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ART | EDITOS
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Jamais, sans doute, l’actualité n’a été autant peuplée de visages que durant ces dernières semaines. Comme si le visage était désormais en première ligne, avec sa seule fragilité, face au monde. A devoir faire face, tant bien que mal. Au risque de la plus effroyable défiguration comme celle qui a donné lieu à la première greffe d’un visage. Au-delà de l’exploit chirurgical, cette opération renvoyait à ce mal endémique d’aujourd’hui qui touche à l’identité, l’individualité, la singularité, et au sens, tels qu’ils s’expriment sur le visage. Au moins en Occident. Car l’émoi et la colère que les caricatures de Mahomet ont suscités dans le monde musulman, les morts qui ont émaillé les manifestations populaires, ainsi qu’un regain, ici, du voile islamique, témoignent que le visage, celui du prophète comme celui des femmes, est un espace sacré. Qui ne se découvre qu’avec parcimonie, qui ne se représente pas, qui ne tolère évidemment pas le moindre jeu graphique ou verbal. C’est pourquoi l’interdiction du voile à l’école
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Le débat sur la déliquescence de la critique d’art, sur sa dissolution dans la communication, touche en partie à la question des outils théoriques dont elle se dote et se sert. «L’arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes», écrivait Marx en 1843. Or, il semble que la critique des armes ne soit plus guère à l’ordre du jour, car, ses armes, la critique d’art pourrait bien les avoir largement déposées… Lors d’un récent débat public, un intervenant, qui affichait avec témérité sa prétention à incarner un renouveau de la critique au prétexte qu’il disait considérer l’art dans la globalité des faits de société et de culture, s’est vu demander quels étaient ses outils et orientations théoriques, son appareillage conceptuel, les lignes de force de ses regards, et comment se définissait sa posture critique vis-à-vis des œuvres et des artistes. Apparemment interloqué par la question, il a toutefois répondu sans hésitation et sans guère plus de précisions : «Ma bonne foi, c’est ce qui me guide»
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S’il fallait résumer le chemin parcouru par le Palais de Tokyo au cours des quatre dernières années, on pourrait peut-être dire qu’il est passé de la notion de «création» à celle d’«émergence». Autant, au départ, il s’est affirmé avec force comme un «site de création contemporaine», autant aujourd’hui, au moment de l’exposition «Notre histoire… une scène artistique française émergente», la «création» semble s’effacer derrière la notion d’«émergence». On avait d’abord cru, et simplement regretté, que cette notion vague, inscrite dans le titre même de l’exposition, était imputable à une mollesse lexicale, ou à une sorte de faiblesse théorique. Mais un panneau dédié aux entreprises mécènes et partenaires, placé à l’entrée de l’exposition, témoigne des faveurs, assurément réfléchies, dont cette notion paraît aujourd’hui bénéficier au Palais de Tokyo qui élève l’«émergence artistique [au rang de] concept stratégique du monde contemporain»
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Les détracteurs impénitents de l’art contemporain (qui en parlent en général faute, souvent, de le connaître suffisamment) auraient dû, ce dimanche, venir en voir, de l’art contemporain, au Palais de Tokyo qui présente l’exposition «Notre histoire… Une scène artistique française émergente». Ils auraient sans doute été surpris de constater qu’il fallait faire la queue pour entrer, c’est-à-dire que cette chose supposée incompréhensible, réservée à une «petite élite», dont on ne pourrait que rire, attire du monde, et que les visiteurs ne sont pas tous des bourgeois branchés…. Que l’on y vient aussi en famille avec les enfants, que l’on s’y amuse, et que l’on peut éprouver là des sensations inouïes. L’architecture du lieu contribue à cela, tout comme les œuvres et leur mise en situation. Au-delà des différences évidentes qui séparent toutes ces œuvres, et par delà les questions qu’elles soulèvent — le corps, la politique, la fiction
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Le téléchargement ne concerne pas seulement quelques internautes déjantés, c’est une pratique qui s’est répandue à une vitesse fulgurante en guère plus de deux ans (l’âge de l’Adsl !), et qui concerne ces 52,5% de Français aujourd’hui connectés à internet (source Médiamétrie). Les actuels débats sur le téléchargement n’opposent pas, comme on voudrait nous le faire croire, les industriels, qui seraient garants des grands équilibres et de la vitalité de la création, aux horribles pirates qui, eux, violeraient la loi, désorganiseraient l’économie de la culture, et priveraient les vertueux auteurs de leur légitime gagne-pain. Non, le débat qui fait rage après le vote par le Parlement de la «licence globale» (21 déc. 2005) est un véritable débat de société dont la vivacité trahit les enjeux. Qu’il suffise de lire le président de la Fnac selon lequel ce vote est «tout bonnement ‘créaticide’, au sens où il organise le pillage légal du répertoire musical national et assassine la création musicale française en la privant de sa juste rémunération». Ou encore, apostrophant les députés : «En légalisant le téléchargement sauvage contre la poignée de lentilles d’une licence globale
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En termes de culture et d’internet, l’année s’est achevée au Parlement sur un beau coup de théâtre. A la veille de Noël, une majorité de parlementaires s’est formée au-delà des clivages politiques pour désavouer le Ministère de la Culture en votant en faveur d’une «licence globale» légalisant sur internet les téléchargements à usages non commerciaux d’œuvres. En contrepartie les internautes auraient à acquitter une redevance mensuelle forfaitaire («globale»). Le Ministère défendait, lui, une «riposte graduée», c’est-à-dire le verrouillage des œuvres à l’aide de verrous informatiques, les DRM (Digital rights management), et des sanctions contre les fraudeurs. Après l’envoi d’un mail puis d’une lettre recommandée d’avertissement, la procédure prévoyait de leur infliger une amende. Le contournement du dispositif de protection était fixé à trois ans de prison et 300.000 euros d’amende. Pas moins… Depuis le vote du 21 décembre, et avant le débat prochain sur les autres aspects de la loi, la polémique fait rage
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En cette nouvelle année, le site paris-art.com, qui a été créé en juin 2002, se dirige vers son quatrième anniversaire au rythme de 550.000 pages consultées mensuellement par 150.000 visiteurs. C’est désormais le premier site francophone consacré à l’art contemporain et à la photographie. En regard des ressources financières dont dispose le site, il s’agit là d’un véritable exploit. Le mérite en revient aux internautes (à leur fidélité sans faille et à leur nombre croissant), aux responsables des lieux d’art (galeries, musées, centres d’art), aux artistes, et évidemment à l’équipe de près de quarante personnes dynamiques, compétentes, passionnées et… bénévoles qui concourent à la rédaction des articles, à l’actualisation quotidienne du site, et à son développement informatique
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