ART | EDITOS
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La rupture dans la République n’a pas été qu’un slogan de campagne, mais une réalité immédiatement perceptible dans la geste présidentielle, dans son style, ses actions, ses comportements, son tempo, sa façon de… «déplacer les lignes». Tous ces changements apparemment désordonnés, qui peuvent tour à tour susciter la sympathie, l’étonnement, l’agacement, ou la franche réprobation, possèdent la cohérence d’une véritable esthétique que l’art peut utilement aider à cerner à partir de la notion de «postmodernisme».
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On aurait tort de chercher l’événement culturel de l’année 2007 en France du côté des musées, des théâtres, des concerts, des festivals ou de l’édition. Cet événement n’a pas eu lieu dans le champ de l’art, de la photographie, du design, de la danse, du théâtre, de la musique, ou de la littérature. Il s’est produit ailleurs, avec la participation d’une majorité de Français. Cet événement, dont les résonances s’annoncent d’ores et déjà profondes, c’est évidemment l’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’État. Jamais un candidat à la magistrature suprême n’avait en effet autant mêlé dans sa campagne la culture à la politique. Jamais la «rupture» culturelle n’avait autant été présentée comme l’une des conditions de réalisation d’un programme politique
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Apparemment, la visite à Paris du dictateur libyen Kadhafi, reçu en visite officielle pendant cinq longs jours, avec tous les honneurs de la République, n’a rien à voir avec l’art et la culture. Pourtant cette visite emblématique les concerne directement, et en profondeur. Il ne s’agit pas d’un simple épisode. C’est un événement politique qui jette une lumière crue sur la France d’aujourd’hui où le pragmatisme commercial est, en quelques mois, devenu le principe directeur, la valeur suprème, de l’action présidentielle. Jusqu’à transformer le chef de l’État en VRP des grandes entreprises du CAC 40, et ébranler la culture dans ses fondements
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Il est si proche et si lointain le temps où Paris Match arborait fièrement son fameux slogan «Le poids des mots, le choc des photos». C’était l’époque des certitudes. Celle où l’on était persuadé qu’il y avait des camps, des positions, des zones bien délimités qu’il suffisait de raccorder. Il y avait le monde, le réel, dont il fallait rendre compte, de différentes façons certes, mais dans le but commun de les faire partager, découvrir, éprouver, comprendre, et voir. C’était évidemment la mission des journalistes et des reporters photographes, cinéastes puis vidéastes. Mais celle aussi des poètes, des scientifiques, et des philosophes
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