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NOMADE
Paul McCarthy
Peter Paul Chocolates

La relation entre artistes et économie est au beau fixe. L’artiste californien Paul McCarthy a choisi la galerie Maccarone, à New York, pour nous présenter son nouveau projet diabolique, Peter Paul Chocolates. Un projet qui sent bon, mais qui laisse un arrière goût de critique acerbe. 


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-nbsp;-nbsp;-nbsp;-nbsp;-Courtesy-Maccarone-NY-2007-©-Paul-McCarthy
Photographie-Tom-Powel

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Photographie-Tom-Powel

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-nbsp;-nbsp;-nbsp;-nbsp;-Courtesy-Maccarone-NY-2007-©-Paul-McCarthy
Photographie-Tom-Powel

  

Par Aurélie Bousquet

A New York, durant les fêtes de fin d’année, la superstar de l’art contemporain, Paul McCarthy, a créé l’événement à la galerie Maccarone. En partenariat avec sa galerie londonienne Hauser

& Wirth, Paul McCarthy a transformé la galerie de Greenwich Street en une véritable chocolaterie.

L’artiste a fait appel au maître chocolatier Peter P. Greweling pour veiller au bon déroulement de la production. L’entreprise créée par la rencontre de ces deux hommes, et vouée à perdurer, s’appelle Peter Paul Chocolates.

La galerie Maccarone, investie de telle sorte qu’elle n’apparaisse plus comme une galerie mais bel et bien comme une chocolaterie, a été divisée en quatre sections dévouées à la production, l’emballage, le stockage et la vente. Dans un souci de créer une véritable usine fonctionnelle, à même de produire et vendre en accord avec les normes industrielles en vigueur, la galerie a du subir des modifications considérables (plomberie, électricité, système de ventilation…) En outre, il a fallu concevoir le lieu en tenant compte du fait que les visiteurs ne pouvaient pas, pour des raisons d’hygiène, pénétrer dans l’espace de production (fonte, moulage…) Un habile jeu de cloisons, miroirs, vitres d’observation et tapis roulants a donc été mis en place.

 

Peter Paul Chocolates s’était fixé comme objectif de produire 1000 figurines en chocolat par jour, entre la mi-novembre et noël. Celles-ci étaient vendues dans la boutique et sur leur site internet, 100$ pièce. Certains penseront que c’est un peu cher pour un père noël en chocolat. D’autres, que c’est vraiment donné pour une œuvre de Paul McCarthy.

 

Les figurines en chocolat ne sont pas de simples pères noël comme on peut en trouver dans toutes les boutiques de chocolat, en période de fêtes. Elles sont la réitération comestible et périssable, en nombre considérable, d’une sculpture de Paul McCarthy dont il existe déjà plusieurs versions. L’une d’elles a été exposé en juin 2007 lors d’Art Basel : en bronze, elle mesurait 6 mètres de haut pour 9 tonnes.

A première vue, il semble que cette pièce représente un père noël, tenant de la main gauche, une cloche, et de l’autre, un sapin. A bien y regarder, le père noël a plutôt des allures de nain de jardin. Quant au sapin, ce n’est en fait pas un sapin stylisé mais un plug. Afin que la subtilité de la chose soit comprise par tous, précisons ce qu’est un butt plug : il s’agit d’un objet destiné à être introduit dans le rectum, par l’anus. Il peut être porté durant plusieurs heures et a pour but de provoquer une stimulation et une excitation sexuelle. Notons que le plug sert en outre à dilater l’anus et qu’il rend plus aisé la sodomie ou le fist-fucking anal. Au regard de l’œuvre antérieur de Paul McCarthy on saisi donc l’importance métaphorique du plug. Un godemiché n’aurait pas été aussi pertinent et porteur de sens critique envers la société de consommation.

 

On comprend ainsi pourquoi les bloggeurs New-yorkais insistent sur le fait que Paul McCarthy avait un petit sourire en coin durant le vernissage mondain et pourquoi ils aiment à utiliser l’expression « in-your-face » pour ce type d’art.

Certains se demandent encore pourquoi cette figurine en chocolat est vendue le prix exorbitant de 100$. D’autres se renforcent dans l’idée que 100$, est un prix vraiment bas pour une œuvre de Paul McCarthy, et cherchent où est le hic.

Il convient en fait de prendre un peu recul, et de ne pas considérer uniquement le père noël en chocolat, mais la totalité du projet.

 


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