ART | EDITOS
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Le projet Dionysiac piloté par Christine Macel, au Centre Georges Pompidou, dépasse de beaucoup l’exposition qui est actuellement présentée. Ce projet d’une «ambition exagérée», selon les termes mêmes de son maître d’œuvre, entend inscrire l’exposition dans un ensemble plus large : «une enquête, un dialogue, un livre, un colloque, en somme un processus réflexif et spéculatif». L’enjeu, ou le «défi», est ainsi défini par le sous-titre du projet : «L’art en excès de flux, ou le tragique contemporain». On a bien compris qu’en dépit de son titre le projet Dionysiac ne s’astreint pas à coller au concept nietzschéen du dionysiaque, mais qu’il s’en inspire, qu’il en fait son… fil d’Ariane.
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Il y a soixante ans, le camp d’Auschwitz s’ouvrait sur un abîme sans fond de barbarie. Au cœur du monde civilisé on découvrait que l’Europe, le berceau de l’humanisme et des droits de l’homme, avait laissé prospérer en son sein une plaie immonde, la «Solution finale». Avec une froide et industrielle perfection, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants avaient été exterminés au seul prétexte qu’ils étaient juifs, mais aussi tsiganes, homosexuels ou résistants. Face à l’ampleur du traumatisme, face à cette mécanique terriblement efficace conçue pour éliminer méthodiquement tout un peuple,
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