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INTERVIEW
John Hamon (Art promotionnel)
04 févr. 2000
Depuis quatre ans John colle une « photo qui le représente » sur tous les murs et à travers tous les médias. A l’art urbain auquel il ne veut pas être associé il préfère adopter une démarche d’art promotionnel qu’il revendique. Pour lui « c’est la promotion qui fait l’artiste ».


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John-Hamon-<i>Sans-titre<-I>-2004-Trace-photographique-d-installation-©-John-Hamon

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Interview
Par Pierre-Évariste Douaire

Depuis l’an 2000 on peut croiser une figure étrange sur les murs de Paris. Aux abords de la Fiac, du Palais de Tokyo, des galeries il y a cette tête photocopiée que l’on a du mal à définir et encore plus à oublier. Derrière ce sourire mutin et cette mèche rebelle se cache John.
L’artiste envisage sa pratique à travers «
 l’art promotionnel ». A l’inverse des artistes urbains qui affichent leurs ambitions en s’attaquant au système marchand et publicitaire, John assume son action comme artistique et publicitaire.
Tous les supports et toutes les occasions sont bonnes pour utiliser cette « photo qui le représente », que ce soit sur les panneaux d’affichage électoraux, les voitures, les culs de bus, les boîtes à lettres, les cabines téléphoniques, les tee-shirts, etc. Mais c’est surtout les médias qui intéressent son entreprise expansionniste, il s’affiche avec ostentation et mystère dans les programmes télé, les journaux et pourquoi pas les interviews.

Pierre-Évariste Douaire. Depuis plusieurs années tu colles une même photo un peu partout.
John. Depuis l’an 2000 je construis ce travail grâce à cette photo que j’ai choisie. Elle me représente. Cette image se transforme suivant les contextes dans lesquels elle est utilisée.

Maintenant elle est devenu un logo ?
Dans le projet de Prettythings, qui est un site internet de promotion d’artistes, je me sers de cette image comme d’une identité visuelle. Je me sers de cette notoriété pour faire connaître les autres. Dans ce cadre cette image devient un logo. Pour chaque événement on s’en sert comme d’un porte drapeau pour les manifestations que nous organisons.

C’est drôle car j’ai toujours pensé que c’était une astuce narcissique, en fait ce logo est moins un écran qui masque qu’un projecteur braqué sur les autres.
En effet, l’idée de développer, en tant qu’artiste, une entreprise dont le logo serait tiré de cette image permet de déplacer mes problématiques vers les autres qui sont au centre de mes recherches.

Bien que placée sur les murs tu n’assimiles pas ta pratique à celle de l’affichage, ton travail s’apparente plus à du street marketing.
Le street marketing est une méthode parmi d’autres utilisée en publicité. Elle fait partie d’une stratégie qui vise à atteindre certains objectifs. Mon travail repose sur leur utilisation, certains de mes dispositifs sont utilisés en amont avec un publicitaire qui apporte sa vision stratégique et professionnelle au développement de ces interventions.

Tu te places dans une perspective publicitaire ?
C’est la promotion qui fait l’artiste.

Tu imites les techniques publicitaires.
Ou le degré zéro de l’art.

Daniel Buren au début de sa carrière disait que « l’art n’est qu’emballage », toi tu vas plus loin en affirmant que l’art n’est que promotion.
L’art n’est qu’un emballage qu’il faut élever au rang d’art, cela passe par un stade de promotion.

Alberto Sorbelli se faisait passer pour la pute de l’art, il vendait son corps et ses confidences, toi tu te loues, tu es comme un homme sandwich.
Je suis prêt à louer mes services pour mon travail, mais il me semble plus intéressant dans un contexte de réalisation d’employer des hommes sandwiches professionnels qui font partie d’un très large panel proposé dans les supports de promotion.

Tu n’es pas dans « l’art relationnel » mais véritablement dans un « art promotion » ?
Je suis bien sûr un « promotionniste », la publicité se veut spectaculaire afin d’être efficace. Au-delà du spectacle il existe une dimension d’élévation dans le mot « promotion » qui place ce terme en opposition avec le mot « paraître ».

Peux-tu me parler des différents supports dont tu te sers pour poser cette image.
Télé, musée, radio, toile, presse, galerie, hors-média, affiche, photo, drapeau, céramique, homme, catamaran, équipe de foot, installation, etc. Ce sont des vecteurs de sens, donc de promotion.

Quand tu as commencé était-ce déjà clair dans ton esprit de parasiter les médias ?
Cela faisait partie intégrante de la stratégie dans mes premières réflexions qui donnèrent lieu à cette interview dont je ne me sers absolument pas.

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John Hamon
John Hamon
C'est la promotion qui fait l'artiste ou le degré zéro de l'art.
13 févr. 2008





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