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Jacques Levant
Jacques Levant

Artistes numérique, jacques Levant travaille ses images sur ordinateur, les imprime sur films transparents et les suspend dans l’espace. Ses questions portent sur la forme, le support, la position dans l’espace. Il veut échapper à l’écran et à l’image photographique. Refusant projections et diaporamas, il privilégie l’installation de suspensions,


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Par Brigitte Camus

Jacques Levant, artiste numérique, prend des photographies au cours de ses pérégrinations dans les lieux les plus inattendus: déchetterie, carrières. Il s’empare également d’éléments de la nature, arbres morts ou d’épisodes de l’histoire contemporaine qui le touchent comme dans sa série sur les regards de déportés.
Dans la solitude monacale de son atelier blanc, il est passé par plusieurs étapes, de la peinture à l’art numérique et il ne s’est jamais installé dan
une pratique très longtemps. Jacques Levant, «éternel insatisfait», s’attache à déconstruire. De fait, quand on pénètre dans son atelier, on ressent une impression de minimalisme. Pas de tableaux sens dessus-dessous, pas d’encombrement. Ses images tirées sur films transparents, indéfinissables nimbées de poésie, de mystère, parfois inquiétantes ou ambiguës, suspendues, habitent l’espace presque en apesanteur.

Logique, car il construit justement son œuvre sur le concept de la transparence. «Pour moi, le fait que les images se rapprochent et se télescopent suscite une émotion informelle et indéfinissable qui va au-delà de la narration. Je construis mon univers à partir d’éléments antinomiques ou en mettant l’accent sur l’envers du décor. Par exemple en rapprochant les grandes tours de la Défense à Paris avec des images de déchets industriels: d’un côté l’homme triomphant avec une architecture lisse, symbole de la modernité et de la puissance; de l’autre ce qu’il rejette. Mais je ne juxtapose pas ces deux notions, je les combine pour créer une troisième image qui existe par elle même» souligne l’artiste.

L’art numérique le met en phase avec son époque: l’idée d’encadrer ou d’accrocher une oeuvre numérique au mur lui paraît inadaptée, alors même que le concept d’image virtuelle pose la question de l’espace et du rapport au temps et à ce qui est périssable.

Jacques Levant qui pratique le bouddhisme zen depuis plus de vingt ans est aussi «engagé» sur le plan humanitaire mais il récuse toute forme d’expression que l’on pourrait ranger sous une bannière. Il préfère parler d’interrogations: «Après un XXe siècle catastrophique sur le plan humain, notre époque est en plein désarroi, nous avons perdu nos certitudes et nous sommes confrontés à un futur incertain. Mes images posent des questions mais n’apportent pas de réponses, ce n’est pas le rôle de l’artiste. C’est à la société de chercher les réponses».

Mu par l’appel du vide et la quête, il se déclare guidé par deux fils conducteurs: la transparence et l’espace. «Rien n’est fixe, les choses sont là mais on voit à travers». Il aime évoquer le désert «où l’on marche sans limites et sans repères». L’état d’esprit de Jacques Levant est très éloigné de l’ego et des préoccupations marketing qui peuvent habiter certains. Il ne se soucie pas de plaire, de savoir s’il va vendre ou pas. Il suit son chemin, sans se laisser enfermer par le monde des apparences et des modes. Il ne cherche surtout pas à fabriquer de belles images mais des images signifiantes. «Le danger est la virtuosité en oubliant le sens» souligne-t-il. De fait la facilité d’accès à des logiciels est un leurre.

Focalisé par l’omniprésence de l’image, le questionnement de Jacques Levant porte aussi sur la forme, le support, la position dans l’espace. Il veut échapper à l’écran et à l’image identifiée comme une photographie. Pas question non plus de faire une projection, un diaporama. En privilégiant l’installation de suspensions, c’est lui qui se projette dans son futur en tant qu’artiste et s’interroge sur l’avenir. Il travaille ses images sur ordinateur, ensuite, il les imprime sur films transparents et les suspend dans l’espace.

Artiste numérique, il a conscience de se situer à l’époque du «primitivisme des nouvelles technologies», de «ce formidablement bouillonnement avec l’émergence de nouveaux territoires que les artistes commencent à peine à explorer». Il a tout à fait le sentiment d’être sur le chemin de la forme d’art en phase avec son époque.


Parcours
Jacques Levant, baigne dans le milieu de l’art depuis son enfance : son père était sculpteur, sa mère était galeriste. Il fait ses études à l’École Estienne puis décide de devenir artiste, période qui correspond à d’autres engagements, spirituel et humanitaire.
Il commence à exposer en 1982 en participant aux portes ouvertes des ateliers, puis expose dans plusieurs galeries en France (Simone Badinier, Vercamer, galerie du Prévot, Mostini, Weiller); participe à plusieurs salons notamment le salon de Mai, le salon Comparaisons, Réalités Nouvelles.
Il montre son travail également dans plusieurs centres culturels en France. A l’étranger, il est présent à la Foire de Cologne avec la galerie «Tendances». En 2006, il a participé à l’exposition de groupe «Transparences» au Centre culturel de Vichy.
Prochain projet: participation au colloque «les Pixels» à Alençon en janvier 2007 où il présentera ses créations récentes. Jacques Levant s’inscrit dans la voie de l’exploration des nouveaux continents du «multimédia» ou plutôt de «l’hypermédia». Car cet artiste en phase avec son époque s’empare de l’image, du son, de la photographie (en tant que moyen) et de l’installation et il travaille ces éléments ensemble, sans les juxtaposer, mais en les intégrant les uns aux autres. Pour lui l’artiste actuel se situe à l’aube de la création d’un nouveau langage, d’une nouvelle écriture artistique symbole et signe de la révolution que nous sommes en train de vivre.

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