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INTERVIEW
Gary Hill (Le Plateau)

Rencontre avec Gary Hill, le 26 septembre 2002, dans le cadre de l’exposition "Maquis" au Plateau (19 sept.-24 nov. 2002) publiée dans Maquis, Le Plateau Frac Ile-de-France, La Lettre volée, Bruxelles, 2002.


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Gary-Hill-<i>Accordions-the-Belsunce-Recordings<-i>-2002-Installation-video-Courtesy-galerie-In-Situ-Fabienne-Leclerc

Gary-Hill-<i>Goats-Sheep<-i>-2001-DVD-11-Courtesy-galerie-In-Situ-Fabienne-Leclerc

Gary-Hill-<i>Remembering-Paralinguay<-I>-2000-Installation-video-Courtesy-galerie-In-Situ-Fabienne-Leclerc

  

Eric Corne. Nous avons choisi ce parti pris avec chaque artiste de l’exposition Maquis et de manière générale avec tous les artistes qui sont présentés au Plateau, d’organiser une rencontre publique. Je remercie Gary Hill d’avoir accepté ce principe. Je le remercie aussi parce que quand je l’ai rencontré, au mois de janvier dernier, quand je lui ai demandé s’il acceptait de venir montrer son travail au Plateau, il a tout de suite été d’accord pour que Accordions, The Belsunce Recordings, la
ièce produite par La Compagnie, une association d’artistes de Marseille, vienne ici. Nous nous réjouissons vraiment de cela. Le principe de cette exposition Maquis, c’est notamment une recherche sur le temps. Recherche pour laquelle Accordions, The Belsunce Recordingsà travers l’effacement des rythmes, des visages, des paysages, est extrêmement importante. Christophe Domino va être le médiateur, le traducteur de cet échange, puisqu’une rencontre est toujours un échange.

Christophe Domino. La situation de parole qui nous réunit me met dans une position impossible – et délicieuse pour cela même ! J’ai en effet à adresser des questions, les vôtres et les miennes, à Gary Hill, mais aussi à traduire ses réponses. J’ai en somme à faire, au travers de l’artiste, les demandes et les réponses. Or la question de la traduction est doublement importante. D’abord tout simplement parce que je ne suis pas traducteur, et suis donc là plutôt dans un rôle d’intermédiaire. Et surtout, parce que la question de la traduction n’est pas seulement une question de rhétorique de l’oralité, elle est aussi, précisément, un enjeu dans le travail de Gary Hill. Aussi, être en position de traduire Gary Hill est doublement délicat. Gary, la traduction est-elle une des questions que pose votre travail ? Vous travaillez volontiers sur cette situation précise de la traduction : comment on passe d’un langage à un autre, comment le sens se déplace. La matière de votre travail est souvent le langage : vous travaillez sur une manière d’appréhender ou d’incorporer le langage. Souvent la question de la traduction est une question d’incorporation ou de "décorporation".
Gary Hill. Oui, l’idée de la traduction est une question prééminente dans certaines de mes œuvres. Je ne sais pas si c’est au cœur de ce que je fais, mais ça en est proche. Je crois que la traduction, c’est d’abord quelque chose que les gens font : on ne peut pas vraiment en donner une représentation. Pour traduire, il faut imaginer une façon différente de dire les choses. Moi, je ne peux pas me permettre de traduire ce que les gens entendent par tel mot, tel son. Je ne peux pas interpréter ce qu’ils désignent par là.

Christophe Domino. Vous travaillez précisément sur la relation entre l’image et le langage ?
Non, pas du tout. Je ne travaille pas entre l’image et le langage. Sinon la traduction devient une chose très compliquée, très embrouillée. On a tous une conception fausse de l’image et du son. Il est impossible de trouver une corrélation entre l’image et le son qui propose vraiment un parallèle à la manière dont la traduction essaye de transposer dans une langue une idée enfermée dans un autre langage. Ce sont comme deux bateaux qui avancent dans la nuit, deux parallèles qui ne se croisent jamais.

Christophe Domino. Chaque plan de langue comme d’image demeure donc sans rupture de continuité. Est-ce alors plutôt sur le parallélisme de ce qui se passe d’une langue à l’autre, ou dans les glissements entre les images, que se fait votre travail ?
Je pense que le son est une expérience plus physique que l’image. On pourrait trouver une autre façon pour que l’image soit plus physique. Je crois que je travaille plus entre ces choses. La traduction prend ici toute son ampleur. Le moment où chaque langage devient quelque chose que... On parle de choses qui sont aux marges du sens entre son, vibration, c’est ce qui fait que ça devient langage.

Christophe Domino. Revenons à ce lieu précis qui est désigné quand Gary Hill pointe le mot de "in Between", à cette idée d’écart, de l’entre-deux qui a fait titre dans un certain nombre de pièces anciennes, Between Cinema and a Hard Place de 1991, par exemple. L’espace de l’entre-deux était clairement revendiqué au niveau même du titre. C’est dans cet espace que se joue le travail, et plus précisément encore sur la consistance phénoménologique du son, de l’image et du verbe. C’est dans ces champs de circulation là que ça se passe. La dimension phénoménologique des éléments est-elle une de vos préoccupations ?
Je pense, mais je dis seulement, je pense, parce que je ne me revendique pas d’un mot, et notamment pas de ce mot : phénoménologie. Je suis impliqué dans une approche phénoménologique du travail de mon être. J’utilise plutôt le mot de "techné", qu’il ne faut pas confondre avec l’idée de technique, ou de processus. Il s’agit bien plus d’un événement qui fonctionne à travers les matériaux, les processus, les systèmes comme la cybernétique, à travers le langage, le son. C’est de l’ordre de l’occurrence, de ce qui arrive.

Christophe Domino S’il y a de la phénoménologie dans votre travail, ce n’est pas en terme de référence à la philosophie et à un savoir philosophique, mais plutôt par la pratique, par la manifestation. Faire de l’art, ce pourrait être cela : faire de la philosophie en acte. Ce qui se dessine là, c’est précisément un espace de contact, ce lieu désigné par le "in between" précédent, par le "entre".
Quelqu’un a dit un jour : "Je ne fais pas de la bioénergétique, je suis la bioénergétique". Je pourrais dire la même chose : "Je ne fais pas de la phénoménologie, je suis la phénoménologie". On se trouve au cœur d’un événement phénoménologique, c’est ce qui se passe en ce moment.

Christophe Domino Plutôt que d’en faire : en être.
C’est un happening ! C’est être, comme l’être humain. (It’s a

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Lepolsk MATUSZEWSKI
ARTISTE PEINTRE PLASTICIEN lepolsk MATUSZEWSKI & l'Art INNABSTRAIT Nommé le peintre des ombres et des lumières, mes œuvres sont des métaphores visuelles oniriques qui heurtent la sensibilité de chacun ! J'offre une démarche intéressante et différente, à l’antipode de l’art abstrait, baptisé « INNABSTRAIT » et joue avec les densités en combinant, avec des matériaux naturels; la lumière très forte et les ombres très foncées. L’association « Ombre et Lumière » devient indissociables voir énigmatiques. Les techniques et matériaux sont inédits : argiles, fragments de roche, zinc, sable, sels, terre, acides, épices etc...Le tout sur toile ! Visiter mes galeries sur mon site officiel http://lepolsk.blog4ever.com ou contactez moi sur lepolsk@gmail.com
 
 
 
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