunes filles, sont directement confrontées à la sexualité débauchée des femmes. Cette situation génère un malaise.
Dès lors, le large sourire qu’arborent la plupart des sujets est appréhendé comme l’expression d’une certaine perversité. Dans l’espace exigu des petits tableaux, les corps des enfants laissent échapper les pulsions les plus profondes. Tandis que leurs regards font du spectateur l’unique témoin de ces transformations de leurs corps “innocents” d’enfants en corps de fantasmes. Le spectateur est ainsi le seul autorisé à pénétrer leur intimité.

Paradoxalement, les femmes dénudées, qui sont éparpillées dans les paysages panoramiques des toiles de grand format ou cloisonnées par l’espace réduit des petits tableaux, imposent, par leur regard, une distance au spectateur. Celle-ci est notamment accentuée par la légèreté de la touche, les dégoulinades de peinture et la palette des couleurs utilisée, qui leur confèrent un aspect enfantin, voire superficiel. Le spectateur n’est alors qu’un voyeur invité à voir ces femmes comme de simples poupées sexuelles.

Chantal Joffe révèle un monde inquiétant que l’adulte le plus souvent se refuse à voir, un monde où les enfants sont des pervers polymorphes, un monde où la débauche sexuelle devient un jeu. Ainsi, le décalage entre le corps “intime” de la jeune fille et le corps "exposé” de la prostituée, situe son univers pictural dans cet entre-deux du corps, trouble et ambigu, où les personnages, en perpétuel devenir, interrogent par leur regard, la propre perception du spectateur.


Œuvre(s)
Untitled, 2001. Huile sur bois. 21x 29 cm.
Untitled, 2001. Huile sur bois. 21x 29 cm.
Untitled, 2001. Huile sur bois. 21x 29 cm.
Sans titre, 2001. Huile et collage sur bois.
Sans titre, 2001. Huile et collage sur bois.

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