PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   CONTACT : PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art   PARIS-ART: art contemporain, photo, vidéo, design, danse en France - Annonces et critiques sur l’actualité en France de l’art contemporain, photo, vidéo, design, danse, livres sur l’art
    RECHERCHER  
  
  Newsletter
 
 
  Lieux
  Aujourd'hui
  Vernissages
  Blogs
  Forums
  Galeries perso
  Petites annonces
INTERVIEW
Carole Benzaken

Pour les vitraux de l’église de Varennes-Jarcy, Carole Benzaken a « rempli » les verrières avec des tulipes sectionnées, en référence à l’extrême sensualité de la chapelle de Vence par Matisse. Réalisés au terme de constants va-et-vient des maquettes aux verres, par le saut d’une technique à l’autre, les vitraux sont une peinture dans l’espace avec la lumière pour médium.


Cliquez sur les images
pour les agrandir et lire les légendes



RÉAGIR

Vue-de-l-eglise-Saint-Sulpice-de-Varennes-Jarcy-2002-Photo-Andre-Morin-Courtesy-Drac-Ile-de-France-et-commune-de-Varennes-Jarcy

Carole-Benzaken-<i>Vitraux-de-l-146;eglise-Saint-Sulpice-de-Varennes-Jarcy<-I>-2002-Vitrail-Photo-Andre-Morin-Courtesy-Drac-Ile-de-France-et-commune-de-Varennes-Jarcy

Carole-Benzaken-<i>Vitraux-de-l-146;eglise-Saint-Sulpice-de-Varennes-Jarcy<-I>-2002-Vitrail-Photo-Andre-Morin-Courtesy-Drac-Ile-de-France-et-commune-de-Varennes-Jarcy

  


Laurent Le Bon. Que représente pour toi une commande publique ?
Carole Benzaken. Si je mets à part quelques expériences comme la commande d’estampes de la Délégation aux arts plastiques confiée à plusieurs artistes, le projet pour les vitraux de l’église de Varennes-Jarcy est ma première véritable commande publique.
Il est clair qu’une œuvre comme celle que j’ai réalisée ici n’aurait pas pu se concrétiser sans cette procédure de commande publique, car son coût n’aurait p
être pris en charge par la seule commune de Varennes-Jarcy, qui est à l’origine du projet. La commande publique joue donc une vraie fonction patrimoniale.

Est-ce que tu trouves normal d’être mise en compétition, certains artistes refusent d’ailleurs le principe du concours ?
Oui. C’est de l’ordre de la responsabilité politique que de mettre en concurrence des choix artistiques. Un comité (représentatif des différents partenaires) se réunit et tranche sur des critères qui lui appartiennent, que l’on peut espérer esthétiques, et qui montrent clairement que la décision publique relève nécessairement d’une volonté politique. Ce n’est donc pas un simple problème de compétition, en fait...
D’autre part, pour les mêmes raisons, je pense qu’il est nécessaire de procurer aux artistes présélectionnés un cahier des charges précis à partir duquel se posera la question de leurs exigences et de leur liberté.

Quel était le cahier des charges pour l’église de Varennes-Jarcy ?
Le thème de l’arbre de Jessé, lié à la reproduction d’un fragment du vitrail original de l’ancienne abbaye royale de Gercy (conservé au musée national du Moyen Âge à Paris) était imposé. Mon projet n’a pas pris en compte ce thème à la lettre. Cela m’a d’autant plus réjouie lorsque j’ai appris qu’il avait été retenu, à la suite d’une phase d’étude qui mettait en concurrence trois artistes.

Peux-tu décrire ce projet ?
Après mure réflexion, j’ai finalement opté pour un choix radical : ne « remplir » les verrières de l’église qu’avec des tulipes sectionnées. Cela m’a permis un retour sur un thème qui m’avait obsédée pendant plus de trois ans, quelques années auparavant. Les trois baies du chœur sont pensées comme un triptyque ; le panneau central faisant plus de 6 mètres, il ne retient de la tulipe que sa tige morcelée par fragments et quelques rares calices rouges et mauves. La tulipe correspond à l’arbre de Jessé. C’est l’axe central autour duquel s’articulent les deux autres panneaux, moins hauts, de 4 mètres environ : à gauche, originellement le vitrail de la Passion, des tulipes noires (violettes, bleues, et pourpre), à droite, l’arbre de Vie, des tulipes rouge-sang et blanc intercalées avec des rouges.
Le reste des baies se déploie autour de cet axe : au sud, par des tulipes aux couleurs chaudes très saturées, rouge, jaune, orange, rose; au nord, dans le prolongement des tulipes noires, par des tulipes aux tons plus froids, mauve, violacé, jaune-vert très pâle. Quant au vitrail ouest, il a sa propre autonomie, et la couleur de ses fleurs jaunes et blanches a été pensée pour recevoir la lumière du couchant, qui à son maximum d’intensité peut changer le blanc en rose et le jaune en jaune d’or.

Songeais-tu à quelques références artistiques précises ?
Lors de mon passage à la Villa Arson à Nice, j’ai pu voir et revoir la chapelle de Vence de Matisse. C’est évidemment une référence incontournable. Ce qui m’avait frappée à l’époque et qui a certainement influencé mon choix pour les tulipes, c’est d’une part l’extrême sensualité, j’oserai dire féminine, de sa chapelle, l’aspect luxuriant du choix des motifs végétaux, et la dimension tactile de la couleur projetée. La matérialisation du concept de l’incarnation par le phénomène lumineux/optique et un choix iconographique pouvant appartenir aussi bien au domaine profane qu’au domaine religieux (je parle bien sûr des vitraux uniquement, et non des céramiques) étaient très impressionnants. La Sainte-Chapelle à Paris, les petites églises du Royans et l’église de Ronchamp, ont eu également une grande importance pour moi. Mais je n’ai volontairement plus regardé de vitraux durant toute l’élaboration du projet.

Comment s’est déroulé ce processus d’élaboration ?
J’ai beaucoup hésité dans un premier temps sur le choix iconographique. J’ai beaucoup jeté... J’étais un peu terrorisée... J’avais d’abord pensé aux tulipes, puis immédiatement décidé d’éviter ce sujet. Suite à de nombreuses promenades dans les déserts californiens, et ayant emmagasiné de nombreux clichés photographiques de ces arbres nommés Joshua tree, qui donnent d’ailleurs leur nom à un désert tout près de Los Angeles, j’ai pensé à les utiliser. Le résultat à partir de mon expérience du désert californien n’était pas satisfaisant, à mes yeux trop anecdotique, sans un réel sens par rapport à l’architecture de l’église de Varennes-Jarcy. Les arbres manquaient de variété colorée, je suis finalement revenue à mon idée d’origine. Les tulipes offraient de multiples possibilités chromatiques, ainsi qu’une démultiplication symbolique, c’est-à-dire qu’elles pouvaient être recadrées, devenir calice, coupe rituelle remplie du vin de la célébration, fruit de l’arbre de la connaissance et évidemment fleur à part entière. De plus, l’homologie de structure entre la transparence du verre coloré utilisé pour le vitrail et la translucidité du pétale de la tulipe me séduisait.

Quels furent tes rapports avec l’atelier Duchemin pour la réalisation de ton projet ?
Je ne connaissais pas l’univers des maîtres-verriers. J’ai été complètement émerveillée ! Nous avons travaillé dans un dialogue constant, et avec une grande intensité. Dès le départ, Gilles Rousvoal et Dominique Duchemin ont préconisé l’usage du verre plaqué, retravaillé, ou gravé par un acide, méthode qui, après de multiples essais, a été retenue. Par un travail d’équipe

     Page 1 / 2           Page suivante  
RÉAGIR
 

 
VOS RÉACTIONS
0 réaction




Rechercher une interview





 DÉPÊCHES
Star de l'art, Damien Hirst  joue à quitte ou double : Le roi de la scène britannique met aux enchères à Londres près de 300 de ses  ...
L'ex «bad boy» britannique est un businessman assumé : L'artiste au look de rocker a créé très tôt un réseau de sociétés qui lui permet ...
Coldplay gagne enfin ses galons en concert : Le groupe anglais le plus populaire du moment poursuit sa campagne française et ...
Quoi de neuf sur les planches ? : Pièces classiques et contemporaines, têtes d'affiche et personnalités inattendue ...
Orsay joue les grandes stars de la peinture : Son nouveau président, Guy Cogeval, annonce une programmation musclée et des tra ...
La culture à la mode Hondelatte : «Vendredi, si ça me dit !» - Pour le premier numéro de son magazine hebdomadair ...
Paris et province : les 25 expositions à voir : Mantegna au Louvre, Picasso au Grand Palais, les Flamands à Lille, Jeff Koons à ...
10 jeunes talents à découvrir : À chaque rentrée, on les attend avec gourmandise. Cette année, les jeunes écriva ...
Visa pour l'image 2008 : les sélections du figaro.fr : Le plus grand festival international de photojournalisme, Visa pour l'image, qui ...
À Deauville, l'Amérique en questions : Le 34e Festival du cinéma américain accueille de nombreux films mais moins de lo ...

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



Page exécutée en 0.801713 secondes.- requetes : 286- requetes différentes : 231