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Avec le nouveau directeur du Palais de Tokyo, ça devrait tanguer. Et c’est tant mieux, même si ça doit faire tourner certaines têtes endolories par des tonnes de vieilles certitudes et habitudes sur l’art. A côté de ce que dit et écrit Marc-Olivier Wahler, la fameuse «esthétique relationnelle» de son prédécesseur Nicolas Bourriaud est rangée au rayon des accessoires. A l’en croire, en effet, l’«esthétique» a fait place à une «dynamique».
Il faut reconnaître que la démonstration est plutôt convaincante, même si, en 2006, ses prémisses sont usés jusqu’à la corde. Ce sont ceux qu’Arthur Danto ne cesse de décliner depuis la parution, voici vingt-cinq ans, de son livre La Transfiguration du banal (1981). «Avec le ready made, note en effet Marc-Olivier Wahler, un objet ordinaire se transfigure en objet esthétique sans pour autant perdre ses qualités premières, puisque d’un point de vue strictement visuel rien ne distingue les deux objets».
Fausse évidence. Peut-on en effet réduire les «qualités premières» d’un objet au seul «point de vue strictement visuel», en omettant par exemple que la valeur d’usage de cet objet disparaît dans le processus de sa transfiguration esthétique? Car, pour n’être pas directement visuelles, les différences sont immenses entre l’objet d’usage et l’objet esthétique, ne serait-ce que par l’espace qu’ils occupent l’un et l’autre — une quincaillerie pour le simple porte-bouteille, le musée pour le «même» objet transfiguré en œuvre.