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ART | CRITIQUES
Amy O’Neill
Happy Trails
13 nov. - 23 déc. 2004
Paris. Galerie Praz-Delavallade
Amy O’Neill pose un regard distant sur le phénomène populaire des parades en s’inspirant de la Parade de la Rose, Rose Bowl, qui existe toujours en Californie. Elle en montre l’aspect kitsch et mortifère.


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Par Caroline Pillet

L’exposition d’Amy O’Neill, artiste américaine vivant et travaillant en Suisse, rassemble cinq œuvres sous le titre de « Happy Trails » (Joyeux sentiers). Ces œuvres traitent des parades populaires avec leurs chars et leurs reines.

Deux toiles de grand format représentent, dessinés au crayon, deux chars. Dans la première toile, intitulée Happy Trails, le char est constitué de dex bottes de cow-boy immenses. Dans la deuxième, Rose Queens (Les reines des roses), un char est surmonté de plusieurs femmes entourées de roses qui paradent et saluent la foule.
Ces deux toiles côtoient trois objets appartenant à une série intitulée « Parade Float Graveyard » (Cimetière de char de parades). Ces objets, tous de très grande taille, représentent une couronne de reine de parade (Queen’s Crown), une étoile (Star Spur), celle-là même qui est accrochée à la botte de cow-boy, et une rose rouge (Rose).

Amy O’Neill reprend le concept populaire de la parade et des chars, mais sur un mode documentaire. Nous avons affaire à un éloge de la culture populaire, mais un éloge mortifère. Les objets qu’Amy O’Neill figure sont en effet comme des restes égarés d’une parade terminée.
Les titres mêmes de sa série d’objets, tels que « Cimetière de char de parades », l’attestent : ces objets sont des débris de parade. Pas uniquement parce que la fête est finie, mais parce que ce sont des débris de la culture populaire elle-même. Amy O’Neill se fait alors archéologue de cette culture. Ces objets, qui symbolisent normalement un certain bonheur, sont présentés comme les ossements ou les reliques d’une civilisation ancienne, éteinte. De même, les dessins sont comme les reconstitutions d’une vie passée.

Ainsi Amy O’Neill pose un regard distant sur un phénomène culturel populaire. Elle le désosse pour en montrer l’aspect mortifère alors même que ces fêtes et parades existent toujours aux Etats-Unis, fêtes comme la Parade de la Rose, Rose Bowl, en Californie, dont elle s’inspire.

Œuvre(s)
Amy O’Neill
Happy Trails, 2004. Graphite et crayon de couleur sur toile. 277 x 397 cm.
Rose Queens, 2004. Graphite et crayon de couleur sur toile. 277 x 497 cm.
Queen’s Crown, 2004. Techniques mixtes. 73 x 116 x 17 cm.
Star Spur, 2004. Techniques mixtes. 66 x 70 x 8 cm.
Rose, 2004. Techniques mixtes. 110 x 115 x 60 cm.

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