Par Julia Peker
De la voûte étoilée qui nous surplombe, on ne perçoit le jour qu’un grand manteau de bleu plus ou moins tacheté de blanc, éblouissant. Au moment où la nuit dépose sa chape d’obscurité apparaissent les astres, loin des lumières bruyantes de la ville. Le ciel ne s’offre en spectacle qu’à celui qui sait lever la tête, attendre des heures le passage des éto
les filantes, des décennies le moment fugace d’une éclipse.
Invitant des artistes du monde entier à décliner leur représentation du ciel et des astres, le Mac/Val propose un vaste ensemble d’œuvres, tour à tour secrètes ou ambitieuses, agrippant rêves d’enfants et délires de conquête, contemplations solitaires et tapages médiatiques.
Les pièces les plus fortes sont souvent celles qui savent tirer le mieux parti de la simplicité. C’est à bord des petites fusées de papier qu’on touche le ciel de plus près.
L’une des plus prodigieuses est l’installation de Jordan Wolfson : une caméra ancestrale diffuse à même le mur l’image d’un champ d’étoile. Le bruit du défilement de la bande fait entendre l’écho miraculeux de cette apparition où s’engouffre le regard.
Aux confins du visible, le ciel dessine des formes invisibles à l’œil ignorant. En photographiant les étoiles, Thomas Ruff et Renaud Auguste-Dormeuil scrutent le fond noir au risque de ne rien voir, captent des lumières qui esquissent des motifs.
Certains artistes utilisent les documents des astrophysiciens comme des matériaux et des figures, détournant le langage mathématique des astres. Les équations des astronomes se prennent dans les mailles de l’imaginaire, se brouillent puis scintillent, aussi énigmatiques que leurs objets. Filtrée par l’imaginaire, l’optique du télescope découpe alors un espace de projections et de fantasmes.
Dans la grande salle du musée, une immense installation fragmente la constellation en tirages photographiques minuscules. Davide Bertocchi fait apparaître tantôt des planètes aux anneaux familiers, tantôt des nébuleuses cellulaires méconnaissables. Il compose un espace intotalisable, illuminé par les visions en couleur de l’astronomie moderne, où l’infiniment petit et l’infiniment grand se superposent.
Redessinée en permanence par la main de l’homme, la terre est un paysage construit, où s’épuise le mythe d’une nature originelle et la soif d’inconnu. A bout de souffle, le sentiment d’éternité s’embarque pour la permanence des cieux.
En levant le regard vers l’espace, on peut percevoir le temps dans l’intensité lumineuse des astres, mais l’œil de l’enfant reste collé à la lorgnette du scientifique. C’est sur cette frontière fragile que l’exposition s’aventure.
Œuvre(s)Paul McDevitt
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Russian Porcelain, 2004. Crayons de couleur sur papier. 44 x 34, 8 cm.
Bruno Peinado
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Sans Titre, Globule Ubiquity Vibrations, exposition « Genesis Sculptires », Domaine Pommery, Reims, 2006. Structure gonflable, impression du motif de la lune, luminaires. Diamètre 4 m.
Serge Guillou
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Du temps et de l’expace, 1976. Acrylique sur toile. 146 x 178 cm.
Melik Ohanian
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Switch off, 2002. Caisson lumineux en tôle brossée, interrupteur-communateur. 200 x 403 x 30,5 cm.
Philippe Mayaux
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Un des astres de nuit, 1991. Huile, acrylique et peinture aérosol sur toile. Diamètre 30 cm.
Gilles Barbier
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Sans Titre (La Réserve), 2005. Gouache sur papier (8 éléments). 120 x 190 cm chacun.
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