ART | EDITOS
A quelques mois des élections présidentielles les états-majors politiques s’activent à sceller des alliances, à boucler leur programme, à parachever leurs arguments, à ciseler leur discours. Chacun des challengers s’apprête à présenter aux citoyens son «grand récit» sur la meilleure façon d’assurer un avenir radieux à une France en bien mauvaise posture. Devant tant de paroles pleines d’assurance et de solutions miracles, les citoyens restent de plus en plus dubitatifs, trop souvent échaudés par l’écart immense qui sépare les discours et les actes, l’avant et l’après des élections. Aussi mesurent-ils les discours des candidats à l’aune de la réalité concrète et de leurs propres expériences. Le fait politique majeur d’aujourd’hui est peut-être cela que les citoyens ne croient plus les élus sur parole, mais les jugent sur leurs actes — tous bords politiques confondus… Ce grand écart entre les mots et les faits, entre les programmes et la réalité des actions, entre les beaux principes et les mauvaises pratiques, nous l’avons expérimenté, à l’association parisART, avec le grand ordonnateur, pourtant communiste, des fameuses «Assises régionales pour la Démocratie culturelle» : M. Francis Parny
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Pour le marché de l’art, c’est le printemps en automne. Les records s’enchaînent. A peine une œuvre a-t-elle pulvérisé une cote qu’une autre atteint un nouveau sommet. En ce début de mois de novembre, la vente de tableaux impressionnistes et modernes organisée à New York chez Christie’s a rapporté près d’un demi-milliard de dollars en seulement deux heures, dont 88 millions pour un Klimt, 40 millions pour un Gauguin, 22 millions pour un Schiele, etc. Cette euphorie du marché s’explique, on le sait, par l’explosion des profits des grandes entreprises internationales et l’accroissement des dividendes reversés aux actionnaires. Mais cette conjoncture économique favorable se combine avec une période durant laquelle, après de longs litiges, de grands musées internationaux procèdent à la restitution de tableaux aux ayants droit de familles spoliées par les nazis. C’est cette conjonction entre une demande importante et une offre exceptionnelle qui met le marché en effervescence
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Manifestement, le grand mouvement de repentance qui a traversé l’institution judiciaire au cours des derniers mois, après le fiasco inqualifiable du procès d’Outreau, ne semble pas vraiment avoir porté ses fruits, comme en témoigne la mise en examen par le parquet de Bordeaux de Henry-Claude Cousseau, l’actuel directeur de l’École nationale des beaux-arts de Paris, pour «diffusion de message violent, pornographique ou contraire à la dignité, accessible à un mineur: diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique». Délit passible de 75 000 euros d’amende et de trois ans de prison. Henry-Claude Cousseau se voit reprocher (six ans plus tard !) d’avoir accueilli, de juin à octobre 2000, quand il était directeur des musées de Bordeaux, l’exposition «Présumés innocents: l’art contemporain et l’enfance». Et ce n’est pas tout : les deux commissaires de l’exposition, Marie-Laure Bernadac et Stéphanie Moisdon-Tremblay, pourraient, elles aussi, être mises en examen. Le grand jeu...
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A quelques mois des prochaines élections présidentielles, le ministre de la Culture et de la Communication vient de publier «Un plan d’action et de développement en faveur de l’art contemporain» qui mérite l’attention pour ses propositions et sa dynamique, pour sa rhétorique et son lexique, mais aussi pour cette façon magique de suspendre le temps, de tracer des perspectives par dessus les échéances électorales et d’installer la présente équipe gouvernementale dans une durée sans limite ni rupture. Bref, à faire croire à l’éternité. En outre, et ce n’est pas la moindre habileté de ce «plan d’action», le ministre répond avec un art consommé de l’esquive à certaines critiques qui ont émaillé sa mandature, sans oublier de se dessiner au passage une image moderne et ouverte qui pourrait s’avérer utile en cas… d’élections prochaines. Face au discrédit qui frappe désormais la parole politique, les projets annoncés doivent être nécessairement assortis d’éléments concrets, comme autant de preuves qu’ils sont inscrits dans un processus en cours, que ce ne sont pas des projets imaginaires ou des effets de tribune sans lendemain. Pour espérer être entendus, les responsables politiques ont aujourd’hui l’obligation d’accompagner leurs discours d’un appareillage d’attestation
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Aurions-nous si peur du présent et du futur, en France, pour nous enfermer à ce point dans le passé et la nostalgie ? C’est l’une des questions qui viennent à l’esprit devant l’omniprésence de la «photographie humaniste» dans le paysage français des expositions et de l’édition. Izis, Édouard Boubat, Brassaï, Robert Doisneau, Willy Ronis, Marcel Bovis, René-Jacques, Jean Dieuzaide, Janine Niépce, etc., et évidemment Henri Cartier-Bresson, bénéficient depuis une vingtaine d’années d’un écho que leur incontestable talent et l’indéniable qualité de leur œuvre, à eux seuls, ne sauraient expliquer. Après avoir consacré une importante exposition à Willy Ronis, la Ville de Paris vient de récidiver, exactement un an après, avec Robert Doisneau dont 280 clichés de la période 1934-1991 vont occuper pendant quatre mois (19 oct. 2006-17 févr. 2007) la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville, au cœur de la capitale. Simultanément, et non loin, la Bibliothèque de France (site Richelieu) présentera «Autour d’Izis, Boubat, Brassaï, Doisneau, Ronis et les autres. La photographie humaniste, 1945-1968» (31 oct. 2006-28 janv. 2007) : une exposition des photographes humanistes les plus célèbres qui ont, avec d’autres moins connus, «nourri de leurs images le paysage visuel des Français de l’après-guerre à travers revues, ouvrages, calendriers, agendas ou affiches»
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