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INTERVIEW
Space Invader (Art urbain)



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Space-Invader-<i>12-premieres-cartes-d-146;invasion<-i>-1999-2004-Cartes-impressions-off-set-Dimensions-variables-©-Space-Invader

Space-Invader-detail-de-l-exposition-Game-not-Over-a-la-galerie-Magda-Danysz-2003-©-Space-Invader

Space-Invader-<i>Invader-at-Work<-i>-(Manchester)-2004-©-Space-Invader

Space-Invader-<i>Space-Invaders<-i>-(Paris)-2003-Extrait-du-livre-<i>L-146;Invasion-de-Paris<-i>-©-Space-Invader

Space-Invader-<i>Carte-d-146;invasion-12<-i>-(Los-Angeles)-2003-Carte-impression-off-set-72-x-42-cm-©-Space-Invader

Space-Invader-<i>Night-Driver<-i>-2003-Mosaique-et-matiere-reflechissante-160-x-120-cm-©-Space-Invader

  
ton personnage de console vidéo est-il aussi biologique ?
Non pas réellement. Mon champ d’investigation serait plus technologique que biologique.

Je n’associe pas ton personnage au sida, mais il y a cette idée de propagation, il y a cette attaque du corps de la ville. Le Space Invader ressemble à une cellule, mais est-elle contaminée ou contaminante ?
Contaminante, plutôt à la manière d’un virus informatique, qui utilise un système réseau pour se propager. À une épo
ue j’enregistrais des images subliminales de Space Invaders sur les cassettes vidéo que je louais au vidéoclub de mon quartier.

Independance Day est un film intéressant, car il correspond à un moment où les États-Unis n’avaient plus d’ennemis, l’ennemi il fallait le chercher dans l’espace, est-ce que ton invasion d’Hollywood est à prendre au deuxième degré, comme Mars Attack de Tim Burton ?
Lors de ma première invasion de Los Angeles, je me suis dit qu’il me fallait tenter une opération sur le signe Hollywood. Je m’y suis donc rendu le 31/12/1999 pour y poser « le bug de l’an 2000 », un Space Invader sur la lettre « D ». Depuis ce jour c’est devenu un rituel, à chaque nouveau voyage à L.A. j’envahis une ou plusieurs lettres. Ce qui est fantastique c’est que le site est protégé et interdit d’accès, ce qui a pour conséquence que les Space Invaders tiennent. Je suis en train de réunir ces images pour le prochain guide d’invasion : L’Invasion Los Angeles, l’histoire d’Hollywood.

La mosaïque est proche des murs, il y a un côté rupestre dans ton travail, es-tu d’accord ?
Oui c’est vrai que le mur est le support idéal pour l’emploi de mosaïque. Et puis il y a cet effet de fossilisation par lequel la mosaïque devient une partie du mur et de son histoire.

A l’inverse de la bombe aérosol, qui maintient à distance, et de l’affiche qui pose un voile sur le mur, tes mosaïques ont à voir avec la fresque. Cette peinture à même le mur est considérée comme de la sculpture pour certains, car l’erreur n’est pas permise, les pigments rentrent directement dans la pierre, on ne peut effacer ce que l’on peint, veux-tu réagir sur cette comparaison ?
Ce qui est sûr, c’est que contrairement à l’affiche ou à la peinture, la mosaïque a ce côté inaltérable. Au XVe siècle, dans les églises, beaucoup de peintures religieuses étaient remplacées par des céramiques pour mieux résister aux diverses intempéries.

J’associe ton travail à la grotte préhistorique, aux graffitis de Brassaï, aux jeux vidéo évidemment, mais j’aime particulièrement ton travail de cartographe, je le trouve très important, peux-tu nous parler du besoin de faire appel à la carte ?
Les cartes me permettent de faire le lien entre un infiniment petit (le pixel, le Space Invader) et un infiniment grand (les villes, la planète). Elles représentent aussi une idée d’errance. J’utilise personnellement des cartes pour mieux quadriller les villes que j’envahis, c’est un aller-retour permanent du terrain à sa représentation. Cela donne également un forme à chaque invasion avec la ville comme terrain et les Space Invaders comme constellation. Je travaille actuellement sur la 13e carte, elle s’intitule : United Invasion of Manchester. Chaque carte que je réalise possède son propre style, et ses propres codes. Chaque carte raconte une histoire, elle a sa propre esthétique, elle donne à lire beaucoup de choses...

Dans les peintures de Vermeer et d’Holbein on peut voir des cartes, mais c’est véritablement avec le Land Art qu’elles ont pris toute leur dimension, vas-tu poursuivre dans cette direction ?
Bien sûr, ces cartes sont indissociables du projet. Je n’en ai édité que 12 mais j’en possède personnellement 28 : une carte pour chaque ville que j’ai envahie, avec le positionnement de chaque intervention.

En 2003 la galerie Magda Danysz te consacrait une expo personnelle, comment se passe le passage de la rue à la galerie ? Te sens-tu obligé de faire autre chose ?
Cela suppose une certaine adaptation bien sûr, mais je pense qu’un bon artiste in situ est un bon artiste tout court. (et vice-versa !)

La vraie place de tes personnages ce n’est pas la rue ?
???

Tes tableaux en mosaïque, comme Pac Man ou Pong, font la jonction entre ton travail en extérieur et tes préoccupations picturales ? Oui, ces jeux correspondent à une époque où les jeux vidéo étaient très intéressants car les machines n’étaient pas assez performantes pour créer des rendus hyperréalistes (voire même réalistes!). Cela générait donc une esthétique minimale et conceptuelle comme le labyrinthe et les créatures de Pac Man, les lignes colorées du casse brique, les bloc de pixels d’Asteroïd, ou encore les rangées de Space Invaders.... J’aime cette esthétique, et du fait de leur basse résolution je peux les réaliser en carrelage.
La galerie me permet dans ce cas de réaliser des "tableaux-pixel" beaucoup plus complexes que les mosaïques posées dans les rues. Cette série sur le thème des premiers jeux vidéo m’est apparue comme incontournable, il fallait que je la fasse.

Ces tableaux sont la synthèse des écrans vidéo, les jeux préhistoriques de notre enfance, de la carte et du labyrinthe ?
La carte et le labyrinthe, oui, précisément. Ce sont deux thèmes qui me sont chers, la ville comme labyrinthe et la carte pour s’y repérer.

Je sais que tu demandes à un photographe de te suivre, quel est ton rapport à la photographie ? Ce sont des documents ?
La photographie est très présente dans mon travail car c’est le moyen le plus sûr de garder la trace d’interventions illégales. J’ai fait appel à un photographe pour photographier chaque Space Invader réalisé. Un gros plan et un plan large. J’en ai fait beaucoup moi-même, mais cela me ralentissait. Ceci dit je suis assez photophage, depuis des années j’ai

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